Le Naberan est un filet
"Semi-pélagique".
C'est ainsi que le définit son concepteur José
Maria Naberan car même s'il s'agit d'un filet de fond,
"il travaille dans des couches d'eau assez importantes". L'ouverture verticale
atteint les 35 mètres et l'horizontale 90, en clair c'est un filet 4 faces construit en
matériaux légers prévu pour être tracté à petite vitesse. Un lourd bourrelet est là
pour prouver que le chalut est de fond. Conçu pour être tracté par une paire de
navires, de préférence de 35 mètres, il est dépourvu de panneaux et une série de
ballons lui assure l'ouverture verticale à l'image des pélagiques. Le maillage est
important, sur Ondarroa il dépasse la taille règlementaire et souvent atteint les 75 mm.
La composition même de la texture du chalut est le point le plus remarquable. Uniquement
des matières lègeres qui permettent au filet de rester ouvert à toute petite vitesse et
d'opérer une séléction automatique des espèces. "Seuls les prédateurs sont
capturés, les autres poissons sortent du chalut sans problèmes" expliquent les
utilisateurs. Un filet à peine plus onéreux qu'un filet pélagique de grande taille
"un peu plus cher quelque fois mais c'est du même ordre, nous avons voulu concevoir
un filet de grande qualité car vu les rendements qu'il procure les armements ne peuvent
pas se payer le luxe de perdre une marée. Les armateurs ne rechignent pas à payer tant
que la qualité suit, c'est ma philosophie" reconnaît JM Naberan.
ENCADRE.
Depuis 60 ans à Ondarroa Naberan rime avec chalut. Le père dans un
premiers temps, ses fils aujourd'hui avec à sa tête José Mari Naberan. Une entreprise
de petite taille au nom évocateur "Naberan sareak" (filets Naberan) qui grandit
à vue d'oeil, à la même vitesse que les chalutiers s'équipent de ses filets.
Installés à Mutriku à quelques kilomètres du port d'Ondarroa, dans un local modeste
entouré de conserveries de poisson, les monteurs, ramandeurs et patron travaillent
d'arrache-pied pour tenter de livrer à temps les commandes. C'est en 1989 que Naberan
après avoir été distributeur de filets conçus en Méditerranée devient concepteur à
son tour. Il y a 8 ans ils étaient trois, aujourd'hui une vingtaine et ils manquent de
bras. L'entreprise a évolué en même temps que les techniques de pêche. "Par le
passé on répondait aux besoins de la flottille de chalutiers, aujourd'hui nous les
devançons et proposons de nouvelles solutions pour améliorer leur production"
explique JM Naberan. Le filet qui porte désormais son nom s'améliore chaque jour des
remarques apportées par les patrons de pêche qui les utilisent. La nappe et les cordages
sont fabriqués par une entreprise du sud de l'Espagne et du Portugal, les câbles sont
d'importation tout comme les manilles et autres pièces mécaniques de haute résistance
fabriquées au Danemark. "Ce filet est né d'études que nous avons menées nous
mêmes assistés par ordinateurs et testés en bassin à Lorient mais aussi de celles
réalisées en France et en Galice. Nous avons amélioré l'ensemble et surtout l'avons
adapté au système du chalutage en couple. Je dois avouer que je me suis inspiré de tout
ce qui était intéressant dans les filets pélagiques français. Notre filet est un
cocktail de ce qui se fait de mieux dans différents pays, le tout amélioré par des
études personnelles et adapté à notre flottille pour la pêche au merlu". Le
Naberan est il le filet parfait, "certainement pas, celui qui prétendrait cela se
tromperait. Dans la pêche rien n'est immobile et évolue très vite. Le Naberan évoluera
par petites touches ou même passer sur d'autres systèmes, ils est cependant illusoire de
croire que c'est un filet abouti."
J. Arocena
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