Hendaye et Saint jean de Luz sous la criée de Ciboure.

Août 1999.

Le port de pêche d'Hendaye vit toujours malgré les durs revers subis par la coopérative Bidassoa mise en liquidation par le tribunal de commerce de Bayonne(Marin N°2711). La campagne de germon bat déjà son plein avec des débarquements quotidiens sur les quais hendayais. Seule différence par rapport à la saison précédente, la criée reste silencieuse. Plus exactement lors qu'elle s'anime c'est par la voix d'un crieur de Ciboure, de son directeur qui fait le déplacement pour l'occasion. La municipalité de Hendaye a signé le 15 juillet un sous traité d'exploitation avec l'association de gestion de la criée du port de Saint jean de Luz Ciboure pour un an. Le temps de voir comment cela va se passer. Il faut dire que les préjugés sont tenaces et nombreux même si la réalité dépasse désormais les à priori. "C'est une expérience sur une année que nous tentons, pour voir. Pour le moment tout semble aller bien, le thon est présent et cela se passe bien, les relations entre Ciboure et Hendaye sont excellentes" reconnaît Raphaël Lassalette le maire d'Hendaye. Concrètement le contrat passé entre la criée luzienne et la ville d'Hendaye prévoit que les poissons "divers" seront vendus directement en criée à Ciboure, laissant la possibilité de vente à Hendaye pour le germon et l'anchois. Pour le moment les navires hendayais débarquent leur pêche à Hendaye, quitte à transporter la marchandise par camion sur le carreau de Ciboure. "Plus tard ils viendront directement à Ciboure débarquer leur pêche comme les autres" dit-on sur les quais ou l'on comprend que le changement d'habitudes ne se fera pas sans quelques grincements de dents. Reste que très concrètement cela fonctionne bien.

Pour la CCI de Bayonne Pays Basque, concessionnaire du port de Saint jean de Luz/Ciboure il s'agit là de la mise en œuvre d'une volonté politique voulue entre le conseil général et les deux concessionnaires pour une mise en marché unique. Didier Munduteguy CCI Bayonne Pays Basque"Notre objectif à court terme est de mettre en place une vente unique à Ciboure qui commercialise la pêche déchargée sur les différents points de débarquement du quartier maritime de Bayonne et de faire de la criée de Ciboure un véritable outil logistique" estime Didier Munduteguy chargé de la concession portuaire de ST Jean de Luz/Ciboure.

L'arrivée précoce du germon cette semaine a été le test significatif. Lundi 2 août 40 tonnes ont été débarquées à Hendaye et 90 tonnes à Ciboure, le vente à été dirigée par la criée de Ciboure normalement. Même chose mercredi avec un total de 125 tonnes et 140 tonnes jeudi. On a même remarqué un détail curieux, c'est au moment ou la criée du port d'Hendaye disparaît au profit de celle de Ciboure que certains acheteurs qui avant n'allaient jamais à Hendaye, font leur apparition. L'explication est simple, les deux ports étant sous le contrôle de la même criée, des acheteurs ont pu bénéficier de la caution unique au lieu d'avoir à verser la double caution traditionnelle pour les deux ports. Du coup ils vont voir et achètent à Hendaye ou Ciboure selon les propositions. "Pour nous cela ne change pas grand chose en ce moment, on achète dans les deux ports comme avant. Ce qui serait intéressant c'est d'arriver à un seul point de vente afin de rationaliser les coûts d'exploitation" pense Marcel Mugica le président des mareyeurs de la côte basque et Pdt de l'association de gestion de la criée de Ciboure. C'est Peyo Bilbao le responsable de la criée qui e charge des ventes à Hendaye, "Je me déplace en personne sur Hendaye pour les ventes du thon et de l'anchois, le reste du poisson est rapatrié en camion sur Ciboure. Pour le moment je fais une vente à la voix classique, des mon retour on saisit tout en informatique." La vente telle qu'elle est actuellement en place pourrait être améliorée par l'installation d'une borne informatique reliée à la criée de Ciboure. "L'idéal serait en effet d'avoir une seule et unique enchère afin de regrouper les ventes sur un point informatique et non sur deux systèmes comme actuellement" espère Joël Fournerat le directeur de Bascopêche OP qui se félicite de la tournure que prend la nouvelle vente. "Il faudra observer sur une durée d'un an pour voir exactement ce que représentent les apports du port d'Hendaye et envisager l'installation de la borne, c'est une des possibilités" selon Peyo Bilbao qui se félicite des bons rapports établis avec les marins Hendayais. Pour l'instant les ventes se poursuivent avec normalité malgré les apports importants de germon. Une personne a été embauchée à Hendaye par la criée de Ciboure, elle est chargée des opérations de débarquement surplace. Le sous traité d'exploitation a fixé des taxes de criée et d'équipement identiques pour les deux ports. Le port de Ciboure continue avec sa politique de services élargie, les débarquements se font 24h/24 et 6 ventes sont organisées durant la journée, de 6h30 à 19h afin de répondre à la demande des acheteurs.

José Arocena.


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