
Le cargo Edoil retenu à Sete depuis le 3 février. Arrivé le 3 février à Sète, la situation de l’Edoil, un cargo de 27 ans battant pavillon des îles Tonga, s’enlise. Retenu depuis bientôt trois semaines dans le bassin Orsetti par le centre de sécurité, le bateau a peu de chances d’appareiller rapidement : depuis lundi 17, les marins refusent de travailler. « Les matelots se sont mis en grève, mais tout le monde sur le bateau se plaint », dit Yves Raynaud, représentant d’ITF. Composé de quatre matelots et d’un officier pakistanais et de deux Grecs (le commandant et le chef mécanicien), l’équipage réclame les arriérés de salaires impayés, certains depuis sept mois.Techniquement, le navire n’est pas en règle non plus. L’Edoil a été arrêté pour de nombreux manquements : défauts de documents administratifs (brevets des officiers), cartes absentes, embarcations de sauvetage périmées, technique aléatoire (pompes, alarme CO2, moyens météo…). Mais aussi, et c’est ce qui a motivé l’arrêt prolongé, une société de classification inconnue (MBS en Grèce), une pompe à incendie et un groupe électrogène de secours en panne. Depuis, l’armateur a fait parvenir un nouveau groupe électrogène et changé de société de classification. Mais celle-ci n’est pas plus connue (Alpha Register Shipping, toujours domiciliée en Grèce). " Dans cette affaire, on se noie dans la dilution des sociétés impliquées", avoue Jean-François Dréan, responsable du centre de sécurité. L’armateur est grec (Carnival entreprise, au Pyrrhée), mais l’affreteur serait suisse. Malgré les efforts de l’armement pour réparer, l’état du bateau laisse fortement à désirer, et la liste des avaries pourrait encore s’allonger. Expérience oblige, après les séjours des différents cargos poubelles que le Sète a connu (Florenz en 2001, Star 1 en 2002…) les sétois se sont émus de cette immobilisation. D’autant que le navire est inscrit sur la blacklist de l’Europe*. Mais Philippe Friboulet, le commandant du port, s’explique : « lorsque nous avons reçu l’avis d’arrivée, nous nous sommes renseignés, notamment sur le site internet EQUASIS qui répertorie les visites dans les ports, dans le cadre du mémorandum de Paris. Le navire avait déjà été retenu pour de menus problèmes en Italie d’où il arrive, mais rien de spécial. Il a déjà escalé deux ou trois fois à Sète en 2002, sans problème. Il est classé comme chimiquier sur la Lloyd list, mais il sert de bateau-citerne et est venu charger de l’huile alimentaire. Il ne représente aucun risque environnemental, ni pour le port ni pour la ville. Pourquoi l’armateur le maintient dans cette classification ? En tout cas, jamais l’autorité portuaire n’aurait accepté l’Edoil en tant que chimiquier ». Hélène Sheffer. |
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