Travaux de l'embouchure de l'Adour


Depuis le début de l'année 2000 c'est une véritable noria de camions qui déverse 6 jours sur 7 des centaines de tonnes de pierres sur ce qui était une petite plage et qui n'est plus qu'un souvenir. Avec l'été qui se profile, c'est une nouvelle digue qui pointe vers le large. Ces importants travaux visent à améliorer l'accès au chenal portuaire de Bayonne et à résoudre un problème aussi ancien que le port lui-même et dont les responsables de la Direction départementale de l'équipement et de la CCI de Bayonne Pays Basque se sont préoccupés depuis des décennies. Des que les dépressions du nord du golfe de Gascogne s'apaisent, une forte houle se forme au niveau de la Barre et contrarie systématiquement l'accès au port de Bayonne. Cette houle forme de forts courants traversiers de nord-est, la houle déferle sur une plage située devant la tour des signaux, ce qui crée en chaîne un courant sud-nord vers la zone plus calme du chenal d'entrée. Dans  ces conditions, le courant traversier perturbe fortement le travail des pilotes qui doivent faire preuve de dextérité pour rentrer les navires par mauvais temps. Du coup, c'est la taille des navires qui est limité. Autre phénomène remarquable, l'ensablement du chenal de l'Adour victime du sable et la limitation du tirant d'eau admissible dans le port. Des navires de fort tonnage, ont été détournés vers d'autres ports dans l'attente des opérations de dragage, qui doivent parfois être réalisées dans l'urgence.

Il y à 10 ans la SOGREAH de Grenoble, cabinet spécialisé en hydraulique maritime, a réalisé pour la CCI une maquette "modèle" de l'embouchure de l'Adour. La simulation a montré qu'il était possible de remédier au moins partiellement à ces inconvénients, en construisant une nouvelle digue, située dans une position intermédiaire entre l'actuelle digue sud et l'entrée sud du chenal d'accès. Tout en construisant la nouvelle digue, une fosse de garde est creusée à l'extérieur du chenal. Cette fosse doit en principe, recueillir les sables qui avant, allaient ensabler le chenal.

La nouvelle digue dont la moitié est déjà réalisée, aura une longueur d'environ 320 m (contre près de 500 m à l'actuelle digue sud) et sera surmontée d'un couronnement en béton de six mètres de largeur. Le noyau de cette digue sera constitué de matériaux de carrière représentant au total plus de 70 000 tonnes, avec des blocs pouvant atteindre jusqu'à deux tonnes chacun. Quant à sa carapace, elle sera constituée d'enrochements pesant d'une à huit tonnes et représentant au total 62 000 tonnes. Enfin, à l'extrémité de la digue, dans le musoir, la carapace comprendra, sur une quarantaine de mètres, 900 blocs en béton rainurés de 19 à 24 tonnes chacun.

Une fois les travaux terminés, les usagers du port, essentiellement les pilotes, devront "tester" les nouvelles conditions de navigation et indiquer si l'opération a été profitable. Dans le cas contraire il sera envisagé de modifier le tracé de l'embouchure de façon à ce que les bateaux puissent entrer dans le chenal en ligne droite et éviter l'actuel "S". Cette seconde phase, pour l'instant hypothétique, a été définie lors de l'étude sur modèle entreprise par la SOGREAH.


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