Naufrage du Carreira.
janvier 1996
"Difficile d'admettre que le "Carreira" à
coulé tant que l'on n'aura pas retrouvé quelques effets personnels du palangrier, un
morceau du radeau de sauvetage, des planches de cale, quelque signe qui puisse nous
prouver qu'il est parti par le fond". Les collegues de travail, marins et autres
armateurs du port de Pasajes ne croient plus que le Carreira va apparaitre dans les passes
du port comme par miracle. Cependant ils s'accrochent à un dernier espoir, un peu en
solidarité avec les familles des marins. "Il reste une petite chance, minime
certes mais qui existe tout de même, c'est la panne radio et moteur suivi par la dérive
et surtout que le navire serait passé entre les mailles du filet des services de
recherche." Dans la cofradia du port cela fait longtemps que l'affaire est
pliée. Tous ont admis que le "Carreira" est porté disparu corps et biens et
que les 10 hommes qui faisaient partie intégrante du port basque ne reverront plus le
quai de la cofradia de "San Pedro". Sur le quai cohabitent des navires divers
qui peuvent aller des grands chalutiers morutiers de 60 mètres au coques de noix de 18
mètres en bois, rongés par les années. Pourtanbt le "Carreira" est une unité
nouvelle génération, conçu et construit pour les mers dures. "Un canot en acier
qui avait fait ses preuves, sorti du chantier naval voici 5 ans et qui n'avait aucun
problème particulier" expliquent les responsables de la cofradia de San Pedro au
port de Pasajes. Jaime Tejedor le président de cette cofradia a pris sur lui cete
affaire, il connaît bien la mer pour y naviguer encore en tant que patron armateur d'un
thonier d'une trentaine de mètres. "Le Carreira est sorti du port le 3 janvier,
ils étaient 10 à bord comme d'habitude, l'équipage au complet pour une marée à la
palangre dans les eaux du sud Irlande qu'ils connaîssent bien." Comme toujours
le pdt de la cofradia est entré en contact radio le lendemain de son départ en mer au
cours d'une des nombreuses vacations radio qu'il effectue quotidiennement depuis la
cofradia. "Tout allait bien à bord, la mer était belle m'a dit José Perez Reiri
le patron qui faisait route nord". Le surlendemain le "Carreira" n'avit
pas pu être joint par B.L.U mais ce n'était pas grave car le 8 février un autre bateau
qui passait à vue s'est entretenu sur zone avec le "Carreira" par V.H.F. "Il
nous a fait dire par l'intermédiaire d'un collègue de Santander que sa radio B.L.U
était en panne, que la mer était forte mais qu'il allait bien" se souvient
Jaime Tejedor assis à son bureau, un dossier sur l'affaire posé devant lui. Reste
maintenant à règler les difficultés rencontrées par les familles, la cofradia est
solidiare financièrement et tente de mettre en place le dossier d'assurance quelque peu
bloqué tant que la preuve du naufrage ne sera pas apportée. "Il est possible que
le "Carreira" ait été coulé par un gros cargo qui ne s'en soit même pas
rendu compte vu la différence de tonnage, pour lui ce n'est qu'un paquet de mer de plus,
c'est une boite de chaussures écrasée par une voiture. C'est ce qui expliquerait que le
système de balise qui devrait se déclancher en cas de problème soit resté muet. Si le
"Carreira" est parti par le fond d'un coup, il est normal que l'on ait retrouvé
que sa bouée couronne le 18 janvier prés de Plymouth". Le port de Pasajes n'a
pas vécu pareil drame depuis plus de 36 ans.
José Arocena
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