Naberan, des chalutiers importants et une infrastructure à terre.


 Chalutier en pêche
 Photo Jose Arocena
 


Les chalutiers sont en mer et pourtant on s'affaire à terre. Les camions munis d'enrouleurs s'activent. Ils déroulent sur des quais les centaines de mètres de filets et autres cordes de couleur, les bourrelets, flotteurs, manilles, le tout sous le regard du chef ramendeur et des trois ou quatre autres compères, couteaux et aiguilles en main. Déjà pour étaler correctement le filet, équilibrer les côtés et faire le point des dégâts il faut une bonne matinée, sans chômer! Une matinée ou sera passé José Mari Naberan voir "son" filet, plus précisément voir l'état du filet après une marée agitée. Il y a des patrons qui savent ménager le matériel et ceux qui savent jouer de l'aiguille. Dans le cas du Naberan c'est une considération qu'il faut prendre en compte d'autant qu'il est pratiquement impossible de raccommoder un tel filet en mer, même sur un 35m. José Mari Naberan est "appelé" par les armateurs à chaque marée, il se doit de se déplacer sur les lieux d'entrepôt, donner les conseils avisés et en cas de coup dur, appeler un de ses hommes qui fera le déplacement pour dépatouiller le filet. C'est du service après vente poussé à l'extrême, les avantages et les inconvénients d'être surplace.

En France certains armateurs ont équipé leurs unités les plus importantes avec le Naberan. Les résultats sont mitigés, moins bons pour les petites unités que pour les plus importantes. Le Naberan pour être efficace doit avoir une taille minimale qu'il est parfois difficile de loger dans un 25m qui n'a pas été conçu dés le départ. Les enrouleurs sont beaucoup plus volumineux que ceux des pélagiques ce qui implique parfois de modifier le pont supérieur et de changer totalement l'hydraulique. Les manœuvres en mer sont délicates, le filet est tellement grand que durant le virage le chalutier recule et embarque par l'arrière en cas de mer forte. C'est à bord de navires spécialement conçus que l'utilisation est normalement la plus aisée. Sur le Aketxe, la poche une fois sur le pont est ouverte, le poisson est déversé sous le pont sur des tapis, prêt pour le tri.
L'utilisation des Naberan implique en plus d'un navire adéquat, une infrastructure à terre, digne de ce nom. Qui dit infrastructure dit coût important pour l'armement, d'autant que le personnel qualifié ne court pas les rues.
José Arocena


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