
| Les pêcheurs basques à l’assaut du fioul du « Prestige » En 48 heures, la flottille de pêche luzienne a réussi à ramasser en mer plus de 100 tonnes de fioul du Prestige à la main. Un ramassage fastidieux à l’aide d’épuisettes et d’huile de coude qui aura pour effet immédiat d’éviter de trop importants échouages sur les plages mais aussi de transformer les bateaux basques en de véritables cloaques puants. Les pêcheurs de la côte basque ont prouvé qu’à l’instar de leurs collègues du Sud ils savaient se retrousser les manches, dommage que l’intendance ait du mal à suivre. ![]() 8 heures du matin, les premiers bateaux ont terminé d’installer des conteneurs en bois récupérés d’anciens bacs à thon. A l’intérieur des sacs en toile sont placés comme on peut, l’improvisation est de mise. A l’aide de films en plastique, les marins protègent du mieux possible, les bateaux qui vont aller au contact du fioul. A peine sortis de la baie, à bord de l’Esperantza II de Richard Ubéra, que l’on aperçoit le reste de la flottille dispersée entre Bidart et Hendaye. Des nappes sont rapidement repérées et le système des pêcheurs galiciens mis en œuvre. Il s’agit d’épuisettes en acier avec lesquelles on ramasse à la force des bras, les nappes de fioul. Un travail fastidieux que les pêcheurs mènent sans relâche durant toute la journée. Les cuves se remplissent au même rythme que les bateaux et les hommes se salissent. Un désastre pour les bateaux qui finissent dans un étant lamentable. Du goudron se glisse par tout, emmené par les bottes, les gants, les pelles et autres conteneurs souillés. Le quai de saint jean de Luz est également sans dessus dessous, le public gêne les opérations de grutage, des barrières sont mises en place pour écarter les curieux. Bilan des journées de travail : Des tonnes et des tonnes de fioul ramassé, des tonnes de fatigue accumulée et un sentiment d’écoeurement à la vue de la côte qui subit les attaques du fioul. Les pêcheurs des deux côtés de la frontière ont travaillé sans relâche, des chalutiers vendéens et basques se sont joint à eux pour cette opération, sans doute la plus efficace depuis des semaines. Reste une inconnue : que va faire le gouvernement espagnol de l’épave du Prestige et de ses 50.000 tonnes de fioul qu’elle contient ? José Arocena. Reportage Photo. |
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