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Viabilité de la (nouvelle) liaison Sète/Baléares et sérieux des organisateurs ?
Malgré une première annonce officielle en septembre, beaucoup d’interlocuteurs restaient sceptiques sur le projet Euromer. C’est donc pour affirmer leur présence et lever les derniers doutes, que le 5 décembre, Gabriele Cacace, directeur général de la compagnie italienne Medmar*(1), est venu à Montpellier dans les locaux de Philippe Sala, son agent pour l’Europe. « Contrairement à ce que j’ai pu entendre ici ou là, notre premier voyage se fera bien le 7 mars. D’ailleurs, le bateau est déjà presque plein», martèle Philippe Sala, le directeur général d’Euromer, « agence maritime et de voyages ». L’armateur napolitain tient lui aussi à rassurer : en dépit des échecs passés (Transmediterranea fin 80 et Baléares Express en 2000), la ligne Sète-Palma de Majorque va bien (ré)ouvrir au printemps, sur un rythme de trois rotations/semaine pendant toute l’année. Avec des coûts d’exploitation estimés à 3,5 millions FF (500 000 €) / mois, « à partir de 300 passagers/voyage, on couvre nos frais, estime Philippe Sala. On espère équilibrer dès la deuxième année ». Medmar, qui connaît une très forte progression sur le trafic inter-îles italiennes (Capri, Ischia) dit pouvoir supporter la charge de façon temporaire. D’ailleurs Gabriele Cacace s’est engagé jusqu’à la fin 2003 : « même si un seul passager a retenu, nous ferons le voyage ». Les premiers passages se feront à bord du Donatella d’Abundo, sous pavillon italien (133 mètres, 750 couchettes, 300 véhicules). Puis, dès juin, sous pavillon de Madère, avec le Julia D’Abundo – St Clair, actuellement en rénovation (l’ex-Quiberon de Brittany Ferries, 129 mètres, capacités proches). Lorsqu’on mentionne l’âge des bateaux - 25 ans en moyenne- Philippe Sala répond confort : « Il y aura tous les services à bord : restaurants, boutiques, casino, attractions… Pourquoi faire la traversée avec un bateau rapide ? Pour arriver à 6 heures du matin quand tout est fermé?». Les mini-croisières partiront donc de Sète à 20 heures pour une arrivée à Palma à 10 heures. C’est sur cette expérience marketing que compte Philippe Sala pour réussir : « nous avons un réseau de 1500 correspondants en France. Nous pouvons aussi vendre des séjours à l’hôtel pour 300 ou 400 personnes». Tarif promotionnel (premier prix : 72€ l’aller-retour), forfaits inter-îles (des accords ont été passés avec les compagnies locales Iscomar et Balearias), partenariats avec les tours operators et autres organisateurs d’événements, ainsi qu’une importante campagne de pub (150 000€ d’affiches et brochures) devraient assurer le succès de la ligne. Pour le printemps, Euromer annonce déjà 150 réservations fermes par semaine. Autres méthodes pour la SNCM. A l’occasion de la visite de Dominique Bussereau à Sète, la compagnie marseillaise a dévoilé son intérêt pour la destination et les 40 000 voitures qui embarquent à Barcelone chaque été. Estimant que « la liaison ne peut pas se permettre un nouvel échec », Jean-Loup Bertret, délégué général aux développements, vient de lancer une étude de faisabilité *(2). Pour l’instant, le projet s’oriente vers une unité mixte passagers/fret (type navire europax, ou un ferry de 500 passagers et 1000 mètres de role). Avec, à l’année, deux rotations hebdomadaires vers les Baléares et une vers Oran, car « le trafic passager Baléares est trop saisonnier et n’est pas suffisant pour atteindre l’équilibre financier ». Une ligne qui rentrerait alors dans le cadre du redéploiement actuel de la compagnie sur le Maghreb (depuis juin 2001, la compagnie opère en partenariat sur la liaison Alméria - Espagne/Ghazouet -Algérie). Mais malgré les « demandes pressantes faites par les autorités algériennes pour une réouverture de ligne, la SNCM préfère une approche prudente et structurée ». Et Jean-Loup Bertret prévient : la SNCM ne s’engagera que si toutes les conditions sont réunies : trouver le bateau ad hoc, avoir les aides, mais aussi l’implication de « tous les partenaires de la chaîne dans une pré-commercialisation, avec des potentialités de chargement réel. Il est encore trop tôt pour annoncer quelque chose de précis. Nous attendons les résultats de l’étude. Et de toutes façons, on attend de voir comment ça va tourner pour Euromer, car il n’y pas de place pour deux ». (1) Medmar/Linee Lauro est une compagnie basée à Naples. Elle effectue principalement des rotations sur l’île d’Ischia, la Corse, la Sardaigne et la Tunisie (2)* étude faite en partenariat avec l’ADEME, la direction régionale de l’équipement. Montant global: 100 000 € Hélène Sheffer. |
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