La ligne Ro-Ro Bayonne Southampton stoppée.


Vendredi 14 janvier 2000, le Clare est entré à Bayonne avec la marée du matin avec à son bord 45 remorques ou colis. Normalement il devait reprendre la mer dés le lendemain, répondant à la nouvelle rotation mise en place le 6 novembre dernier. Le Ro-Ro est toujours à quai une semaine après, saisi par un créancier, en l'occurrence l'armateur du second navire, le Lembitu, celui là même qui avait ouvert la ligne Bayonne Southampton le 14 septembre 1999. Cette ligne lancée à grand renfort de publicité n'a pas tenu ses promesses, les investisseurs privés qui ont cru dans cette aventure n'ont plus le cœur à l'ouvrage et refusent d'éponger davantage une ardoise qui se fait chaque jour plus lourde. IAL, Intermodal Atlantica Line, avait du se résoudre à diminuer le nombre de rotations hebdomadaires, de trois à une seule par semaine, passant par la même de deux navires en service à un seul. Le problème c'est qu'un contrat de location pour les deux cargos était en vigueur. Le Lembitu avait pu être sous affrété par IAL en Méditerranée sur une ligne Marseille Tunisie afin de limiter les dégâts d'une location ruineuse car non utilisée. Le problème vient du différentiel entre le prix payé par IAL et celui de la sous location en Méditerranée. L'armateur du Lembitu ne veut rien entendre et veut continuer à percevoir normalement son du. On sait également que l'entreprise ro-ro de Bayonne a tendance à traîner des pieds quand il s'agit de payer notamment, les diverses prestations portuaires, notamment le pilotage.  Pascal Lacroix président de la compagnie havraise Viking, véritable patron de la ligne s'est déplacé à Bayonne pour rencontrer le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie. "Nous avons quelques soucis avec l'armateur du Lembitu que nous n'utilisons plus, le Clare est saisi mais nous pensons pouvoir lever cette saisie la semaine prochaine, c'est un épiphénomène" a déclaré Pascal Lacroix. Pour l'instant le Clare se trouve amarré à son poste, la ligne Ro-ro interrompue et beaucoup d'espoirs tombés à l'eau. Pourtant les responsables y croient dur comme fer. "Nous avons fait une erreur commerciale en mettant en place une triple rotation par semaine avec deux navires et accumulé d'importantes pertes financières. Depuis que nous sommes passés à une rotation unique par semaine, la ligne est rentable, pour preuve, le Clare est arrivé plein à Bayonne" souligne le président de Viking qui tente maintenant de réunir un nouveau tour de table pour rebondir. "Le plus difficile c'est de réunir le tour de table, avec des professionnels et un service commercial en Angleterre puissant. Aujourd'hui on a épuisé tous les fonds du premier tour de table pour prouver que c'était faisable, si tout se fait comme prévu, avec une définition qui correspond réellement au marché nous remettrons la ligne en marche vers le 15 avril". Dans le même temps le formatage de la ligne nécessitera un autre navire "nous avons sélectionne le bateau, visité, et nous sommes en pour parlers d'acquisition. Avec le nouveau Ro-ro en toute propriété le coût sera diminué de 30%, le navire fait 15 nœuds et peut contenir entre 65 et 70 remorques et peut vider et se remplir en même temps. Il dispose de rampes et de hauteurs suffisantes pour prendre tous les camions ce qui  n'était absolument pas le cas actuellement".  L'optimisme est de rigueur, du moins à Viking, "J'ai toujours été prudent, j'avais dit au début que je ne savais pas si l'équilibre serait atteint à 6 mois, 12 mois ou 18 mois, ce dont je suis sûr c'est que sur cette ligne il y a un marché, il faut seulement s'inscrire dans la durée."

José Arocena.

 


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