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Réduction de rotation sur la ligne "Carib"
« La ligne Carib est revenue à son schéma initial ». C'est en ces termes lapidaires que Dany Rey, le directeur de la Compagnie générale maritime sétoise (CGMS), commente la fin de la rotation hebdomadaire entre les Antilles et Sète. Comme l'explique le représentant du pool d'armateurs (CGM CMA, Maersk, Nordana, Marfret), la ligne est retournée à Fos depuis fin janvier, port qu'elle avait quitté fin 2000. Dès son arrivée, le pool d'armateurs avait annoncé que l'escale était destinée à y être reprogrammée. Mais certains n'avaient pu s'empêcher d'y croire : « C'est sûr qu'on nous l'avait toujours dit. Mais quand ça dure, on espère que ça reste » avoue Armand Corti. Le transitaire avait réactualisé son terminal bananier pour l'occasion : un poste de branchements à quai pour des Reefers, et un hangar de dépotage de 600 m² équipé en froid positif. En 2001, 220 EVP de bananes ont été traités, et 360 boîtes en 2002. Une première en Méditerranée. « La banane, ce n'est rien par rapport à ce qu'on traitait par ailleurs, ajoute-t-il. Chaque semaine, c'était 3 ou 4 containeurs de bananes, et une cinquantaine de marchandises diverses. » Pendant ces deux années sétoises, l'escale a ainsi soutenu le trafic containeurs. Pour la CGMS, elle représentait à elle seule 8000 des 13 000 boites traitées en 2001, et 12 000 en 2002. Certes, le navire en provenance des Antilles va continuer à escaler tous les 15 jours (transit time : 12 jours), ce qui est malgré tout une amélioration par rapport aux dessertes antérieures. Jusqu'en 2000, les containeurs étaient transportés par feeder sur le hub d'Algesiras. Mais le toucher du navire se fait a priori après le port phocéen. Du coup, l'escale sétoise a un intérêt bien moindre. « On ne peut pas encore savoir quelles pertes réelles cela engendrera, temporise Dany Rey. C'est trop tôt pour savoir comment le partage se fera entre Fos et Sète». Les groupements bananiers lui donnent raison pour l'instant: la Sicabam, a déjà déchargé à Fos, alors que Banagua a maintenu son import sétois lors de l'escale du 16 février. « Mais ont-ils vraiment réalisé ?, s'inquiète Armand Corti. Je crois que les clients étaient satisfaits du service. Certains nous ont dit que nous étions plus attentifs à leurs demandes, plus réactifs que les grosses structures. Pour l'instant, on ne voit pas ce qui pourrait venir compenser cette perte. Peut-être de nouveaux moyens qui permettraient de fidéliser quelque chose ?». Le transitaire pense à un deuxième portique pour aider le vieux Liebherr à bout de souffle. Longtemps incertain, cet achat a été confirmé dans le cadre du développement du port 2002/2006. Il est donc très attendu par les opérateurs portuaires. Mais pour valider définitivement ce choix, l'état a demandé une étude supplémentaire, dont les conclusions devraient être rendues très prochainement. Hélène Sheffer |
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