TAC anchois, consternation au Pays basque.
Au Pays basque la réduction du TAC
d’anchois est diversement accueillie. Globalement on se pose des questions sur
le bien fondé de cette mesure visant une espèce qui ne semble pas être la
plus en péril dans le golfe de Gascogne, les regards se tournent plutôt vers
le merlu mais c’est l’anchois qui en pâtit. « L’an 2000 sera
l’an zéro pour nous », c’est ce que craignent les matelots des
chalutiers pélagiques qui travaillaient encore un peu l’anchois au mois de
juin. « le peu de quotas que nous aurons sera mangé en deux temps
trois mouvements et une fois de plus nous serons les dindons de la farce ».
Joseph Iriarte armateur de l’Aquitaine, pélagique de Ciboure, est amer,
« Bruxelles ne tient pas compte du port de Saint jean de Luz, une fois
de plus ce sont les espagnols qui sont gagnants. On va être obligés de se
reconvertir mais on se demande vers quoi ? La décision de Bruxelles est très
grave pour nous, grave pour les turbalais mais surtout pour nos petits
bolincheurs qui ne vivent pratiquement que de l’anchois. Il faudrait
selon moi remettre tout à plat et repartir sur de bonnes bases. » Les
responsables font une analyse relativement proche de celle des matelots,
« Une telle décision est inadmissible, elle va à l’encontre de
l’exploitation des navires et du maintien des équipages à bord. Toute la
flottille qui est dirigée vers cette espèce va se retrouver le long du quai. »
affirme Henri Pivert le président du CLPM de Bayonne. Pour Pivert c’est la clé
de répartition des quotas qu’il faut revoir, « il faut à tout prix
changer la clé de répartition de 90/10 en faveur de l’Espagne, en 1998 les
espagnols ont pêché 14.000 tonnes, les français pratiquement autant grâce
aux échanges de quotas, la clé de répartition devrait être à parité ».
Après l’interdiction des filets maillants dérivants pour le germon, la réduction
du TAC d’anchois est ressentie comme une seconde victoire des espagnols contre
les français. « On se demande si nos politiques veulent qu’il y ait
une pêche nationale, on se pose des questions ».

Du côté espagnol c’est un autre son de
cloches. On regrette simplement que la réduction du TAC n’ait pas été
assortie de l’interdiction formelle d’échanger les 5000 tonnes avec le
Portugal. « La décisions de Bruxelles est incohérente car elle
ne permet pas vraiment la réduction des captures tant que les 5000 tonnes du
Portugal pourront être capturées dans le golfe » estime Iňaki
Gerenabarrena conseiller des pêches au gouvernement autonome basque qui se
demande s’il sera possible « de trouver un accord avec la flottille
française »
Pour sa part a Madrid, le ministre espagnol de l’agriculture et de la pêche Jesus Posada fait montre d’une méthode de calcul pour le moins originale et se félicite de la réduction du TAC qui n’est que « de 4% pour l’année 2000, ce qui me permet d’être très satisfait » a déclaré le ministre. Son calcul très approximatif tient déjà compte des 9000 tonnes que l’Espagne ne compte plus échanger à la France comme c’était le cas depuis 1992. Jesus Posada estime que « il était nécessaire de baisser le TAC d’anchois pour éviter une guerre entre pêcheurs français et espagnols » une logique que l’on a pour le moins, du mal à assimiler ! Pour sa part les écologistes d’Itsas Geroa regrettent la diminution du TAC, ils auraient préféré l’interdiction pure et simple du pélagique. Restent les chalutiers espagnols qui, en plus d’un quota de merlu et de lotte en baisse de 18% ne pourront plus bénéficier de l’échange anchois/merlu/lotte, sauf à faire fortement pression sur leur ministère de tutelle !
Droits
d'auteurs
Sommaire
[Pêche
professionnelle] [Navigation de commerce]
[l'actualité maritime] [Photo
de la semaine] [Produits de la Mer] [Dossiers techniques] [Archives] [Livres maritimes] [Petites
annonces] [Découverte des ports] [Histoires courtes] [Littoral]
[Recettes de cuisine] [Hors
maritime] [Artistes] [Liens
maritimes] [Moteurs de recherche].