
35 heures à la station de pilotage de Sète
La station de pilotage a signé le 10 janvier son accord d'entreprise pour le passage aux 35 heures. Une signature avec effet rétroactif, puisque « l'accord particulier sur l'organisation du travail des marins de la station de pilotage de Sète » prend effet dès le premier janvier 2003. Un automne de négociations entre les 7 pilotes et les 4 marins, pour satisfaire les deux parties. « Il a fallu concilier les bonnes volontés et trouver un terrain d'entente, explique Philippe Boulanger, le président de la station. On est une micro- structure, à un moment, on est condamnés à s'entendre. » « Le protocole satisfait entièrement les marins », acquiesce Lilian Torrès, représentant FO, syndicat bien implanté sur le port de Sète, et revendiquant 99% des inscrits maritimes dans les stations de pilotages du Languedoc-Roussillon. Si on admet de part et d'autres que les discussions ont parfois traîné en longueur (sans accord de branche, la réglementation a paru particulièrement rébarbative à certains), on ajoute que malgré des intérêts divergents, les interlocuteurs ont toujours fait preuve de respect réciproque. La difficulté de l'application des RTT a été le passage aux 35 heures sans création de poste, le trafic actuel de Sète ne permettant pas d'embaucher. La station reste donc avec quatre marins, mais le schéma maintenant est de trois capitaines de vedettes, et un à terre pour la maintenance et l'entretien, avec des horaires de « terrien ». Les quarts et les astreintes ont donné lieu à de longues discussions. Travail en matinée, en soirée, astreinte, astreinte de renfort, jours de congés, jours chômés, entretien, primes. tout est précisé. « On a augmenté certaines primes, par contre on a marqué les astreintes de façon plus importante. On a éclairci le sujet, c'est le mérite des 35 heures » se félicite un des pilotes. « Cet accord s'inscrit dans un esprit de souplesse et de disponibilité. répondant à une activité variable et aléatoire » précise l'accord en préambule. Une activité du port dont s'inquiète le président de la station : « la situation est très difficile. Le chiffre fatidique des mille navires a été franchi à la baisse l'an dernier. Il faut faire un audit, une véritable analyse économique du port de Sète. Il faut qu'on se donne les moyens de redémarrer et faire un électrochoc auprès des décideurs. Il y a une incurie à traiter les problèmes et je ne crois pas à l'exception sétoise pour les questions portuaires. » Hélène Sheffer |
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