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40 jours devant Bayonne pour un cargo chinois.
Le 4 octobre 1997, le YUNG LING fort de ses 176 mètres pointe
son étrave à quelques encablures de la bouée d'atterrissage Nord du port de Bayonne.
Vide de tout chargement, le cargo chinois qui arbore le pavillon communiste vient prendre
livraison de 22.000 tonnes d'acier. Après une traversée sans problèmes, le Commandant
et les 31 autres membres d'équipage, tous chinois, attendent avec impatience de mettre
pied à terre. Pour eux c'est la première fois qu'ils débarqueront au Pays basque. Il
fait chaud et au fond du golfe de Gascogne l'été n'en finit pas de durer. A bord on sait
qu'il faudra attendre un peu au large, que l'Aciérie de l'Atlantique fasse signe avant
d'embarquer un pilote et de rentrer charger les milliers de billettes d'acier. Le beau temps revenu, le conflit à terre est toujours vivace et l'équipage s'affaire. De temps à autre le commandant téléphone au consignataire pour prendre des nouvelles de l'Aciérie et commander un ravitaillement en eau douce qui sera acheminé par le remorqueur Pornichet. A bord chaque homme travaille comme s'ils naviguait, à la machine mais aussi à l'entretien classique du bateau qui est nickel. A la passerelle les quarts se suivent comme durant les traversées, la discipline est stricte. Ce n'est que le soir que les hommes hors quart peuvent "s'amuser". A force d'observer, les marins ont remarqué que les lumières du bord, une fois la nuit tombée, attiraient des calamars. Les chinois étant friands de ces céphalopodes, des lignes ont été fabriquées. Bricolées par les uns, sorties de placards par d'autres, la pêche s'est organisée sur le Yung Ling transformé pour l'occasion en un immense bateau de pêche au chipiron, nom local donné aux encornets. Les groupes électrogènes fournissent l'énergie nécessaire à l'alimentation des lampes, orientées vers les flancs du navire. Seul problème, la hauteur du plat-bord de plusieurs mètres ne facilite pas la remontée des encornets en question. Entre temps le Yung Ling est obligé d'attendre, impuissant, que le conflit trouve une solution, ce qui est intervenu le 1er novembre. L'armement, le Taurus Shiping Management de Hong Kong doit faire face à une perte importante estimée à 50.000F par jour. Son entrée dans le port de Bayonne est prévu pour le 10 novembre, soit 38 jours après son arrivée devant Bayonne. Le calcul est simple, le coût approche les 2 millions de Francs. Désormais il faudra patienter une bonne semaine pour charger les 22.000 tonnes de billettes avant de reprendre la mer et les acheminer à Inchon en Corée. José Arocena |
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