Germon: les espagnols mettent en cause le nombre de navires français.
21.09.99.Si la campagne de thon germon dans le golfe de Gascogne est excellente en ce qui concerne les captures des flottilles françaises et irlandaises, il n'en va pas de même pour les 6000 marins espagnols qui vivent une saison pour le moins médiocre. Si l'on s'en réfère aux déclarations de débarques avancées par ces derniers, la baisse des captures à ce jour atteindrait les 27% par rapport à l'an dernier pour le germon et 60% pour le thon rouge. Cette baisse des captures est aggravée par des cours qui se sont effondrés. "Nous vendons les petits germons à 240 pesetas (10F) le kilo alors qu'on les commercialisait à 310 pesetas (13F) il y a 6 ans" a affirmé Jaime Tejedor le président des cofradias de la province basque de Gipuzkoa. D'une part des apports moindres, de l'autre des cours en baisse, il n'en fallait pas moins pour que les regards se tournent vers les autres flottilles en compétition dans le golfe. Les cofradias de cantabrie ont lancé la menace d'une campagne d'actions et de mobilisation si des pays comme l'Irlande et la France continuaient à "ne pas respecter les accords communautaires de réduction de flottilles pêchant à l'aide de filets maillants dérivants" (FMD). Leur ministre d'agriculture et des pêches Jésus Posada s'est déplacé au pays basque pour rencontrer les fédérations des cofradias et leur promettre de "faire pression auprès des autorités de l'Union Européenne pour que des mesures soient prises…" Du côté français on s'insurge de ce genre d'allégations "infondées" d'autant que le dossier des FMD est délicat et suivi de près. Le CNPM (Comité National des Pêches Maritimes) a tenu a réagir en indiquant qu'il était faux d'avancer ce genre d'informations. "La France a mis en application l'obligation de diminution de 40 % du nombre de fileyeurs germoniers résultant du Conseil des ministres du 8 juin 1998 et ce, dès la campagne 1998" a indiqué un porte parole du CNPM. Selon les affirmations des responsables de la profession, le nombre de navires autorisés à pêcher le thon germon au filet droit dérivant s'élevait à 69 pour les années 1995, 96 et 97. "Depuis 1998 il est passé à 46 unités suite à une délibérations du Comité National des pêches Maritimes rendue obligatoire par le Ministre de la pêche". Les pêcheurs espagnols accusent également les français d'armer de plus en plus de chalutiers pélagiques pour la pêche au germon, "Traditionnellement ils ne pêchaient pas ces poissons, maintenant avec leur excellente saison ils nous inondent les marchés et font écrouler les cours" se plaignent les cofradias basques. Même réponse de la part du CNPM, "la réduction de 40 % ne concerne pas les chalutiers pélagiques, cependant le nombre maximal de chalutiers pélagiques autorisés sur la pêcherie depuis 1995 est de 78, pas un de plus!" Sur les bateaux français on insiste pour affirmer que "des irlandais subventionnés pêchent et vendent directement de gré à gré du germon à moins de 8F/kg à des mareyeurs espagnols". Ces navires ont été aperçus à Hendaye et Saint Jean de Luz la semaine dernière, ils avaient débarqué sans passer par les criées locales!
(Photo prise à Ciboure le 10 septembre). En ce qui concerne les captures médiocres des canneurs germoniers espagnols, les pêcheurs des pélagiques luziens confirment que "on voit le thon sauter autour du bateau mais il mange pas, les lignes de traîne que l'on promène n'attrapent rien, ils sont gavés d'anchois, heureusement qu'on dispose des filets la nuit".
José Arocena.
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