Le thon rouge basque apte pour le marché asiatique.


C'est désormais sûr, le thon rouge pêché au pays basque correspond bien aux attentes de qualité recherchées par le marché asiatique. Ce constat prometteur ressort d'une étude réalisée par l'IFREMER et l'Institut des Milieux Aquatiques du Sud Aquitaine sur un palangrier du port de Ciboure entre le mois d'août et octobre derniers. La campagne expérimentale de pêche au thon rouge à la palangre, observée étroitement par des scientifiques, a fini par donner des résultats qui peuvent désormais se traduire par des réalisations concrètes. Le marché asiatique, qu'il s'agisse du Japon ou de la communauté asiatique installée en Europe, est friande de produits très particuliers en matière de thon rouge. Premier blocage qu'il faut surmonter, le taux d'histamine. "Nous avons prélevé 9 échantillons dans divers points des thons, conformément au protocole, les analyses ont été réalisées par un laboratoire indépendant avec des résultats excellents" rappelle Nathalie Caill de l'Ifremer St Pée sur Nivelle. L'observation des chiffres est éloquent, le taux moyen analysé est en dessous de 15 mg/kg alors que la teneur moyenne en histamine ne doit pas dépasser les100 mg/kg. Autant dire qu'il y a de la marge. Cet excellent résultat est notamment dû au fait que 61% des thons capturés durant la campagne composé de marées de 3 à 4 jours, "arrivaient vivants à bord du navire avant d'être saignés, mis en sachets plastiques sous glace" rappelle Ramuntxo Iturrioz le patron du "Crésus".

Second point recherché par les consommateurs asiatiques, la teneur  en matière grasse, les thonidés les plus lourds sont recherchés pour leur taux élevé. Pas de miracles, les thons rouges pêchés au pays basque en fin de saison atteignent les taux de matière grasse recherchées. "Ce sont les thons de 40 kg et plus qui correspondent le mieux à la demande du marché" reconnaît David Milly de l'IMA.  C'est en fait entre 40 et 60 kg que l'on rencontre systématiquement le produit le mieux adapté à la demande, au delà de 60kg le gain en matière grasse n'est pas significatif. Comme pour l'histamine, les prélèvements et analyses ont été réalisées avec soin. "Nous avons découpé une tranche par thon, de 4 cm d'épaisseur juste derrière les nageoires pectorales. 4 échantillons de 200 gr sont prélevés au moment du débarquement et analysés" explique Nathalie Caill. Le résultat est là aussi conforme aux attentes des consommateurs, le taux de matière grasse mesuré dans la partie "O-Toro" (ventre du thon) va de 15 à 25%.

Fort de ces conclusions, certains navires pourraient se dédier à la capture des gros thons rouges en fin de saison. Le prix moyen obtenu par les thons capturés en 1999 par le "Crésus" n'a été que de 20F/kilo à la criée. Ces mêmes thons destinés au marché asiatique peuvent atteindre des cours autrement plus attractifs. Les fermes d'engraissement de thons commercialisent ces derniers à 295F/kg, les thons pêchés atteignent même des cours incroyables de 650F/kg. Autant dire que même sans rêver à des cours de cet ordre, une revalorisation sensible des thons rouges pêchés au Pays basque pourrait être un déclencheur. La capture du gros thon rouge reste traditionnelle au pays basque, plusieurs navires pourraient s'y remettre, pour peu que la demande se fasse sentir.

"L'étude a té financée par le CLPMEM de Bayonne CRPMEM d'Aquitaine, Bascopêche OP, conseil général PA, Conseil régional Aquitaine, Ifremer, et fonds pesca."


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