Des chalutiers sur mesure pour le Naberan.


 Passerelle Naberan en mer Photo José Arocena.



Dans le port d'Ondarroa il suffit de voir le visage des armateurs d'une paire de 26 mètres construite sur mesure pour les filets Naberan, pour se convaincre que l'expérience est réussie. Réussie sur le plan financier, réussie sur le plan salarial à tel point que les places sur le AKETXE et le GAZTELUGATXE sont recherchées, voire enviées. La paire en question a été construite il y à deux ans en remplacement d'une autre paire vétuste et peu rentable. Des leur conception les chalutiers ont été équipés des filets Naberan. Tout à bord est pensé et conçu pour une utilisation rationnelle des chaluts. Paulin Berridi est patron de pêche et actionnaire, pour lui qui passe son temps à régler les Naberan en mer "Ce sont des chaluts plus grands que les précédents, avec des mailles plus importantes et surtout une hauteur beaucoup plus forte. Cette ouverture verticale nous permet de capturer beaucoup de merlu et de merlan qui avant nous échappait.

C'est un filet que nous devons tracter très lentement, a moins de deux noeuds ce qui permet aux autres espèces de fuir et de sortir du filet. Nous sommes encore étonnés par la sélection du filet qui ne prend pratiquement que du merlu et du merlan, du coup nous avons fortement diminué les rejets en comparaison avec les chaluts antérieurs. Sur 90 paniers nous en gardons 88 qui vont directement en frigo, c'est ce qui nous intéresse, d'autant que nous évitons de capturer les chinchards, maquereaux et autres espèces de peu de valeur commerciale."

Le Aketxe et le Gaztelugatxe ont été prévus pour la pêche côtière alors que la plupart des autres navires qui utilisent le Naberan travaillent sur les fonds sablonneux du golfe de Gascogne. Une des critiques les plus courantes lancées à l'encontre du Naberan consiste dans ses prises hors taille. Là aussi la réalité n'est pas aussi tranchée que l'on voudrait croire. D'autant qu'à Ondarroa, port traditionnel tourné depuis des décennies vers les "pointes BIC" dont sont friands les consommateurs espagnols, les fraudeurs de tout poil sont sur les chalutiers "traditionnels" et non sur les Naberan. Les filets Naberan ne sont pas exempts de tares, l'utilisation mal intentionnée de toute technique aboutit toujours au même résultat.
José Arocena.


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