Date:10.02.2003.
Pollution du canal du Rhône à Sète : on cherche toujours la fuite sur le pipeline.

Un mois après une première alerte à la pollution sur le canal du Rhône à Sète (le marin du 10 janvier), et malgré de gros travaux, le lieu exact de la fuite d’hydrocarbures n’est toujours pas localisé.

La fuite est stoppée, mais pour l’instant, impossible de faire les travaux de remise en état du pipeline fuyard -une canalisation reliant le dépôt d’hydrocarbures de Frontignan au dépôt Total du port de Sète.

Seule certitude, c’est bien ce pipeline qui a fuit.
Après une première alerte à la pollution le 3 janvier, de nouvelles nappes de gazole sont repérées sur le canal de la Peyrade le 13 janvier.
Une deuxième alerte qui mène la DRIRE (direction régionale de l’industrie et de la recherche) a demandé un test d’étanchéité sur le pipeline.

Test positif. Le 17 janvier, le pipeline est vidé de ses hydrocarbures et mis hors d’état de nuire par son exploitant, la société GDH -Gestion des dépôts d’hydrocarbures- filiale de BP.

Suivent une « échographie » acoustique (montée en pression à 8 bars) qui ne donne rien, à cause d’interférences (de nombreuses conduites d’eau circulent à proximité).

Combien de temps a duré la fuite ? Un trou ou plusieurs? Sur quelles surfaces de terrain ? Puet-elle réapparaître ? Où ?

L’ampleur de la pollution est difficile à cerner.
La seule certitude est la dernière vérification obligatoire du pipeline, qui remonte à juillet 2000. Après…
Serpentant à 80 mètres en parallèle au canal de la Peyrade, le pipeline fait 7 kms de long.
D’un diamètre de 60 cm (20 pouces), le pipeline peut débiter jusqu’à 1000 m3/heure –soit 3millions m3/an.
A ce régime, une fuite minime est alors impossible à discerner à l’occasion des débits. « Les hydrocarbures peuvent migrer dans le terrain, portés par la nappe d’eau saumâtre qui est présente là et qui se déplace en permanence, explique Marc Millet, le directeur départemental de la DRIRE. Avec les vents, les nappes ont pu se cacher ailleurs. »

A la suite de tranchées creusées sur le terrain, la nappe phréatique est apparue chargée d’hydrocarbures.
Des pompages ont été mis en place pour éviter que le pétrole ne continue à se déverser dans le canal. Mais le trou de la fuite reste toujours invisible.

Chez BP France, on assure que le pipeline est « neutralisé du point de vue environnemental » et on prend l’entière responsabilité des coûts de dépollution.
En plus des opérations de nettoyage et de dépollution des eaux et des sols, la Préfecture du Languedoc-Roussillon a demandé « de rechercher les raisons techniques qui ont conduit au percement de la canalisation et [de définir] un programme d'action pour éviter le renouvellement d'un événement identique ».

Hélène Scheffer

Selon Marc Millet, les délais de dépollution et de remise en service des structures sont à l’heure actuelle « impossibles à fixer ».

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