Thon blanc: des pélagiques sans PPS.


13.08.99.
L'arrivée précoce du thon de pélagique dans le fond du golfe de Gascogne, dès la fin juillet, a rapidement suscité des vocations. L'anchois ne donne guère en cette période, tout comme le chinchard. Après les Turballais et les Basques, ce sont donc les flottilles de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et de Lorient qui ont armé au thon.
Problème: de nombreux armateurs de Saint-Gilles, notamment, s'étaient comme d'autres opposés à la mise en place des Permis de pêche spéciaux (PPS) lors de leur mise en place par la commission thonière du CNPM- ils refusaient l'instauration, sur une pêcherie qu'ils jugent naturellement opportuniste et polyvalente, d'un système d'encadrement assimilable à une licence. Résultat, soit ils n'avaient pas eu la prudence de demander des PPS pour cette saison, soit, en l'absence d'antériorité, ils se sont retrouvés sur la liste d'attente.
Au niveau national, il n'y a en effet que 78 PPS réservés aux chalutiers pélagiques, plus une liste d'attente (de 9 navires à ce jour), qui ne se débloquera éventuellement qu'à la fin août, si quelques titulaires actuels se désistent. Une partie de la flottille de Saint-Gilles (et sans doute d'autres ports) est donc aujourd'hui sur zone sans PPS. Un état de fait qui inquiète Bernard Groisard, l'armateur ogien, président de la commission thonière du CNPM. "Il y a des règles à respecter, sinon on va à la catastrophe, estime-t-il. Tout le monde a fait des efforts, côté fileyeurs comme pélagiques, pour instaurer une pêcherie responsable et durable sur le germon. Il ne faudrait pas qu'ils soient réduits à néant par la faute de quelques-uns, qui viennent faire un coup et puis s'en vont." Alerté par des armateurs disposant, eux, de PPS, Bernard Groisard a adressé un courrier, dès le mardi 10 août, au président du CNPM, Alain Parrès. "Je n'ai pas de pouvoir de police, c'est à l'administration d'agir. Mais le marché étant au plus bas, la situation est explosive. Si on ne veut pas voir une nouvelle affaire comme celle du "Laetitia"(1), il va falloir revenir à l'application de la règle commune." Armateur de La Gabrielle, fileyeur saccagé en1994, le président de la commission du thon bien placé pour savoir jusqu'où peut aller la fureur des Espagnols.
Marie-Henriette Esquivié-Chambon, directrice départementale des Affaires maritimes de Vendée, assure que l'administration ne laissera pas la situation dégénérer. "Nous avons été alertés en fin de semaine dernière, indique-t-elle. Des instructions ont été données pour effectuer des contrôles en mer." Le jeudi 12 août 99, aucun des contrevenants supposés n'avait été pris sur le fait. Mais ceux-ci risquent, pour pêche sans autorisation, la saisie du matériel et de la pêche, et une amende de 3000 à 150.000 francs.
Bernard Jegou.
Le Marin.

(1) En 1994, les pélagiques basques avaient voulu braver l'interdiction de
pêche de l'anchois au printemps. Un d'entre eux, le "Laetitia", avait été
saccagé par les bolincheurs de Fontarrabie.

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