Transports Olano: l'organisation en plus.


  Depuis 1975 les transports Olano participent pleinement à la vie économique du Pays basque, devenant même depuis quelques années, la référence locale du transport de marée. Certes aujourd'hui, les camions Olano transportent de part et d'autre de la frontière franco espagnole, du poisson mais aussi de la viande, des fruits et légumes et du congelé. Cette diversification a permis au transporteur installé à Saint Jean de Luz, de faire face aux plus grands et même de s'allier avec ceux qui auraient pu être des concurrents, pour une plus grande efficacité. Le point fort d'Olano, en plus de connaître du bout des doits la marée, réside dans une implantation appropriée de plate formes de distribution, mais aussi d'entrepôts frigorifiques performants. Alors que les concentrations sont en vigueur dans le transport, Olano reste maître de sa destinée et ne craint pas plus le cabotage des espagnols.

Nicolas Olano, le patron, a commencé comme garçon de chai chez son cousin le mareyeur Thomas Olano. C'est là qu'il décide de mettre en place un camion sur la Bretagne pour transporter son poisson. De fil en aiguille les clients se sont fait connaître, intéressés par la Bretagne et l'Espagne. La Bretagne les jours ou le Fret Luzien l'autre transporteur de la place n'y allait pas, une constante encore aujourd'hui en vigueur. Peu avant 1980 avec la mise en place des entrepôts frigorifiques, c'est le développement assuré. Des frigos à St Jean de Luz, à La Benne dans les Landes pour Bonduel, à Montauban, à Bordeaux avec une plate-forme de dégroupage pour la viande en "pendu" et des fruits et légumes.

Transports Olano/Fret Luzien « Chaque jour nous faisons la Bretagne pour la maison POMONA, un camion est spécialement bloqué pour cela. Le mardi et le vendredi nous avons en plus trois camions sur la Bretagne et la Normandie. Il récupèrent la marchandise ramenée par les sous traitants à Rennes. Du poisson de Roscoff et de toute la côte. Ensuite sur Nantes il récupère la marée du soir du Guilvinec, Loctudy, Saint Guénolé etc. avant de redescendre en direct sur l’Espagne » explique Serge Belloc le responsable commercial pour la marée. Même chose pour le troisième camion chargé de la « ramasse » de la Vendée à La Rochelle. Tous les camions descendent vers l’Espagne, un seul reste au Pays basque. Le secteur de Lorient est particulièrement soigné avec une association à 35% avec Frigemar chargé de ramasser le poisson de Camaret, Douarnenez et le secteur qui est ensuite rapatrié sur Lorient ou Olano dispose d’un quai en association avec le Fret Luzien.

Le Fret Luzien (8000 tonnes /an) couvre la Bretagne les lundi, mercredi, jeudi et samedi, le transporteur est plus ancien sur la place luzienne qu’Olano. Spécialisé dans le transport de Bretagne vers l’Espagne à 90%. Olano dispose de 35% des parts de la société Fret Luzien, une manière d’être complémentaires tout le long de la semaine grâce au partage des jours.

Pour réduire les coûts, Olano se rend en Bretagne et Normandie en groupage en surgelé. « Les camions montent des le dimanche soir et commencent à vider dans la nuit au Mans, Tours, la côte près de Caen en surgelé, le Havre. Pour la Bretagne les camions montent en chargement complets de fruits et légumes ou surgelés pour Bonduel. »  

Parade au cabotage.

Avec plus de 100 camions en tout, y compris les camions des différentes sociétés associées ou contrôlées par Olano, l’entreprise a tout prévu, même la parade pour s’aligner sur les espagnols en international.

« Il y a deux ans nous avons créé Topesca basé à Oiartzun (Pays Basque espagnol) pour pouvoir faire face à la concurrence avec les mêmes armes et coûts que les espagnols. Nous avons des clients qui se dirigent vers les espagnols pour des transports de ligne ou en complet car ils sont moins chers que nous. Ils savent faire le travail qui est très facile, c’est au niveau du cabotage que les étrangers ont des problèmes. Il y a de nombreux espagnols qui ne parlent pas le français et qui ont du mal à dispatcher une dizaine de clients, c’est notre force. » Du coup c’est Topesca qui est chargé de tenir la dragée haute face aux visées du cabotage espagnol, une société à 100% contrôlée par Olano et vouée à un avenir certain.

  C’est la marée qui dégage les bénéfices les plus importants grâce au groupage. « Aujourd’hui on vous demande de prendre 100 kilos à Saint Guénolé pour Madrid. C’est une chose que l’on ne voyait pas avant ou on travaillait au moins sur deux ou trois tonnes. C’est parce que l’on peut effectuer ce genre de services que cela manche bien » reconnaît Serge Belloc. C’est sur l’anchois que le bas blesse. De nombreux mareyeurs espagnols font monter leur propres camions à vide en Bretagne des qu’il y a de l’anchois. Ils achètent eux mêmes le poisson et n’intègrent pas véritablement le coût du transport qui est compensé dans le prix de vente. « Ils sont en mesure de rester deux ou trois jours surplace en cas de mauvais temps, nous on ne peut pas le faire car nos camions doivent tourner. »

Olano ne rencontre pas de problèmes particuliers au moment de travailler avec les GMS, essentiellement en fruits et légumes « ils sont exigeants sur les délais et les températures mais comme notre but c’est d’arriver avec la marée le plus tôt possible en Espagne on ne peut pas se permettre de s’arrêter en route».

José Arocena.

  Encadré:

Olano St Jean 50 employés.
Olano St Jean de Luz/Bordeaux et Montauban: Tonnes/an.
Marée 12.000 Tonnes
Surgelés 80.000 Tonnes
Viandes pendues 35.000 Tonnes
Fruits et légumes 75.000 Tonnes
33 camions à St Jean de Luz, plus de 100 camions au total avec les entreprises satellites.

 


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