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La sécurité maritime en Europe,
les verts prennent l’initiative Des armateurs de pétroliers et fiers de l’être, des assureurs, des sociétés de classification, des capitaines de cargos, des galiciens pollués, des basques en colère après Madrid, des politiques, des membres de la commission européenne, des chercheurs, des belges, des norvégiens, tout ce beau monde était réuni à Bayonne à l’initiative des Verts, Alliance Libre Européenne.
L’idée était intéressante, le besoin s’en faisait sentir, restait à concrétiser le pari. Certes une conférence n’est pas là pour porter immédiatement des fruits. Pour autant la qualité des intervenants a été à la hauteur même si parfois, les orateurs auraient aimé disposer de plus de temps pour aborder un peu plus en profondeur les sujets si délicats.Que retenir de cette journée ? Peut être la complémentarité des intervenants et la justesse des propos. C’est ainsi que Francis Vallat président de l’institut français de la mer représentant la France à l’Agence Européenne de Sécurité Maritime et ex armateur s’est affirmé fier de son métier. La problématique des contrôles des navires est immédiatement arrivée sur la table avec les deux axes de travail, les états du pavillon et les états du port. En clair même si l’accent est mis pour renforcer les contrôles des navires lors de leurs escales dans des ports, il ne faut pas abandonner pour autant les contrôles des pays d’ou sont issus les pavillons. « Nous sommes contre les pavillons de complaisance, un armement qui ne respecte pas les règles coûte 20 à 30% moins cher et nous concurrence directement. Je pense que malgré tout la situation s’améliore en ce moment » pense Francis Vallat qui prône une coopération technique dans la formation d’inspecteurs pour les pays pauvres. L’Organisation Maritime Internationale l’O.M.I que l’on pointe du doigt a été défendu par Vallat pour qui l’OMI « fait bien son travail, trop lentement mais correctement », les problème venant de « l’application des règles car l’organisation ne dispose d’aucun pouvoir de police ou de sanction ». Pour Edouard Berlet, délégué général des armateurs français, tout semble aller mieux pour peu que l’on sache regarder avec du recul. « Sur 10 ans le transport maritime a augmenté de 44% en volume et les catastrophes maritimes ont diminué de 14% ». Un facteur de risque diminué par deux mais qui ne soulagera pas pour autant les galiciens et basques touchés par le fioul du Prestige. Le délégué général des armateurs français estime que « le problème ne vient pas des pavillons mais du comportement de la complaisance » et de proposer que l’O.M.I élabore « une liste noire des pavillons ». Des déclarations vides de sens.
Au lendemain du naufrage du Prestige, les déclarations d’hommes politiques voulant régenter la circulation maritime ont été mal accueillies par le monde maritime en question.« L’état français et espagnol ont pris des mesures unilatérales ce qui est forcément mauvais pour la sécurité et l’activité maritime, une source de complication et d’opacité. Si les armateurs devaient appliquer des règles nationales différentes à chaque fois qu’il est au large d’une côte, ce serait impossible, ne multiplions pas les règles » a clamé le représentant des armateurs, pour qui la procédure de coopération renforcée serait une bien meilleure idée. 15 pays membres et des motivations différentes en matière maritime, c’est la réalité de l’Europe. La procédure de coopération renforcée permet à 8 ou 9 pays sur la même longueur d’ondes de mettre des moyens en commun comme par exemple des navires de dépollution, de contrôle ou tout autre projet. « Des moyens nouveau pas de règles nouvelles ». « Attention » a clamé Yves Pietrasanta, vice président de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du parlement européen, « la procédure de coopération renforcée se fait sans contrôle du parlement, il faudrait réformer ce point". Durant cette journée de travaux nous avons appris que le plafond du FIPOL allait être remonté de manière significative, que le principe « pollueur payeur » n’était peut être pas une bonne idée, tant les responsables auraient le loisir de faire durer le plaisir devant les tribunaux avant de devenir insolvables. «Mieux vaut conserver le CLC et le FIPOL, systèmes mutualisés pour l’indemnisation des victimes qui même s’il est trop long reste perfectible » pense le représentant des armateurs. Certes si les pavillons de complaisance ont été pointés du doigt avec leurs « marchands d’hommes », les européens n’ont pas été épargnés, notamment par Jean Paul Leclerc de l’association française des capitaines de navires qui a listé les naufrages survenus depuis 1970 sur les navires européens et les équipements portuaires insuffisants pour nettoyer les cuves des tankers à terre. Les Etats Unis ont été montrés en exemple notamment pour leur corps de Costguards et par les mesures restrictives mises en place à l’heure d’approcher leurs côtes. Décisions vite tempérées par Francis Vallat qui estime qu’elles ont été prises sur le dos des armateurs et ont totalement dégagé les pétroliers de toute responsabilité. « Ce qui est possible aux E.U ne l’est pas en Europe car aux E.U 95% du trafic se dirige sur leurs ports alors qu’en Europe le trafic ne fait que transiter par nos eaux ». L’idée des ports refuges semblent abandonnés au profit de « zones refuge ». « L’O.M.I élabore des directives pour déterminer ces lieux ou la faible profondeur sera prise en compte » a annoncé Philippe Boisson de IACS (Association Internationale des Sociétés de Classification). Enfin, les doubles coques ont été mises à mal, « je veux casser le mythe de la double coque qui fait partie des mesures politiquement spectaculaires, certes on remplace de vieux pétroliers à simple coque par des neufs à double, c’est bon pour les chantiers navals mais on ne fait que repousser le problème par les difficultés d’entretien qui vont surgir », une remise en cause de Catherine Boudigou, membre du collège exécutif des Verts français, en charge avec l’environnement. Les verts ont pris bonne note, ils vont amender leurs textes, ceux là même qu’ils présenteront au parlement européen. José Arocena. |
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