VIGO point fort de la Galice.


Chalutier congélateur
Photos José Arocena 

A Vigo la pêche fraîche va bien. Il suffit de voir le nombre impressionnant de navires flambant neuf pour s'en convaincre. Il faut dire qu'avec un âge moyen de 26 ans, les chalutiers de la liste des 300 avec accès aux eaux communautaires avait de quoi se faire du souci. Après des années moroses ou la vitalité portuaire semblait atteinte, Vigo relance la machine. "Nous avons déjà construit 37 nouvelles unités, des bateaux en acier de 250 tonneaux, bien mieux équipés qu'avant. Ce sont des bateaux modernes répondant aux nouvelles normes hygiéniques qui n'ont rien à voir avec le reste de la flottille." Se réjouit José Antonio Suarez Llanos le gérant de l'imposante association des armateurs de Vigo. Désormais c'est la phase numéro trois qui va démarrer. Elle comprend la construction de 19 nouvelles unités et déjà 20 armateurs sont sur les rangs pour investir. "Tout dépendra des aides IFOP, nous avons des armateurs qui sont des pêcheurs et non des spéculateurs. C'est parce que nous avons une bonne continuité prévue pour les successions des générations que nous allons investir. Nous sommes relativement optimistes car on consomme chaque jour plus de poisson et ça, c'est notre avenir".
 

En deux ans d'écart on note clairement un changement radical dans le moral des troupes à Vigo. Ici le moral est au beau fixe avec des raisons objectives que les armateurs mettent en avant. "La ressource se récupère lentement mais sûrement, le poison qui avait disparu est revenu. Des belles pièces en quantité, ce qui prouve qu'il n'avait pas été surexploité mais qu'il avait simplement changé de coin" affirment les armateurs, tout en surveillant du coin de l'œil le déchargement et la pesée du merlu.
A Vigo la flottille est forte de 398 unités dont 85 grands chalutiers congélateurs, les plus récents d'Espagne avec 17 ans d'âge moyen. C'est cette flottille qui a souffert le plus vu qu'il y en avait 125 voici 2 ans. En 7 ans la baisse de cette flottille super moderne a atteint les 58%, un cas unique. Les départs ont été axés vers l'Argentine et la Namibie, "des changements de pavillon pour toujours mais rien d'inquiétant pour nous qui sommes toujours à bord" avouent les marins galiciens en vacances. La flottille des congélateurs de Vigo représente à elle seule 90% de cette spécialité communautaire. Une flottille qui ne sait pas sur quel pied danser tant les autorisations de pêche se font rares. "Nous n'avons pas de problème de ressource mais uniquement d'autorisation d'accès aux zones. Nous recherchons des campagnes expérimentales pour découvrir de nouvelles zones à exploiter dans le monde, dans des eaux internationales, c'est tout ce qui nous reste" pense José Antonio Suarez qui n'oublie pas que sur chacun des 85 chalutiers congélateurs sont embarqués entre 45 et 50 hommes.
Passerelle palangrier

La forte baisse des congélateurs a permis de dépasser largement les objectifs du POP 3.
"Nous devions arriver pour le 31 décembre 1996 à un TRB global de 618.164 pour la Galice. Nous avons atteint 464.234 TRB c'est dire si nous avons dépassé les objectifs. Rien que sur les chalutiers congélateurs nous devions arriver à 233.565 TRB et nous en sommes à 144.948 TRB. Inutile désormais de nous en demander plus, nous avons fait notre maximum, il est temps de stopper cette tendence si nous voulons conserver une pêche digne de ce nom" pense le responsable des armateurs de Vigo.

Refonte portuaire.
A Vigo le port est en chantier et les 4407 personnes qui y travaillent doivent se frayer un chemin difficile entre camions et gravats. Un chantier de 2.400 millions de pesetas pour une criée qui faisait défaut. Des investissements qui n'ont reçu aucune aide communautaire IFOP si l'on en croit les affirmations des responsables locaux. Le port et la criée sont propriété d'état puis concédés à des privés. Aujourd'hui le projet le plus important consiste pour le port de Vigo a mettre en place un plan social qui vise ouvertement à se séparer des dockers professionnels au nombre de 21. Ils sont les seuls à ce jour, autorisés au déchargement des navires. "Si nous parvenons à un accord financier avec les dockers nous allons baisser le coût de décharge portuaire de 40% en travaillant avec des privés qui font le même travail" affirme le patron des armateurs de Vigo.

Débarquements VIGO.1996.

Pêche fraîche
89.303 tonnes
Pêche congelée
59.273 Tonnes
Total 148.576 Tonnes 


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