
| Naufrage du Ferry Le Joola, plus de 970 victimes au sud du Sénégal. Une fois de plus c'est un ferry ro-ro qui sombre, emportant des centaines de victimes, prisonnières des tôles, cabines et autres véhicules. Cette catastrophe maritime pour le moment inexpliquée, semble avoir pour origine un coup de vent fort. Pour autant le bateau en avait subi d'autres sans craindre le moins du monde pour sa sécurité. Construit en 1990 pour le ministère de l'équipement du Sénégal, Le Joola n'était pas, loin s'en faut, le ferry le plus dangereux qui navigue en Afrique, malgré tout ce que l'on pourra dire.
Le Joola construit en 1990 en Allemagne sous classification du Bureau Véritas par le chantier Schiffswerft Germersheim
est un ferry côtier de taille moyenne avec 79,50m de long, 12,50 de large et 3,10 mètres de tirant d'eau. Comme tous ces ferry, le faible tirant d'eau ne permet pas au bateau de trop gîter sans prendre le risque de se retourner, ce qui est arrivé. Lors de sa construction, il était prévu pour un transport maximum de 536 passagers aux quels s'ajoutent 44 membres d'équipage ce qui fait un total de 580 personnes. Au moment de l'accident le navire transportait 1034 personnes sans compter celles montées clandestinement comme à chaque rotation entre la Casamance et Dakar. Le Joola transportait au moins 454 personnes en trop.
Lorsqu'on sait que chaque passager transporte divers ballots, nourriture et autres pièces de tissus, pour des poids très importants
, les 454 personnes en trop représentent au moins 90 tonnes.Un poids très relatif s'il est placé dans les fonds du bateau, mais assez imposant s'il l'est dans les hauts. De plus, les militaires sénégalais qui gèrent les accès au navire, ont l'habitude d'accepter un peu n'importe quelle cargaison à condition que le bakchich suive. Des témoignages divers, corroborent cet état de fait. C'est ainsi que les véhicules embarqués dépassent toujours et de très loin, les poids admis. Un ripage de la cargaison a pu contribuer au chavirage. Au bout du compte Le Joola devenait un bateau surchargé, naviguant lors de l'accident, entre la Casamance et la capitale du Sénégal, en côtier. Les vents forts et la pluie qui se sont abattus lors de l'accident semblent avoir déstabilisé le ferry qui s'est retrouvé en travers de la houle avec une motricité réduite. Peut être une panne moteur? Pourtant les deux moteurs d'origine, des Man de 2 x 1200 kW avaient subi un contrôle récent lors du carénage qui avait immobilisé le ro-ro durant près d'un an. un des deux moteurs principaux avait été remis en état, on ne dispose pas d'expertise sur l'état des machines. Le navire avait repris la mer le 10 septembre dernier après cette remise à neuf. Près de 1000 passagers, parmi lesquels un nombre indéterminé d'étrangers, étaient encore portés disparus, samedi 28 septembre, après le naufrage, dans la nuit de jeudi à vendredi, au large de la Gambie. 64 rescapés ont été comptabilisés. Le Joola reliait la Casamance, région méridionale du Sénégal, à Dakar, lorsqu'il a sombré. Un plan général de secours a été déclenché par les autorités, qui ont mis en alerte les navires - militaires ou civils - susceptibles de porter secours aux rescapés et les hôpitaux pouvant être sollicités pour accueillir les blessés. Les forces françaises basées à Dakar ont participé aux secours. Ce navire est perçu comme un élément essentiel au désenclavement
de la Casamance, région méridionale du Sénégal isolée entre la Gambie et la Guinée-Bissau, et théâtre depuis près de vingt ans d'une rébellion indépendantiste. Lorsque le navire avait repris son service, les ministres des transports et de la défense étaient montés à bord, de même que plusieurs journalistes sénégalais conviés à couvrir l'événement. Le gouvernement sénégalais a décrété un deuil national de trois jours. Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) impute au gouvernement du Sénégal la responsabilité de la catastrophe qui s'est produite au large des cotes gambiennes. Ces accusations sont contenues dans un communiqué remis à la presse vendredi soir à Ziguinchor, la capitale de la région sud du Sénégal, et signé par Sidy Badji, un des principaux dirigeants du mouvement indépendantiste. "Le MFDC vient d'apprendre avec une très vive consternation la mort de centaines de personnes, en majorité casamançaises, à la suite du naufrage dans l'Océan atlantique, le 26 septembre 2002..." indique le communiqué. "Le MFDC s'incline pieusement devant les dépouilles de ces victimes de ce qui ressemble à un massacre organisé et planifié quand il pense qu'une telle catastrophe pourrait être évitée", poursuit le mouvement indépendantiste. Sidy Badji indique que son mouvement impute la responsabilité totale et entière de ce drame au gouvernement de la république du Sénégal qui, selon lui, "a délibérément mis en marche avec beaucoup de légèreté le bateau, malgré son très mauvais état". José Arocena. |
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