13.08.99.
Plus de 500 tonnes de germon en un peu plus dune semaine, le début
du mois daoût a été en avance sur le calendrier classique. La criée de Ciboure a
fait face au déferlement inattendu du thon blanc qui se trouve en quantité importante
dans des zones proches de la côte basque, à environ 6 heures de route de Saint jean de
Luz. Une situation "extraordinaire par rapport à la saison 1998 qui avait
traîné au démarrage, nous avons déjà presque atteint les apports de l'année
dernière et d'entrée il s'agissait de germon de plus de 8 kilos" se réjouit
Joël Fournerat le directeur de Bascopêche OP. En fait, l'arrivée du germon a surpris
plus d'un au Pays basque, qu'il s'agisse de ligneurs, fileyeurs ou pélagiques. C'est
ainsi que trois paires et non des moindres, "Le Baron/Marilou", "Yannick/Bougainville",
et "La Murenne/Le Lafitte" se trouvaient encore en carénage alors que le
germon se débarquait sur le carreau de Ciboure. "On aurait du être prêts mais
cela traîne toujours, il faut reconnaître que la pêche c'est comme ça, une fois on est
dessus, d'autres fois on passe à côté" avouent les armateurs qui viennent de
prendre la mer avec 80 tonnes de retard. Le premier poisson est arrivé en criée de
Ciboure le 29 juillet, débarqué par une paire de La Turballe "Thomas Nicolas/Morgane".
Une petite pêche de 8 tonnes qui s'est vendue pour l'usine entre
14 et 15F le kilo alors que 400 kilos de germon pêchés à la ligne partaient pour le
frais à 17, 50F. Des le lendemain trois autres paires de La Turballe, "La
Colombine/L'Arlequin", "Rochebonne/Penkiriac" et "Atalante/Neptune"
débarquaient 90 tonnes. Tout est parti pour la conserve espagnole entre 13 et 14F le
kilo. Même chose pour les 30 tonnes d'Hendaye. Le surlendemain 130 tonnes (100 à Ciboure
et 30 à Hendaye) sont commercialisés par la criée de Ciboure et l'on constate les
premiers signes d'affaiblissement du marché. Bascopêche OP doit congeler 23 tonnes alors
que PROMA doit se résoudre à rapatrier ses invendus par camion. La fin de semaine a
été de même nature, des apports réguliers et des prix assez bas, le marché étant
saturé. Les pêches débarquées par les germoniers de la communauté autonome basque,
des canneurs et ligneurs, ont engorgé les possibilités des conserveurs qui deviennent
plus exigeants. "Le thon blanc de certains bateaux de la Turballe n'est pas assez
soigné, il est trop mou et certains usiniers ont du le congeler pour pouvoir le découper
normalement" se plaignent des mareyeurs, rapportant ainsi le mécontentement de
certains de leurs clients espagnols. Force est de constater que le soin apporté aux
germons laisse a désirer, les moins délicats n'hésitant pas a faire des traits de
chalut trop longs avec pour conséquence immédiate, une qualité de germon moindre. Si
les conserveurs admettent que l'aspect extérieur du germon n'est pas important, ils ne
supportent pas que la qualité de la chair ne soit pas excellente.«C'est un problème
d'organisation du marché, estime Maurice Benoish, vice-président de Proma. Le marché
basque est vite saturé et comme les usines (françaises comme espagnoles) sont fermées
au début août, on doit congeler pas mal de thon. Or, les capacités de congélation sont
limitées dans le sud-ouest et on a même dû faire remonter du thon jusqu'à La Rochelle.
Pour le marché, il vaut mieux que les Turballais remontent dans leur port.» Un constat
qui vaudra aussi, bien entendu, pour les pélagiques lorientais adhérents de Proma, qui
ont décidé d¹armer au thon à l'exemple des Turballais. A bord des chalutiers ils est
difficile d'aborder le sujet de la qualité tant ils sont persuadés que cela ne sert à
rien. "On a beau soigner le poisson, les prix ne sont pas pour autant valorisés
et c'est du boulot en plus" argumentent des marins de La Turballe en escale. Des
marins qui ont du abandonner la zone du Pays basque pour regagner leur port d'origine, et
ce malgré la proximité des bancs de poisson. "Proma nous a dit qu'ils
arrêtaient de garantir le prix de retrait à parti du 6 août hors de notre port
d'attache, c'est une vacherie pour nous mais on ne peut pas risquer de rester avec du
poisson sur les bras, on rentre". Les marins sont partis, le germon continue à
se vendre à Ciboure chaque jour, avec même la surprise de voir une paire de pélagiques
d'Hendaye, le Egun Haste/Roy Mage décharger sa pêche directement à Ciboure.
José Arocena.
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