| Abeilles de Bayonne, Max Milh reste à
quai.
Par Rémi Monnier
Sud Ouest.
Il est resté sur le pont jusqu'au
dernier jour. Au gouvernail de son cher « Aturri », le remorqueur de
la société des « Abeilles Bayonne » stationné au pied du pont
Grenet, sur la rive gauche de l'Adour, à l'ombre de l'imposant « Razna
». Archétype du marin aux yeux bleus et au regard franc. Un capitaine
à l'écoute, qui sait trancher le moment venu. Dans l'action, il faut
choisir.
A 55 ans, âge d'une retraite bien méritée chez les
marins, Max Milh tire sa révérence. En trois ans sur le port (il succédait
en 1998 à Francis Caron, décédé accidentellement), il a su faire
apprécier ou redouter son caractère trempé au fil d'une longue carrière
de navigation. Huitième marin dans sa lignée familiale, ils'engage à
18 ans dans les sous-marins. Refusant de finir « volontaire commis
d'office » pour armer le premier engin atomique, en 1971, il intègre
le remorquage, à Bordeaux. Le matelot devient sous-officier, puis
navigue en Méditerranée, à l'Union industrielle et maritime, pour
revenir capitaine côtier à Bordeaux en 1982.
Trois ans c'est peu. Mais le Bordelais sédentarisé à
Ondres, marié et père de deux enfants, quatre fois grand-père, a su
se faire des amis. Ils sont 140 invités à sa fête, à Bayonne. Et pas
forcément en majorité du port !
CONJONCTURE DIFFICILE
Que pense le responsable d'exploitation Max Milh de son expérience sur
la Côte basque ? « Ici, c'est pas terrible, le remorquage portuaire
se casse la gueule à la vitesse grand V, dit-il sans détour. On
fait à peu près 250 interventions par an. Cela vient du changement de
flotte : les bateaux possèdent de plus en plus souvent des propulseurs
d'étrave : une hélice transversale à l'avant, qui leur permet de
virer sans l'aide d'un remorqueur... »
Alors que les pilotes du port ont toujours en projet de monter
leur propre société de remorquage, concurrentielle des Abeilles donc,
Max Milh regrette aussi que son projet de collecte des déchets
flottants sur l'Adour, mené il y a deux ans avec son ami Michel Botella,
n'ait pas été retenu. « Au-delà de l'intérêt écologique, cela
aurait permis de sédentariser à Bayonne le second remorqueur, le
" Noirmoutier ", avec un équipage propre. C'est d'autant plus
dommage qu'aujourd'hui, pour l'appel d'offres régional en cours qui
concerne la Côte aquitaine, les projets retenus reprennent les idées
que j'avais avancées... »
Déçu mais pas aigri, Max. Car un Océan de temps libre
s'ouvre désormais à lui. Et il va naviguer ! Pas sur l'eau, comme ils
en avaient rêvé avec sa femme, dans leurs plus jeunes années : « A
60 ans, vivre sur un bateau, c'est trop dur physiquement ! » Mais dans
sa « maison à roulettes » comme il dit. Un moyen de locomotion en
phase avec sa passion : les arbres généalogiques. « J'ai acheté
un logiciel. Pour ma femme, on devra aller de l'Espagne à la Pologne,
et dans mon cas, du Portugal à la Norvège ! » Bon vent.
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