Sebastien Josse remporte la 2e étape.

 La ligne était à portée d’étrave, la libération pour les premiers arrivés dans la baie de Saint-Quay, se comptait en centaines de mètres à peine… Et pourtant, Gildas, Jérémie et Yann, à la merci d’une marée descendante, irrémédiablement encalminés, assistaient impuissants à la victoire de Sébastien Josse (Créaline). Le soleil rougeoyait encore lorsque Sébastien franchissait la ligne en vainqueur au terme d’une étape qui fut pour lui mêlée d’espoir et de peur.

 

Les perfidies d’Eole, avec ses coups de chien et ses absences douloureuses, les caprices des courants lorsqu’ils sont contraires, autant d’éléments avec lesquels il faut composer, devant lesquels il faut s’incliner. Pourtant, trois jours de mer à lutter contre le sommeil accroché à sa barre, reprendre confiance à chaque mille gagné sur les autres concurrents, y croire davantage, et devoir s’incliner si près du but, des épreuves qui rendent les défaites parfois amères : « j’ai pris toutes les manivelles, j’ai tout balancé sur le bateau, je pensais quand même qu’un de nous trois allait claquer l’étape » racontait Jérémie Beyou (Volkswagen.fr) à son arrivée hier soir au ponton. D’autres, plus flegmatiques ou philosophes, comme Gildas Morvan (Cercle Vert) acceptent les règles d’un jeu un peu cruel : « Yann et Jérémie ont très bien navigué, c’est dommage pour eux. Mais c’est ça le Figaro, on n’est jamais trop sûr… Ma troisième place, je ne vais pas en faire tout un plat, et ça aurait pu être pire. » Quant à Yann Eliès (Groupe Generali Assurances) transfiguré par cette étape, la ligne d’arrivée n’est qu’un simple épilogue : « on apprend à trembler, à se sentir totalement bizarre de fatigue, on se découvre, c’est un peu comme une perte de virginité. Quand au coup de Jarnac à l’arrivée, s’il n’y avait pas ça, la Solitaire ne serait pas ce qu’elle est ». C’est vrai que l’étape fut belle, la remontée surprise de Jérémie et Yann sur l’ensemble de la flotte avait de quoi étonner plus d’un observateur, une telle maîtrise de la régate imposait le respect. Quand tous fulminaient contre l’immonde pétole, quand ceux de l’ouest n’espéraient déjà plus rien, deux skippers touchés par les grâces d’une bascule de vent soudaine allaient enlever le podium. L’histoire n’était pas écrite et la déception fut de taille.

L’aventure humaine
La déception des uns n’entachait cependant pas la belle performance de Sébastien. Face aux trois skippers à bout de fatigue et de nerfs, obligés de jeter l’ancre pour ne pas reculer, à quelques mètres de la ligne, Sébastien soufflait avec panache la victoire mais ne la volait pas. Il eut au cours de l’étape son comptant de mésaventures. Privé de GPS, dès le deuxième jour, Sébastien se voyait contraint de naviguer à vue, de reprendre les rudiments de la navigation traditionnelle : rien d’alarmant… jusqu’à la tombée soudaine de la brume. « Je me disais que tout allait bien, que je pouvais naviguer comme ça, et puis, je n’avais pas prévu la brume. J’ai stressé et par moments, j’ai vraiment eu peur » racontait-il à son arrivée. Sébastien remportait la deuxième étape de la Solitaire du Figaro avec Vitarmonyl, d’autres rentraient leur déception ce matin au ponton avec la certitude d’avoir tout perdu, Ronan Guérin était de ceux-la. Comment rendre ces moments d’émotion, ce sont des instants riches qui vont bien au-delà de la notion d’exploit sportif et qui font de la course une aventure humaine.

Source Lasolitaire.com


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