Un an sur l’eau…ça use le boulot.

Juillet 2006.

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365 jours que nous sommes à bord d’Amuitz, un an déjà que nous avons quitté la baie d’Hendaye au Pays basque pour un tour de l’Atlantique qui devait nous mener vers le Brésil et retour. A l’heure ou j’écris ces lignes, nous devrions être sur des latitudes plus élevées que les actuelles, sur la route du Pays basque.

Un an de navigations, d’escales surtout, de rencontres constantes, de bons moments partagés, un an de vie en commun 24 heures sur 24 dans un lieu immense qu’est la mer et extrêmement petit qu’est le bateau.

Un an de découvertes de la vie à bord avec les difficultés dues à cette condition de marins, un environnement qui bouge, des mouillages pas faciles mais aussi des coins paradisiaques des gens à découvrir et un constat immédiat, c’est super.

Je ne dis pas que de temps à autre on n’a pas un coup de mou, une envie de cidre d’Astigarraga avec une lotte grillée, envie d’aller marcher au bord de la mer entre Guéthary et St Jean sous le crachin frais ou de monter quelques une de nos petites montagnes pas trop hautes et d’y voir les brebis sur ces prairies tellement vertes et belles. L’Euskara nous manque aussi, ici notre langue natale n’a pas cours, même si l’Etat ou nous avons passé quelques semaines se nomme « Anzoategi ».

Un an est passé et pour nous c’est quelque chose.
Nous mangions une fondue savoyarde à bord d’un voilier suisse, « Melusine » en compagnie de Claire et de Roland lors qu’on leur dit tout d’un coup, entre deux verres de bon vin blanc chilien, « tiens, cette semaine cela va faire un an qu’on est partis ».

Un an, nous répond Claire, nous cela fait 11 ans qu’on est partis…

C’est ça aussi le voyage. Lorsqu’on était partis en Patagonie, sur le détroit de Magellan en cargo, quelques semaines… on avait rencontré des voyageurs qui partaient pour 6 mois ou 1 an. Cela nous paraissait long et inenvisageable. Maintenant que l’on rencontre des gens qui sont partis depuis… des années, un an c’est juste le temps pour démarrer !

Rien à regretter de cette première année. Si c’était à refaire avec l’expérience actuelle, nous aurions embarqué plus de matériel, du vin qui est très cher ici, de l’outillage et des vélos et des tenues de montagne et des ordinateurs et pour tout ça il nous aurait fallu un AMUITZ deux fois plus grand. Donc rien à changer.

Le bateau, un Sun Légende 41 à deux cabines est parfait. Bien préparé, il nous surprend chaque jour et à fière allure malgré ses 16 ans.

Désormais la question se pose, faut-il retourner au travail comme avant ?

Faire comme si rien n’était venu bouleverser notre mode de vie ?

Faire comme d’autres bateaux qui ont du, la mort dans l’âme, rentrer en se disant que dans quelques années ils repartiront ?

Nos enfants sont grands, ils sont autonomes ( je l’espère) et c’est maintenant que le voyage est encore faisable. Souvent les couples qui s’élancent sont des retraités avec les problèmes et les limites dues à leur âge. Nous avons la chance de pouvoir poursuivre cette route qui nous mènera au Pays basque dans quelques années, car nous avons la chance de naviguer parce que nous aimons le voyage et non, comme parfois hélas, pour fuir quelque chose.

Un an déjà, la première année peut être d’une longue série.

José Arocena.