10.12.2001.
Remorquage: Max Milh part à la retraite

Abeilles de Bayonne, Max Milh reste à quai.

Par Rémi Monnier
Sud Ouest.

Il est resté sur le pont jusqu'au dernier jour. Au gouvernail de son cher « Aturri », le remorqueur de la société des « Abeilles Bayonne » stationné au pied du pont Grenet, sur la rive gauche de l'Adour, à l'ombre de l'imposant « Razna ». Archétype du marin aux yeux bleus et au regard franc. Un capitaine à l'écoute, qui sait trancher le moment venu. Dans l'action, il faut choisir.
   A 55 ans, âge d'une retraite bien méritée chez les marins, Max Milh tire sa révérence. En trois ans sur le port (il succédait en 1998 à Francis Caron, décédé accidentellement), il a su faire apprécier ou redouter son caractère trempé au fil d'une longue carrière de navigation. Huitième marin dans sa lignée familiale, ils'engage à 18 ans dans les sous-marins. Refusant de finir « volontaire commis d'office » pour armer le premier engin atomique, en 1971, il intègre le remorquage, à Bordeaux. Le matelot devient sous-officier, puis navigue en Méditerranée, à l'Union industrielle et maritime, pour revenir capitaine côtier à Bordeaux en 1982.
   Trois ans c'est peu. Mais le Bordelais sédentarisé à Ondres, marié et père de deux enfants, quatre fois grand-père, a su se faire des amis. Ils sont 140 invités à sa fête, à Bayonne. Et pas forcément en majorité du port !
   CONJONCTURE DIFFICILE
  Que pense le responsable d'exploitation Max Milh de son expérience sur la Côte basque ? « Ici, c'est pas terrible, le remorquage portuaire se casse la gueule à la vitesse grand V, dit-il sans détour. On fait à peu près 250 interventions par an. Cela vient du changement de flotte : les bateaux possèdent de plus en plus souvent des propulseurs d'étrave : une hélice transversale à l'avant, qui leur permet de virer sans l'aide d'un remorqueur... »
 Alors que les pilotes du port ont toujours en projet de monter leur propre société de remorquage, concurrentielle des Abeilles donc, Max Milh regrette aussi que son projet de collecte des déchets flottants sur l'Adour, mené il y a deux ans avec son ami Michel Botella, n'ait pas été retenu. « Au-delà de l'intérêt écologique, cela aurait permis de sédentariser à Bayonne le second remorqueur, le " Noirmoutier ", avec un équipage propre. C'est d'autant plus dommage qu'aujourd'hui, pour l'appel d'offres régional en cours qui concerne la Côte aquitaine, les projets retenus reprennent les idées que j'avais avancées... »
   Déçu mais pas aigri, Max. Car un Océan de temps libre s'ouvre désormais à lui. Et il va naviguer ! Pas sur l'eau, comme ils en avaient rêvé avec sa femme, dans leurs plus jeunes années : « A 60 ans, vivre sur un bateau, c'est trop dur physiquement ! » Mais dans sa « maison à roulettes » comme il dit. Un moyen de locomotion en phase avec sa passion : les arbres généalogiques. « J'ai acheté un logiciel. Pour ma femme, on devra aller de l'Espagne à la Pologne, et dans mon cas, du Portugal à la Norvège ! » Bon vent.
   


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