
| Le vraquier « Konstantinos » échappe de peu à la catastrophe. Pendant 1h30 mardi 21 janvier, un cargo de 140m a risqué de sombrer dans les passes du port de Bayonne par gros temps. Grâce au savoir faire du pilotage de Bayonne et en particulier à Bertrand Moutard, le pilote qui se trouvait à bord, le pire a été évité de justesse. ![]() Vendredi 17 janvier, le Konstantinos rentre à Bayonne avec une cargaison de bois en provenance d’Afrique. A son bord, 18 marins philippins, le commandant, chef mécanicien et cuisinier grecs et 4 passagers clandestins africains. Ces derniers sont restés à Bayonne ou deux d’entre eux ont été laissés en liberté et les deux autres en passe de prendre un avion pour retourner chez eux. Lundi matin, le Konstantinos,
une fois le problème des clandestins réglé, embarque le pilote Bertrand Moutard sur le quai St Bernard de Bayonne, le bateau chargé
à un tiers doit se rendre en Irlande.Le moteur est clair, le cargo s’engage sur l’Adour et remonte direction de l’embouchure. Arrivé à la hauteur de la tour des signaux, c’est la panne de régulateur qui cale le moteur, il est 9h. Immédiatement, les pilotes et le personnel de la tour mettent en place un dispositif afin de tenter d’éviter une catastrophe si le bateau coulait dans les passes. 9h10, malgré l’aide de la pilotine de gros temps qui fait des merveilles dans la mer et des creux de 6 mètres, le Konstantinos touche la digue nord de Bayonne ce qui lui provoque trois voies d’eau. Le vraquier se trouve dans une position délicate, dans le chenal, marée descendante, avec un vent fort qui creuse une houle impressionnante qui malmène le cargo d’un bord sur l’autre avec des embardées mesurées à 37° par bord. Le remorqueur Aturri de 30 Tonnes de traction prend une remorque qui casse. Une fuite d’huile sur le système hydraulique oblige le remorqueur à rebrousser chemin pour réparer.
Pendant ce temps, l’Aquitaine Explorer supply basé à Bayonne, qui peut tirer 40 à 50 tonnes dans l’axe démarre pour porter assistance.
Une panne moteur l’immobilise avant même d’intervenir.Les deux moyens de remorquage étant hors service, c’est la pilotine de gros temps Arthy pilotée par Pierre Trocq et Jean Pierre Darrort qui fait office de pousseur sous le commandement par VHF de Bertrand Moutard qui depuis l’aileron tribord parvient à dégager la coque des cailloux en finesse. « On a eu de la chance, les voies d’eau dans le pic avant, le double fond avant et la cale N°1 n’ont pas touché les cuves de carburant situées à l’arrière et on a pu se laisser glisser en s’aidant du courant ». A 10h35 la machine repart alors que le Konstantinos s’est dangereusement approché de la côte et menace de s’échouer. « On avait préparé le mouillage, on dérivait vers le sud et si le moteur ne s’était pas remis en marche nous allions mouiller la pioche avec 6 maillons des que le rayon d’évitage serait suffisant mais c’était chaud » reconnaît Bertrand Moutard soulagé par le bruit du Dièsel. Un hélicoptère militaire est envoyé sur zone pour éventuellement évacuer le personnel du bord qui a capelé les gilets de sauvetage et panique passablement. Peu à peu, le konstantinos parvient a mettre en avant, l’hélice tourne, souvent dans le vide, handicapé par deux voies d’eau sur l’avant qui lui font remonter l'arrière. 11h15, le Konstantinos est sorti d’affaires, il parvient à faire route et le port de Bayonne reste ouvert. Reste à sauver le bateau qui fait eau sérieusement. Des pompes sont hélitreuillées à bord, un second pilote Georges Strullu, spécialiste en manœuvres et en matière de ballastages monte à bord du Konstantinos pour renforcer le premier pilote. Le cargo fait route vers Fontarrabie en Espagne mais voit son accès interdit, puis vers Pasajes en pensant pouvoir réparer les voies
d’eau.Un remorqueur du port, le Facal 18 vient porter son aide mais le commandant du Konstantinos refuse de prendre la remorque. Mardi soir, le cargo chypriote mouille devant Pasajes et les deux pilotes de Bayonne pensent pouvoir descendre, leur mission étant terminée. C’est sans compter avec la Préfecture Maritime de Brest qui intime l’ordre aux deux pilotes de Bayonne de rester à bord et de poursuivre la route vers Bilbao. Pasajes ne pouvait pas accueillir des navires de plus de 120 mètres en avarie, dans leurs passes par mauvais temps. Du coup, toujours sans prendre de remorque alors qu’une unité de Bilbao le Ibaizabal II a été dépêchée surplace et que le remorquage était gratuit pour l’occasion, le Konstantinos fait route à l’ouest, contre la mer et le vent à toute petite vitesse. « Le commandant refusait absolument l’aide du remorqueur, il n’y a rien eu à faire ». A 23h il se trouve à 5 nautiques par le travers de Saint Sébastien, à 8 heures mercredi il double le cap Machichaco et à 11h30 avec une gîte prononcée sur tribord, il rentre en rade de Bilbao. « La gîte nous permettait d’offrir le flanc à la mer et de progresser en sécurité ». A Bilbao, le Konstantinos a de nouveau refusé le remorquage portuaire pour rentrer à l’abri et à été « puni » quelques heures au mouillage dans la baie le temps d'une inspection.Le Konstantinos a fini par prendre place à quai
Les deux pilotes débarqués par leurs homologues basques ont regagné le port de Bayonne pour reprendre leur service.
Une opération qui se termine bien grâce au professionnalisme et au sang froid de l’équipe de la station de pilotage de l’Adour.José Arocena. Reportage photo. |
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