Date: 10 juin 2002

Commission de coordination des officiers U.G.I.C.T. C.G.T. du remorquage métropolitain à Saint-Nazaire.


 
                                                                             Saint Nazaire.
 
Les représentants des officiers du remorquage U.G.I.C.T. C.G.T. se sont réunis les 29 et 30 mai pour réfléchir sur l'avenir d'une profession noble et incontournable mais qui n'échappe pas au discours mercantile. Un tour d'horizon des ports dotés de remorqueurs nous permet de constater un amalgame insupportable entre la mission de service public ou d'intérêt général (qui, à la notion de service aux personnes, ajoute celles de défense de l'environnement et de sécurité) et la gestion de l'entreprise cotée en bourse qui passe par une obligation constante de résultats. Dans ce contexte, le produit vache à lait (leader mais dans un marché à faible croissance et en phase de maturité de leur cycle de vie) de l'armateur traditionnel, hélas disparu en même temps que notre marine marchande, pourrait rapidement être, pour l'armateur financier, un poids mort (faible potentiel de développement en mauvaise posture concurrentielle). Si le remorquage fait effectivement partie de la chaîne de l'économie d'échelle, il n'est pas acceptable en tant que tel. Ce raisonnement conduirait à accepter de brader des notions aussi importantes que celles de sécurité et d'environnement. Qui en prendra la responsabilité ?
Le remorquage ne peut pas s'appréhender sous sa seule aperception économique. Le marin et son statut ne doivent pas être la variable d'ajustement.

Concurrence

Les directives portuaires européennes, en pleine gestation, devront comporter les textes qui empêchent la concurrence déloyale ou mal maîtrisée, l'appel, in fine, au moins coûtant. Plutôt que de sortir des directives il nous semble plus judicieux de profiter de cette opportunité pour fixer les règles d'une concurrence loyale hypothétique dans un domaine qui s'accommode mal des canons de l'économie libérale.
Des précisions sur l'applicabilité à la concurrence "européenne" de la loi du pays d'accueil sont, dans le même temps, nécessaires à la veille des réunions prévues pour la modernisation de nos conventions collectives.

Conventions collectives
"Sans principes communs il est inutile de discuter"
Il est souhaitable d'en débattre à partir d'un calendrier imposé à tous et suivi, pour la rédaction exhaustive de chapitres revus et de chapitres nouveaux relatifs à notre contrat de travail. La rédaction complète est notre priorité.
Nous n'accepterions pas de participer à des travaux qui ne tiendraient pas compte de ces préalables.

A.P.E.R.M.A.
Nous lançons à l'A.P.E.R.M.A., à l'identité troublée, un avertissement solennel :
Notre considération pour cet organisme sera proportionnel à la considération qu'elle aura pour la large majorité des officiers du remorquage que notre fédération représente.
Sa légitimité n'est pas remise en cause mais nous attendons de cette association, sous cette appellation, qu'elle présente un front uni des armateurs français du remorquage.
En outre, les nombreux changements dans l'organigramme du remorquage métropolitain qui voient l'émergence de cadres plus chargés de missions qu'investis de fonctions pérennes ne vont pas dans le sens d'une meilleure efficacité de la gestion quotidienne des sites... Nous avons encore à l'esprit l'exemple de Bordeaux.

Armement Thomas
Le fait d'atteindre une taille moyenne n'exonère ni du respect du code du travail maritime ni de l'obligation de transparence. Notre demande, par l'intermédiaire de l'A.P.E.R.M.A., d'éclaircissement sur le fonctionnement et sur les effectifs du remorquage dans le port de Bordeaux étant restée sans réponse, nous mandatons notre secrétaire général, Charles Narelli, pour obtenir ces précisions auprès de l'administration maritime.

Brevets
Cette coordination a été l'occasion de préciser notre position sur l'application des normes S.T.C.W. 95 au remorquage. A partir des premiers (et derniers) résultats obtenus par la négociation qui ont fait du remorqueur un navire revalidant, des actions locales anarchiques ont fait oublier la cohérence de l'action entreprise. Elle nécessite, pour finaliser le problème, une dernière réunion avec l'administration sur le thème du poids d'une réquisition préfectorale ignorant les impératifs des normes S.T.C.W. dans le cas d'une intervention au large par des officiers dépourvus du précieux sésame...

Amiante
La possibilité de départ à l'amiante, auquel les officiers sont attachés, a été abordée.
Nous n'admettons pas les différences manifestes de traitement du dossier amiante. Les marins sont des citoyens comme les autres et la relation remorqueur/amiante est évidente.
S'il s'agit d'un simple rapport de force, nous y viendrons.


                                                                            Guy Delaporte, coordinateur.


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