En deux ans d'écart
on note clairement un changement radical dans le moral des troupes à
Vigo. Ici le moral est au beau fixe avec des raisons objectives que les
armateurs mettent en avant. "La ressource se récupère lentement
mais sûrement, le poison qui avait disparu est revenu. Des belles
pièces en quantité, ce qui prouve qu'il n'avait pas été
surexploité mais qu'il avait simplement changé de coin" affirment
les armateurs, tout en surveillant du coin de l'œil le déchargement
et la pesée du merlu.
A Vigo la flottille
est forte de 398 unités dont 85 grands chalutiers congélateurs,
les plus récents d'Espagne avec 17 ans d'âge moyen. C'est
cette flottille qui a souffert le plus vu qu'il y en avait 125 voici 2
ans. En 7 ans la baisse de cette flottille super moderne a atteint les
58%, un cas unique. Les départs ont été axés
vers l'Argentine et la Namibie, "des changements de pavillon pour toujours
mais rien d'inquiétant pour nous qui sommes toujours à bord"
avouent les marins galiciens en vacances. La flottille des congélateurs
de Vigo représente à elle seule 90% de cette spécialité
communautaire. Une flottille qui ne sait pas sur quel pied danser tant
les autorisations de pêche se font rares. "Nous n'avons pas de problème
de ressource mais uniquement d'autorisation d'accès aux zones. Nous
recherchons des campagnes expérimentales pour découvrir de
nouvelles zones à exploiter dans le monde, dans des eaux internationales,
c'est tout ce qui nous reste" pense José Antonio Suarez qui n'oublie
pas que sur chacun des 85 chalutiers congélateurs sont embarqués
entre 45 et 50 hommes.
La forte baisse des
congélateurs a permis de dépasser largement les objectifs
du POP 3.
"Nous devions arriver
pour le 31 décembre 1996 à un TRB global de 618.164 pour
la Galice. Nous avons atteint 464.234 TRB c'est dire si nous avons dépassé
les objectifs. Rien que sur les chalutiers congélateurs nous devions
arriver à 233.565 TRB et nous en sommes à 144.948 TRB. Inutile
désormais de nous en demander plus, nous avons fait notre maximum,
il est temps de stopper cette tendence si nous voulons conserver une pêche
digne de ce nom" pense le responsable des armateurs de Vigo.
Refonte portuaire.
A Vigo le port est
en chantier et les 4407 personnes qui y travaillent doivent se frayer un
chemin difficile entre camions et gravats. Un chantier de 2.400 millions
de pesetas pour une criée qui faisait défaut. Des investissements
qui n'ont reçu aucune aide communautaire IFOP si l'on en croit les
affirmations des responsables locaux. Le port et la criée sont propriété
d'état puis concédés à des privés. Aujourd'hui
le projet le plus important consiste pour le port de Vigo a mettre en place
un plan social qui vise ouvertement à se séparer des dockers
professionnels au nombre de 21. Ils sont les seuls à ce jour, autorisés
au déchargement des navires. "Si nous parvenons à un accord
financier avec les dockers nous allons baisser le coût de décharge
portuaire de 40% en travaillant avec des privés qui font le même
travail" affirme le patron des armateurs de Vigo.
Débarquements VIGO.1996.
Pêche fraîche
89.303 tonnes
Pêche congelée
59.273 Tonnes
Total 148.576 Tonnes