San Prudentzio Berria

18.02.2001.

En lançant sa seconde unité en moins d'un mois, (18 février 1999)  le chantier naval Astilleros de Pasaia S.A renoue avec un passé pas très lointain. Ce sont les chantiers Ascorreta du même port de Pasajes qui ont repris voici trois ans un chantier à la dérive qui renaît aujourd'hui de manière impressionnante. Le nouveau souffle que l'on ressent sur l'activité industrielle basque est à mettre en parallèle avec le dynamisme de la pêche traditionnelle locale qui non seulement a réussi à surmonter les difficultés du marché mais de plus est entrain de se doter d'un outil de travail moderne et performant.

Le San Prudentzio Berria est la 10e unité neuve du port basque de Getaria, et ce en l'espace de quelques années. Le 19 janvier dernier c'est un autre thonier bolincheur de 32m qui a été lancé de Pasajes, le Santa Luzia 3, toujours destiné au même port. Le plan de construction de navires traditionnels s'élèverait à 19 unités rien que pour la communauté autonome basque. Certes de nombreux chantiers s'alignent pour décrocher les contrats, les Astilleros de Pasaia semblent avoir le vent en poupe car déjà deux autres commandes sont en chantier et 6 autres en cours de négociation.

Depuis des années le chantier s'est consacré à la réparation navale grâce aux installations importantes du site. En plus des ateliers couverts dédiés à la construction, deux docks flottants permettent la réparation de navires jusqu'à 4.650 tonnes. Dernièrement le Kersaint de la Cobrecaf y a passé deux mois et demi en réparations. C'est ce secteur qui a permis au chantier d'attendre que les temps soient plus propices à la construction. Pour le PDG Antxon Ascorreta aujourd'hui la vision de la construction navale est intéressante au Pays basque "actuellement nous sommes en plein programme de rénovation de la flottille de pêche d'Euskadi et disposons pour cela des aides communautaires qui peuvent se prolonger durant 6 ans de plus. L'âge moyen de nos navires est élevé, ce qui laisse augurer une source importante de futurs contrats. De plus nous ne restons pas confinés en Espagne, actuellement nous sommes sur le point de signer deux contrats pour des constructions de navires de pêche pour des irlandais, contrats d'une valeur de 600 millions de pesetas (3,6 millions Euros)". Le port de Pasajes entend rester une référence européenne en matière de pêche mais aussi dans le domaine de la construction navale. "Le seul problème vient de la concurrence des autres pays dont les administrations subventionnent fortement les constructions. Dans le domaine de la pêche nous sommes très pénalisés par le fait que l'U.E alloue 20% de subventions de moins au Pays basque qu'aux autres régions comme la Galice ou les Asturies. Tout ce qui concerne les aides est important. Nous espérons aussi que nos armateurs seront traités équitablement et recevront les mêmes aides que leurs homologues allemands, hollandais et norvégiens qui ont classé la constructions navale dans le secteur stratégique."
A 42 ans Mariano Olazkuaga est un des nombreux patrons armateurs de Getaria. Le port est le fer de lance du germon au Pays basque. La flottille rutilante aux couleurs flamboyantes sur du bois vieux de 30 ans est en passe  de changer radicalement. Peu à peu des unités en acier sont venues remplacer les plus anciennes. Des unités imposantes, modernes, rentables, d'autant que l'avenir se présente plutôt sous de bons auspices. L'interdiction définitive des filets maillants dérivants  pour 2002 à déridé le marin local, adepte inconditionnel du germon pêché à l'hameçon. Mariano est l'un d'entre eux. Ils sont 4 copains associés, ils ont 4 bateaux. Le sien, le San Prudentzio était encore en excellent état mais marquait le poid des années. Le nouveau qui porte presque le même nom, San Prudentzio Berria (nouveau Saint prudent) est plus imposant que l'ancien. 36 mètres par 7,40 de large 4m de tirant d'eau un moteur Guascor de 500 cv et 16 hommes à bord pour un investissement de 300 M de pesetas (1,8 M Euros) avec 40% de subventions. Un outil parfait pour le germon "Ce sera le dernier pour moi, une belle unité pour pêcher l'anchois dans 15 jours et le germon en été". Mariano Olazkuaga à laissé échapper une larme lorsque le thonier de 250 tonnes s'est laissé glisser le long de la rampe suiffée pour l'occasion, juste une fraction de seconde après que la bouteille de Txakoli (vin blanc pétillant de Getaria) se soit brisée sur l'étrave verte. Le San Prudentzio Berria a touché l'eau, salué la foule comme il se doit, avant de retrouver le quai pour les ultimes préparatifs. Dans le chantier les ouvriers ont apprécié le lancement et fument un cigare. Derrière eux des tôles attendent d'être assemblées, sur la rampe de droite un chalutier pour Pasajes et sur celle de gauche un autre thonier de 35m.

José Arocena.


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