
26.06.2002.
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Sokorri, un bateau de pêche traditionnel pour la plaisance. Il ressemble comme deux gouttes d'eau au bolincheur Patchiku, les formes de sa coque ne trompent pas, c'est bien un bateau traditionnel de Ciboure, un de ces superbes bateaux construits par la famille Marin. Comme le Patchiku construit par le père et le grand père, les deux frères Marin, Luixito et Pantxoa qui s'emploient depuis des années à la poursuite de l'activité de construction navale bois, ont réalisé un superbe canot. 11,50 mètres de long, 3,40 de large, le Sokorri file droit, son sillage fin et précis le sera encore plus des qu'il aura pris un peu de poids sur l'avant et que ses lignes d'eau seront parfaites.
Dimanche 26 juin 2002 le "Xirrimirri", crachin local qui
vaut bien le breton s'était invité à la fête sans prévenir. Une
pluie fine qui finit par tremper tout ce qui bouge ou reste immobile.
Quelques parapluies ont bien tenté de protéger la centaines de
convives présentes, pas une ne s'en est allée. "C'est un temps
superbe pour un baptême" a décrété Mikel Epalza l'aumônier des
marins grand ordonnateur de la journée, trempé jusqu'aux os, juste avant de bénir le dernier né de la
flottille basque et par la même occasion le public massé aux bords de
la Nivelle. La tradition d'antan mêlée au présent. Un Lauburu sur
l'étrave, un Triskel sur l'arrière. Qui aurait dit voici 3 ans que le Sokorri
sortirait du chantier des frères Marins? Pas grand monde. Juste un
passionné, médecin psychiatre à Paris, amoureux du Pays basque et de la
Bretagne et surtout des belles formes. Marié à Tina, une navarraise, Patrice
Bernachon craque pour le Pays basque en 1997 en acquerrant une demeure
dans les hauteurs d'Urrugne, juste à quelques mètres de la chapelle de
notre dame de Socorri. Le nom de son futur bateau était trouvé.
"Je ne voulais pas un pur voilier, j'étais tenté par un fifty
voile et moteur avant de craquer pour un bateau de pêche local"
reconnaît l'armateur. Après avoir tenté de trouver une vieille unité
à retaper, il frappe à la porte du chantier de Ciboure pour un devis
de construction neuve. "On l'a vu venir mais on n'y croyait pas
trop. Souvent ce sont des "expantu" qui ne donnent pas suite
mais on lui a construit une demi coque et proposé un devis" se
souviennent les frères Marin, c'était en 1999. "J'avais les
moyens financiers pour en faire un neuf et ils ont tout de suite accepté
de le construire". Le trio, quatuor avec Tina Irisarri épouse
Bernachon toujours attentive, le quatuor n'avait plus qu'à travailler
de concert. Les travaux démarrent, les formes sont relevées d'après
la demi coque réalisée par un troisième frère Marin puis s'en suivent les tracés au sol grandeur nature. Un
travail de passionnés et de savoir faire jamais démenti. Jour après
jour, les gestes redeviennent précis, la mémoire retrouve sa place,
les formes s'imposent, le bois commence à vivre dans le petit atelier.
Le bois est acheminé de la Mayenne, "on manquait de bois tord, du
bois avec des formes pour l'étrave, l'arrière du bateau, dans le sens
du fil" se souviennent les frères Marin qui ont du se fournir
à la même adresse que les charpentiers qui construisent l'Hermione à
Rochefort. Heureusement l'acacia
se trouve encore à Cames dans une scierie locale. "Tout ce
que l'on peut faire en acacia on le fait, c'est un bois
imputrescible". Le Sokorri est échantillonné comme le serait un
bateau de 16 mètres, son cul rond, parfaitement maîtrisé porte la
signature du chantier. José Arocena. |
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