Au terme d’une étape où la vitesse aura régné sans partage, Eric Drouglazet (David Olivier) s’impose avec brio en arrivant ce matin à 5h00’42’’, remportant pour sa 9e participation à la Solitaire du Figaro avec Vitarmonyl. Près de 40 minutes derrière lui, Gildas Morvan (Cercle Vert) et Jérémie Beyou (Volkswagen.fr) s’emparent respectivement de la seconde et troisième place de l’étape, moins d’une minute séparant les deux skippers.

 

Pourtant, en début de soirée, rien n’était joué. De conditions météo délicates en petits tracas matériels dus au passage du grain hier, les solitaires « en bavaient vraiment », selon l’expression de Denis Horeau, Directeur de Course. La pétole a joué un moment avec des nerfs déjà usés, puis le vent s’est remis à souffler aux environs de 20 heures, basculant comme prévu au secteur ouest. Le peloton de tête, toujours mené par Eric Drouglazet, affichait une vitesse de l’ordre de 10 nœuds en fin de soirée… En embuscade, Charles Caudrelier Benac (Latitude Atlantique Match Racing M.R. Net) et Gildas Morvan (Cercle Vert) étaient tous deux à moins de 3 milles derrière Droug’.

 

Victoire à domicile
« Comité de course de David Olivier – je suis à moins d’un mille de la ligne d’arrivée ». L’appel a retenti à 4 heures 49 sur la VHF, alors que le ciel était encore noir au-dessus de Hendaye, s’apprêtant à accueillir l’enfant du pays en vainqueur. Franchissant la ligne à 5 h 00 et 42’’ Eric Drouglazet s’est emparé de la victoire finale après n’avoir dormi que 4 heures sur les 87 heures et 42 secondes de l’étape. « C’est le bonheur total, a-t-il déclaré au moment de s’amarrer au ponton. Je n’ai pas eu de pression de mes adversaires, j’ai passé la ligne tout seul. En plus, j’arrive à Hendaye, chez moi… Le Figaro et moi, c’est une mauvaise histoire d’amour depuis des années, c’est la course qui me faisait rêver quand j’étais môme. Mais ce n’est que de la douleur, de la dette de sommeil, de la malbouffe… Je me suis fait violence tout le temps pour ne pas avoir à regretter si je n’avais pas gagné ». Fatigué mais heureux, Eric a avoué avoir besoin de quelques heures pour « réaliser vraiment » ce qui lui arrivait.

 

Hommage au vainqueur
Second de l’étape, Gildas Morvan a lancé au vainqueur « C’est toi qui a gagné, alors ? », avant de rendre hommage à son talent. « ça aura été une étape fabuleuse, qui restera dans les annales. Eric a super bien navigué, il gagne avec beauté – c’est une belle victoire et il la mérite. Il a toujours été bien dans le match. Je pense que je vais encore faire 3e au général, j’en ai un peu marre… J’ai fait une grosse erreur en restant à la côte au départ, et je suis ensuite remonté bateau par bateau ». Jérémie Beyou, parvenu au ponton quelques minutes plus tard, est immédiatement descendu de son voilier pour saluer ses adversaires. « Il n’y avait rien à faire, a-t-il déclaré. Mais je suis content que ça se termine… Sur des étapes comme ça, il ne faut pas regarder le GPS, sinon tu te fais peur en voyant qu’il te reste encore 2 jours ! S’il y avait eu 100 milles de plus, je les aurais faits, mais bon, je suis heureux d’avoir fini ». Et alors que le trio de tête commençait à refaire la course au détour d’une conversation, la VHF annonçait l’arrivée du reste de la flotte. Un ballet d’arrivées qui risque de se prolonger dans la journée.

 

Le chiffre du jour

Avec 649 milles parcourus en 87 heures et 42 secondes, Eric Drouglazet signe une très belle moyenne de 7,46 nœuds sur l’étape.

Photo: CB/Windreport'

Source  lefigaro.com


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