Navigation de commerce : des Erika en puissance le long des côtes françaises.


José Arocena.

Le naufrage de l’ERIKA a permis de jeter un regard particulier sur la flotte de commerce qui navigue sur les mers européennes. Pourtant, malgré le fait que tous les regards se fixent sur les pavillons de complaisance, comme celui de Malte, la France n’est pas mieux lotie en matière de pétroliers. Actuellement

17 pétroliers naviguent chaque jour devant nos côtes, des pétroliers construits entre 1971 et 1981, des navires qui n’ont rien à envier à l’Erika sur le plan de la sécurité. Parmi ces pétroliers, immatriculés à Port aux français aux îles Kerguelen, un pavillon français bis, autrement dit de presque complaisance, se trouvent des navires des années 1970. Parmi eux, l’Arvor construit en 1971 vient régulièrement à Bayonne avec ses 6000 tonnes de pétrole. Même chose pour l’Argoat de 1973, long de 109 mètres et l’Azerot de 1974. Rien que ces trois pétroliers de l’armement Socatra de Bordeaux sont nettement plus vieux que l’Erika. Ils n’ont pas de double coque et ne sont pas à l’abri d’un coup dur. L’équipage est étranger, sauf pour les cadres, encore que les armateurs tentent de remplacer les derniers français à bord par des marins moins bien rétribués. Mieux encore, la société Elf Aquitaine affrète régulièrement un cargo construit en 1968, le VIDA II. Ce dernier est entré à Bayonne mardi 21 décembre pour y charger du souffre. Une unité qui passe inaperçue et dont personne ne parle, comme pour l’Erika avant le naufrage.

Parmi les autres navires battant pavillon français, se trouvaient le « Chaumont » de 1976, le « Once » de 1976, le « Autan » de 1975, le « Borée » de 1976, les 4 navires appartiennaient à France Shipmanagement. Ces navires ont été remplacés par Algarve / Luxembourg / Algarve / Picardie en 1999 et 2000, ces navires sont tous des double coque de dernière génération, nous a indiqué l'armement. D’autres pétroliers aussi âgés sont en service pour les armements Green Tankers, Gazocéan armement, Mobil Oil, Tankafrica, ou autre Compagnie morbihanaise et nantaise de navigation. Cette dernière compagnie possède le « Béarn », navire spécialisé dans le transport du soufre liquide chauffé à 115°. Le tanker construit en 1977 travaille été comme hiver entre Bayonne et la Seine et subit les forts coups de vent du golfe, la même ou a sombré l’Erika.

Il serait donc bon, de regarder chez nous avant d’accuser les autres pavillons, et d’éviter de chercher des boucs émissaires à tout prix en évitant de balayer devant sa porte. Des Erika en puissance, naviguent chaque jour dans le golfe, ceux qui réclament une réglementation stricte pour les pavillons de complaisance devrait savoir qu’il n’y à pas de bons ou de mauvais pavillons, mais de bons ou de mauvais navires et qu’en tout état de choses, les mesures devront être appliquées à l’ensemble des bâtiments marchands, même français. 


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