Mon mari allait en Afrique pour des contrats de quatre mois. Je
suis allée pour le voir. Et je suis partie en mer avec lui. On ne
laisse pas une femme seule en Afrique. J'avais la trouille. Moi, j'ai peur
de la mer. Je ne sais pas nager.
Je me suis occupée du tricot. J'avais pris mes précautions.
J'avais apporté de la laine et des aiguilles. De la lecture aussi.
J'ai tricoté, j'ai tricoté... Au bout de quinze jours, j'avais
terminé les pulls pour mes petits-enfants.
Je passais aussi mes journées à faire du lavage,
à m'occuper des petites bricoles de mon mari. Je descendais souvent.
A la deuxième campagne, c'est moi qui faisais la cuisine.
Je discutais avec l'équipage. C'est un peu long d'être
en mer. On ne peut aller nulle part. Et il y a le bruit du moteur, tout
le temps. Je ne pouvais pas dormir. J'allais discuter avec celui qui était
de quart.
C'est bizarre, une femme à bord. Mais ça n'a pas
posé de problème. Avec personne à bord. Mais l'armement
n'était pas d'accord.
Je tricotais sur la passerelle et je regardais comment ils travaillaient.
Je n'avais jamais vu ça avant. Il faut le faire. C'est du boulot.
C'est là que je me suis aperçue du travail que c'était.
C'est vrai que c'est dur. Et j'imagine quand c'est pleine tempête.
J'ai dit à mon mari: "Là, tu m'as épatée. Je
te tire mon chapeau".
Maintenant, je m'imagine mieux comment ça se passe quand
il est en Ecosse. Il faut le faire... Je l'aime, mon mari.
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