Naufrage d'un chalutier franco espagnol: 2 disparus.

 mai 1997

Alors qu'il était remorqué par beau temps, le chalutier "Le grand schtrouph" s'est couché sur l'eau avant de se retrouver la quille en l'air en moins d'une minute. 2 des 7 hommes d'équipage sont portés disparus, un troisième a été sauvé par miracle.

 

Marc Gautier le seul français à bord du "Le grand schtrouph", ex unité des Sables d'Olonne vendue à des armateurs espagnols voici un an est sorti de la baie de Santander vendredi 16 mai à 2 heures du matin pour une marée d'une semaine. La météo était excellente, la mer belle, le cap en direction du plateau continental du golfe de Gascogne. Samedi soir vers 22 heures, le chalutier franco espagnol battant pavillon tricolore, immatriculé à Bayonne se trouvait à 50 milles d'Hendaye quand son moteur est tombé en panne, le privant de motricité et d'énergie électrique. Un moteur récemment refait à neuf. Le "Grand Schtrouph" dérive durant plusieurs heures au large, jusqu'à trouver un autre chalutier qui rentre vers l'Espagne et accepte de le remorquer. Il est dimanche 15 heures lorsque la remorque est passée du "Pumaresa" vers le "Grand Schtrouph". Le "Pumaresa" également basé à Santander, avertit par radio les autorités maritimes espagnoles de la manœuvre effectuée sans aucun problème et prévoit leur arrivée devant le port de Pasajes vers 23 heures ce même dimanche. Un remorqueur portuaire est alerté afin qu'il soit prêt à aider le "Grand Schtroumph" lors de son entrée au port en pleine nuit. L'équipage du chalutier français va se reposer dans les bannettes en laissant deux hommes en veille sur le pont, ils doivent surveiller que les amarres restent bien à leur place. Tout est normal à bord, la remorque longue de 200 mètres tire le navire à bonne allure, la mer est belle même si un court clapot se lève provoqué par le vent du sud. Vers minuit, avec du retard sur l'horaire prévu, les 2 navires se trouvent à 11 milles nautiques de Pasajes, dans les eaux espagnoles. "Tout d'un coup le bateau s'est mis à gîter sur tribord comme s'il venait d'embarquer de l'eau. Nous avons tenté de faire des signes à notre remorqueur mais sans radio on ne pouvait pas faire grand chose" explique Angel Ruiz Espada le patron de pêche espagnol âgé de 25 ans. "Nous avons utilisé des lampes torches pour faire des signaux dans la nuit, nous avons même tiré une fusée mais le "Pumaresa" n'a rien fait pour ralentir" dénonce le patron. Tiré par la remorque, le "Grand Schtrouph" gîté de plus en plus, embarque de l'eau par les dalots, noie la machine et la cuisine et se couche sur tribord. "C'est là qu'ils se sont rendus compte et ont stoppé la manœuvre de remorquage, j'ai juste eu le temps d'avertir les matelots pour qu'ils sortent des cabines avant que le bateau ne se retourne et me bloque à l'intérieur" raconte Angel Ruiz Espada, miraculé, toujours hospitalisé à Saint Sébastien. Il doit sa vie à une poche d'air et à la rapidité des secours qui l'on trouvé 5 heures plus tard coincé dans un couloir avec de l'eau jusqu'à la poitrine. Dans ce naufrage deux marins espagnols n'ont pu être sauvés et malgré les recherches menées conjointement par les autorités maritimes françaises et espagnoles les corps sont toujours portés disparus. La compagnie "Industrias Pesqueras Aguisol" armateurs du "Pumaresa" ont vivement réagi aux accusations du patron du "Grand Schtrouph". Ils rejettent toute responsabilité dans le naufrage du "Grand Schtrouph" qui repose par 130 mètres de fond et réfutent la version de Angel Ruiz Espada. Reste que les autorités maritimes de Pasajes ont ordonné une enquête sur cette fortune de mer pour le moins étrange dans la quelle deux des 7 marins, âgés de 20 et 33 ans ont perdu la vie.

José Arocena.

 


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