Aquaculture Espagne: +31% en 1998.


315.477 tonnes en 1998 contre 239.562 en 1997, l'aquaculture espagnole avance doucement mais sûrement car elle offre de bonnes perspectives de rentabilité, associées à des conditions environnementales propices au développement de la plupart des espèces: 7.800 km² d'espace potentiel disponible, des températures appropriées et des conditions trophiques favorables. La production mytilicole se trouve toujours en tête avec 261.000 tonnes suivi de très loin par les truites et leurs 30.000 tonnes. C'est en valeurs que les autres espèces comme la truite et le turbot rattrapent celle des moules. Les 2000 tonnes de turbots et les 5000 tonnes de dorades ne sont pas à négliger. Le secteur représente 35.000 emplois directs et indirects en comptant les emplois à temps partiel et à plein temps.

L'Espagne est un pays de grande tradition dans le domaine de la consommation des produits de la pêche, l'un des pays en tête au niveau mondial. L'offre nationale provenant de la pêche espagnole ne parvient pas a satisfaire la demande, obligeant ces derniers à recourir à des importations de pays tiers. (voir papier sur la pêche) Le pourcentage des produits de la pêche importés par l'Espagne tourne autour des 47% avec plus de 1.000.000 de tonnes (un million) achetées à l'extérieur de ses frontières. Face à cette situation et devant le constat d'une pêche extractive sans perspectives de croissance, l'aquaculture se présente comme la seule solution pour atteindre ou du moins approcher l'auto suffisance alimentaire, dans le domaine des poissons et des crustacés. En 1984 à l'occasion de la conférence mondiale des Nations unies (FAO) sur le développement des pêches, le roi d'Espagne Juan Carlos déclarait déjà, "la nécessité de renforcer le développement de l'aquaculture, tant en mer que sur des eaux continentales" tout en reconnaissant qu'en Espagne "la production nationale est insuffisante pour fournir à la population les protéines animales nécessaires". Si l'on prend en compte que l'Espagne dispose de conditions climatiques et géographiques attrayantes, on comprend l'optimisme des responsables du secteur aquacole ibérique. Reste que les entreprises aquacoles sont souvent de petites unités n'atteignant pas les masses critiques nécessaires à leur stabilité financière ce qui ralentit le développement du secteur. En plus les banques ont tendance à refuser des prêts à l'installation argumentant sur les mauvaises expériences du passé. Comme ces dernières rechignent à considérer les terrains, installations et autres stocks comme garantie pour les prêts, cela ralentit considérablement les possibilités de d'implantation pour les nouveaux venus. Les professionnels réclament toujours que leur activité soit prise en compte par les assurances afin que les poissons vivants soient normalement assurés…

Bond en avant pour les moules.

Durant des années, la barre des 200.000 tonnes semblait être difficilement franchissable. En 1997 on s'y approchait avec 188.000 tonnes. Le dernier exercice en augmentation de 38% a permis de casser la barre aisément avec 261.000 tonnes. Cette augmentation est due à la structure même des Bateas situées en Galice.

Les rias en sont remplies, alignées avec soin, les bateas, viviers flottants émergent à peine à fleur d'eau. Véritable vivier à structure en bois sur flotteurs en acier stratifié, il supporte des cordes suspendues. Les dimensions maximales autorisées sont de 550 m2 hors tout, soit 500 m2 utiles, le vivier est fixé à un mouillage par corps mort. Un maximum de 500 cordes de 12 m de fond par batea. La moyenne de production par unité est 55 Tonnes/an. Les meilleurs emplacements se situent à l'extérieur de la ria, là ou le courant est le plus fort.

C'est en 1946 que les premières constructions sont implantées avec un développement accru durant les années 60. Ces dix dernières années des investissements ont permis de moderniser de forme importante les navires de travail, l'outillage et les bateas qui sont de plus en plus rationnelles. Ces investissements sont intervenus en même temps que se développaient de nouvelles formes de commercialisation.

Les 2000 producteurs galiciens qui sont les premiers producteurs espagnols mais aussi européens sont regroupés autour de 35 associations. Une OP (OPP18) reconnue par l'Union Européenne et un conseil régulateur qui réunit 1303 producteurs pour 2012 bateas et 26 entreprises de commercialisation, soit plus de 70% du poids de la mytiliculture  espagnole.

 


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