Hellen Mac Arthur remporte la 7ème édition de la route du Rhum de manière superbe.

Ellen MacArthur sur Kingfisher a remporté ce samedi 23 novembre la Route du Rhum 2002 dans la classe des Monocoques 60 pieds.

Conférence de presse

Ellen, partie le samedi 9 novembre à 13h45 heures françaises (soit 12h45 TU) de Saint-Malo, a coupé la ligne d’arrivée ce samedi 23 novembre à 02H 16’ 47’’ TU, soit 22H 16’ 47’’ heures locales.
En heures françaises, Ellen MacArthur arrive donc ce samedi 23 novembre à 03 h 16’ 47’’
Elle améliore donc le record de 2 jours 05 heures 52 minutes 58 secondes.
Vitesse moyenne sur l’eau : 12,19 noeudsB Vitesse moyenne sur l’orthodromie : 10,9 noeuds
Ellen, en 13 jours et demi, explose tout comme Mike Golding (Ecover), le temps de référence de l'épreuve jusque là détenu par Yves Parlier. En 1994, le monocoque de 60 pieds Cacolac d'Aquitaine avait mis 15 jours, 19 heures et 23 minutes, soit une vitesse moyenne de 9,34 noeuds.

Lors des dernières vacations radio, les éloges des marins en mer fusent de toutes parts. Ellen, qui a eu 26 ans au mois de juillet dernier, va rajouter une ligne de plus à un palmarès déjà impressionnant. Avec cette victoire toute proche dans la Route du Rhum 2002, une nouvelle page de sa jeune carrière va se tourner. Sa prochaine aventure se nomme le « Trophée Jules Verne » et son monocoque Kingfisher va se transformer en catamaran géant. Ellen n'a pas fini de nous surprendre.

« Ellen a un bon bateau, elle a un tempérament de fonceuse » lâche Michel Desjoyeaux (Géant) depuis son poste de barre. Le vainqueur du Vendée Globe ne peut guère être surpris par la performance de la jeune Anglaise qui lui avait donné du fil à retordre tout au long de ce tour du monde.
A la régulière, Ellen a mis ses adversaires K.O. Roland Jourdain (Sill) a été le premier à lâcher prise dans la journée du mercredi 12 novembre, alors que toute la flotte navigue en pleine tempête. Cinq jours plus tard, soit le dimanche 17 novembre, Ellen s'empare définitivement de la première place, reléguant dans son sillage son compatriote Mike Golding.
« Je me suis parfois retrouvée rivée à la barre, raconte Ellen. Impossible d'aller affaler le spinnaker tellement il y avait de vent. Là, le stress est énorme ».

Actuellement à la 6ème place au classement monocoque IMOCA, Didier Munduteguy (60° Sud) est heureux lui aussi de la performance de la jeune navigatrice. « A matériel équivalent, les femmes en haute mer sont les égales des hommes. Nous pratiquons un sport mixte, c'est formidable ».

Si Ellen et tous ses concurrents directs ont été à fond pendant toute cette Route du Rhum, cela n'a pas été le cas dans la catégorie des multicoques. Les faits de course ont radicalement changé la donne et ont mis en valeur la fameuse formule selon laquelle « il faut d'abord arriver de l'autre côté » .

Michel Desjoyeaux (Géant) explique d'ailleurs qu'il n'effectue pas actuellement « des chronos exceptionnels » et qu'il ne fera pas « des man½uvres dignes d'un triangle olympique » lors du parcours côtier qui conclue cette Route du Rhum. Ce discours modeste ne doit cependant pas cacher l'énorme performance de Michel.
En marin accompli, il est arrivé à se faufiler entre tous les pièges alors qu'il effectue sa première transat en solitaire sur un multicoque. Il est bel et bien en passe de succéder à Laurent Bourgnon au palmarès.

Les trois multicoques encore en course renouent en effet avec le plaisir de la glisse depuis quelques jours, bien poussés par l'alizé. Michel Desjoyeaux (Géant) se voit en Guadeloupe demain soir samedi. Il faut donc s'attendre à une nouvelle arrivée de nuit. Son avance actuelle de 200 milles lui permet de gérer en toute sérénité les derniers milles à parcourir.

En revanche, la deuxième place est loin d'être acquise et tout peut se jouer dans le finish entre Marc Guillemot (Biscuits La Trinitaine-Ethypharm) et Lalou Roucayrol (Banque Populaire). A 16 heures, les deux skippers ne sont séparés que de 89 milles. Ils sont attendus dans la journée de dimanche.





: EXTRAITS CONFERENCE DE PRESSE TENUE CE SAMEDI 23 NOVEMBRE A POINTE-A-PITRE

Course… « Cela a été une course magnifique, géniale, top… Et s’il fallait repartir demain je repartirais tout de suite ! »

Arrivée… « C’est une arrivée où j’ai eu beaucoup d’émotions. C’était complètement extraordinaire ! J’ai eu un choc d’une telle force que l’on ne peut imaginer. C’était énorme et je n’en trouve pas mes mots. »

Premier appel… « Juste après avoir franchi la ligne d’arrivée, j’ai téléphoné à mes parents. C’était en pleine nuit pour eux… »

Victoire anglaise ? « Je ne vois aucune différence entre les Français et les Anglais car je me sens européenne avant tout. Et quand tu es en course, tout le monde est pareil et il faut battre l’autre quelque soit sa nationalité ! »

Bateau… « Le bateau a été super, on a bien rigolé ensemble. Mon souvenir le plus fort, c’est le plaisir que j’ai eu à bord ! J’ai eu du mal à le quitter… »

Mer terre… « Une fois que tu arrives ta vie change d’un seul coup ! Tu as un objectif depuis deux semaines et puis d’un coup il n’est plus là… En fait dès que tu franchis la ligne d’arrivée, ta vie est différente, ta vie elle part… »

Femmes… « Je n’avais jamais entendu des femmes crier comme cela à l’arrivée. Mais cette victoire, elle est faite pour tout le monde. Et si cela peut aider les gens c’est bien et si c’est pour les femmes, c’est génial ! »

Difficulté… « Cette course a été vraiment dure mais je voudrais vraiment partager cette victoire avec toute l'équipe qui m'a aidée. Je n'ai jamais été seule... Ce résultat est un travail d'équipe, surtout pendant les longues heures passées à préparer le bateau. Il y a de la passion, de l’émotion, de tout… Et les gens qui suivent le projet ont passé des moments pas faciles… Je pense beaucoup à ceux qui sont derrière ! »

Mike… « Nous sommes rentrés dans la bagarre avec Mike comme des fous ! Nous avons fait une bataille d’empannages pour trouver le bon endroit où sortir de l’anticyclone. Il était facile de gagner des milles ou de les perdre en un seul empannage. Un coup c’était moi qui gagnais des milles, un autre coup c’était Mike. Et cela a été comme cela tout le temps ! »

Adrénaline… « Il y a eu une fois entre 25 et 28 nœuds pendant trois heures… Tu ne peux n’y affaler le spi, ni lâcher la barre. Je faisais des surfs à 22/23 nœuds, c’était énorme ! Le bateau était comme un dériveur. Et si j’avais mis un mauvais coup de barre c’était fini. Je l’ai fait une fois et le bateau s’est couché à 90°… C’était chaud mais je n’ai rien cassé ! »

Facile, pas facile… « Au près, c’est plus facile avec ce bateau. C’est au portant que l’on pousse et que les limites sont alors plus dures à trouver ! »

Casse… « J’ai déchiré un spi mais ce n’était pas grave parce que j’en avais trois à bord. J’ai cassé également une drisse de genaker dont j’ai refait le transfilage. J’ai connu un souci d’ordinateur qui plantait toutes les trois heures et j’ai eu une petite fuite d’hydraulique mais vraiment pas grave… »

Plus ou moins 24 heures… « Je n’ai pas trop suivi la course des multis car je ne recevais pas leurs positionnements. Je ne sais pas trop où ils sont... Maintenant on va voir quand va arriver Mich’Desj’ ! »

Physique… « Monter dans le mât, c’est stressant mais ce n’est pas dur. Comme j’avais un problème, je ne me posais pas de question, il fallait que je monte. Ce qui était vraiment dur c’était d’affaler et de hisser les voiles. D’affaler un spi pour envoyer un Code 5 puis te dire que cela ne marche pas et qu’il faut re-affaler pour hisser une autre voile, ça c’est dur ! »

Tempête… « Dans le Vendée Globe, je n’ai jamais eu une tempête comme cela ! Je suis restée attachée pendant deux jours. Je descendais même à l’intérieur du bateau attachée. Les vagues venaient de trois quart arrière et trois fois le bateau s’est fait prendre par une vague et s’est fait coucher… Cette tempête a été très très forte. Mais on sait que les monos sont plus costauds que les multis dans ces conditions-là. En plus, avec un mono, tu as toujours la possibilité d’abattre (ndlr : s’éloigner du sens du vent) et de ne pas faire route directe pour éviter de faire souffrir le bateau. Il y a eu des moments chauds mais tu as encore le choix ! »

Demain… « Dès la semaine prochaine, je vais maintenant naviguer sur les gros catamarans pour m’entraîner pour le Trophée Jules Verne que nous tenterons cet hiver ».

Philosophie… « Si dans la vie tu n’apprends rien, cela ne sert à rien de continuer ! »

Course… « Cela a été une course magnifique, géniale, top… Et s’il fallait repartir demain je repartirais tout de suite ! »

Arrivée… « C’est une arrivée où j’ai eu beaucoup d’émotions. C’était complètement extraordinaire ! J’ai eu un choc d’une telle force que l’on ne peut imaginer. C’était énorme et je n’en trouve pas mes mots. »

Premier appel… « Juste après avoir franchi la ligne d’arrivée, j’ai téléphoné à mes parents. C’était en pleine nuit pour eux… »

Victoire anglaise ? « Je ne vois aucune différence entre les Français et les Anglais car je me sens européenne avant tout. Et quand tu es en course, tout le monde est pareil et il faut battre l’autre quelque soit sa nationalité ! »

Bateau… « Le bateau a été super, on a bien rigolé ensemble. Mon souvenir le plus fort, c’est le plaisir que j’ai eu à bord ! J’ai eu du mal à le quitter… »

Mer terre… « Une fois que tu arrives ta vie change d’un seul coup ! Tu as un objectif depuis deux semaines et puis d’un coup il n’est plus là… En fait dès que tu franchis la ligne d’arrivée, ta vie est différente, ta vie elle part… »

Femmes… « Je n’avais jamais entendu des femmes crier comme cela à l’arrivée. Mais cette victoire, elle est faite pour tout le monde. Et si cela peut aider les gens c’est bien et si c’est pour les femmes, c’est génial ! »

Difficulté… « Cette course a été vraiment dure mais je voudrais vraiment partager cette victoire avec toute l'équipe qui m'a aidée. Je n'ai jamais été seule... Ce résultat est un travail d'équipe, surtout pendant les longues heures passées à préparer le bateau. Il y a de la passion, de l’émotion, de tout… Et les gens qui suivent le projet ont passé des moments pas faciles… Je pense beaucoup à ceux qui sont derrière ! »

Mike… « Nous sommes rentrés dans la bagarre avec Mike comme des fous ! Nous avons fait une bataille d’empannages pour trouver le bon endroit où sortir de l’anticyclone. Il était facile de gagner des milles ou de les perdre en un seul empannage. Un coup c’était moi qui gagnais des milles, un autre coup c’était Mike. Et cela a été comme cela tout le temps ! »

Adrénaline… « Il y a eu une fois entre 25 et 28 nœuds pendant trois heures… Tu ne peux n’y affaler le spi, ni lâcher la barre. Je faisais des surfs à 22/23 nœuds, c’était énorme ! Le bateau était comme un dériveur. Et si j’avais mis un mauvais coup de barre c’était fini. Je l’ai fait une fois et le bateau s’est couché à 90°… C’était chaud mais je n’ai rien cassé ! »

Facile, pas facile… « Au près, c’est plus facile avec ce bateau. C’est au portant que l’on pousse et que les limites sont alors plus dures à trouver ! »

Casse… « J’ai déchiré un spi mais ce n’était pas grave parce que j’en avais trois à bord. J’ai cassé également une drisse de genaker dont j’ai refait le transfilage. J’ai connu un souci d’ordinateur qui plantait toutes les trois heures et j’ai eu une petite fuite d’hydraulique mais vraiment pas grave… »

Plus ou moins 24 heures… « Je n’ai pas trop suivi la course des multis car je ne recevais pas leurs positionnements. Je ne sais pas trop où ils sont... Maintenant on va voir quand va arriver Mich’Desj’ ! »

Physique… « Monter dans le mât, c’est stressant mais ce n’est pas dur. Comme j’avais un problème, je ne me posais pas de question, il fallait que je monte. Ce qui était vraiment dur c’était d’affaler et de hisser les voiles. D’affaler un spi pour envoyer un Code 5 puis te dire que cela ne marche pas et qu’il faut re-affaler pour hisser une autre voile, ça c’est dur ! »

Tempête… « Dans le Vendée Globe, je n’ai jamais eu une tempête comme cela ! Je suis restée attachée pendant deux jours. Je descendais même à l’intérieur du bateau attachée. Les vagues venaient de trois quart arrière et trois fois le bateau s’est fait prendre par une vague et s’est fait coucher… Cette tempête a été très très forte. Mais on sait que les monos sont plus costauds que les multis dans ces conditions-là. En plus, avec un mono, tu as toujours la possibilité d’abattre (ndlr : s’éloigner du sens du vent) et de ne pas faire route directe pour éviter de faire souffrir le bateau. Il y a eu des moments chauds mais tu as encore le choix ! »

Demain… « Dès la semaine prochaine, je vais maintenant naviguer sur les gros catamarans pour m’entraîner pour le Trophée Jules Verne que nous tenterons cet hiver ».

Philosophie… « Si dans la vie tu n’apprends rien, cela ne sert à rien de continuer ! »


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