| Commission de
coordination des officiers U.G.I.C.T. C.G.T. du remorquage
métropolitain à Saint-Nazaire.
Saint
Nazaire.
Les représentants des officiers du remorquage U.G.I.C.T. C.G.T. se sont
réunis les 29 et 30 mai pour réfléchir sur l'avenir d'une profession
noble et incontournable mais qui n'échappe pas au discours mercantile.
Un tour d'horizon des ports dotés de remorqueurs nous permet de
constater un amalgame insupportable entre la mission de service public
ou d'intérêt général (qui, à la notion de service aux personnes,
ajoute celles de défense de l'environnement et de sécurité) et la
gestion de l'entreprise cotée en bourse qui passe par une obligation
constante de résultats. Dans ce contexte, le produit vache à lait
(leader mais dans un marché à faible croissance et en phase de maturité
de leur cycle de vie) de l'armateur traditionnel, hélas disparu en même
temps que notre marine marchande, pourrait rapidement être, pour
l'armateur financier, un poids mort (faible potentiel de développement
en mauvaise posture concurrentielle). Si le remorquage fait
effectivement partie de la chaîne de l'économie d'échelle, il n'est
pas acceptable en tant que tel. Ce raisonnement conduirait à accepter
de brader des notions aussi importantes que celles de sécurité et
d'environnement. Qui en prendra la responsabilité ?
Le remorquage ne peut pas s'appréhender sous sa seule aperception économique.
Le marin et son statut ne doivent pas être la variable d'ajustement.

Concurrence
Les directives portuaires européennes, en pleine gestation, devront
comporter les textes qui empêchent la concurrence déloyale ou mal maîtrisée,
l'appel, in fine, au moins coûtant. Plutôt que de sortir des
directives il nous semble plus judicieux de profiter de cette opportunité
pour fixer les règles d'une concurrence loyale hypothétique dans un
domaine qui s'accommode mal des canons de l'économie libérale.
Des précisions sur l'applicabilité à la concurrence "européenne"
de la loi du pays d'accueil sont, dans le même temps, nécessaires à
la veille des réunions prévues pour la modernisation de nos
conventions collectives.
Conventions collectives
"Sans principes communs il est inutile de discuter"
Il est souhaitable
d'en débattre à partir d'un calendrier imposé à tous et suivi, pour
la rédaction exhaustive de chapitres revus et de chapitres nouveaux
relatifs à notre contrat de travail. La rédaction complète est notre
priorité.
Nous n'accepterions pas de participer à des travaux qui ne
tiendraient pas compte de ces préalables.
A.P.E.R.M.A.
Nous lançons à l'A.P.E.R.M.A., à l'identité troublée, un
avertissement solennel :
Notre considération pour cet organisme sera proportionnel à la
considération qu'elle aura pour la large majorité des officiers du
remorquage que notre fédération représente.
Sa légitimité n'est pas remise en cause mais nous attendons de
cette association, sous cette appellation, qu'elle présente un front
uni des armateurs français du remorquage.
En outre, les nombreux changements dans l'organigramme du remorquage métropolitain
qui voient l'émergence de cadres plus chargés de missions qu'investis
de fonctions pérennes ne vont pas dans le sens d'une meilleure
efficacité de la gestion quotidienne des sites... Nous avons encore à
l'esprit l'exemple de Bordeaux.
Armement Thomas
Le fait d'atteindre une taille moyenne n'exonère ni du respect
du code du travail maritime ni de l'obligation de transparence. Notre
demande, par l'intermédiaire de l'A.P.E.R.M.A., d'éclaircissement sur
le fonctionnement et sur les effectifs du remorquage dans le port de
Bordeaux étant restée sans réponse, nous mandatons notre secrétaire
général, Charles Narelli, pour obtenir ces précisions auprès de
l'administration maritime.
Brevets
Cette coordination a été l'occasion de préciser notre
position sur l'application des normes S.T.C.W. 95 au remorquage. A
partir des premiers (et derniers) résultats obtenus par la négociation
qui ont fait du remorqueur un navire revalidant, des actions locales
anarchiques ont fait oublier la cohérence de l'action entreprise. Elle
nécessite, pour finaliser le problème, une dernière réunion avec
l'administration sur le thème du poids d'une réquisition préfectorale
ignorant les impératifs des normes S.T.C.W. dans le cas d'une
intervention au large par des officiers dépourvus du précieux sésame...
Amiante
La possibilité de départ à l'amiante, auquel les officiers
sont attachés, a été abordée.
Nous n'admettons pas les différences manifestes de traitement du
dossier amiante. Les marins sont des citoyens comme les autres et la
relation remorqueur/amiante est évidente.
S'il s'agit d'un simple rapport de force, nous y viendrons.
Guy
Delaporte, coordinateur.
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