Viking veut-elle relancer la ligne Ro-Ro Bayonne Southampton?


Février 2000. La ligne ro-ro Bayonne Southampton bat de l'aile malgré une certitude partagée par l'ensemble des opérateurs concernant sa viabilité intrinsèque. Les regards sont tournés vers la compagnie Viking qui détient les clés du problème mais qui bizarrement laisse pourrir la situation surplace. Depuis le 14 janvier dernier, la ligne est interrompue par faute de trésorerie et par faute de navire pouvant assurer sa rotation hebdomadaire entre le Pays basque et l'Angleterre. L'armateur du Lembitu, le second navire, celui qui avait inauguré la ligne a fait saisir les soutes du Clare pour un différend financier qui l'opposait à IAL (Intermodal Atlantica Line) contrôlé par Viking. Depuis lors le Clare est à quai, interrompant toute possibilité de rotation. Le navire loué par IAL aurait dû être rendu à son propriétaire le 28 janvier dernier, au terme du contrat de location de 6 mois. A cause de la saisie des soutes, le Clare est toujours à Bayonne ce qui induit un second contentieux qui coûte 6000$ par jour aux promoteurs de la ligne bloquée. Viking, le véritable patron de la ligne a intenté un recours au prés du tribunal de grande instance de Bayonne en levée de saisie, estimant que la saisie des soutes était disproportionnée. Les magistrats se prononceront cette semaine sur ce point précis, mais on voit mal pour quoi ils reviendraient sur une décision antérieure, d'autant que les créanciers n'ont toujours pas été réglés. C'est ce point précis qui choque nombre d'observateurs à Bayonne qui s'étonnent de l'attitude de Viking, société brillante, cotée au second marché de la bourse avec des résultats pour le moins satisfaisants. "Pourquoi Viking laisse pourrir la situation au risque d'entacher son image de marque alors qu'il  lui suffirait de capitaliser la société à Bayonne pour redémarrer de plus belle", une question qui reste en suspends. Certes les intentions avouées de Viking sont de relancer la ligne une fois un nouveau tour de table réuni. président de Viking qui tente maintenant de réunir un nouveau tour de table pour rebondir. "Le plus difficile c'est de réunir le tour de table, avec des professionnels et un service commercial en Angleterre puissant. Aujourd'hui on a épuisé tous les fonds du premier tour de table pour prouver que c'était faisable, si tout se fait comme prévu, avec une définition qui correspond réellement au marché nous remettrons la ligne en marche vers le 15 avril" avouait Pascal Lacroix PDG de Viking. Seul problème, aucun des 5 armateurs qui se sont montrés intéressés par la ligne Bayonne Southampton ne tient à courir le risque de s'associer à Viking tant que le passif ne sera pas nettoyé pour de bon. Bien que les chiffres sur ce passif soient bien gardés, on estime, de source bien informée, qu'une fois que tous les clients auront payé leurs factures, il restera encore entre 1 et 1,5 MF de trou, ce qui est peu de chose au regard des actifs de Viking qui serait en mesure d'effacer d'un coup de plume ce qui ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Pour le moment les acteurs portuaires comme les pilotes de l'Adour, attendent d'être payés pour leurs prestations, tout comme l'armateur du Lembitu et maintenant celui du Clare. L'ardoise va continuer à gonfler chaque jour et même si la ligne est désormais viable, au regard des derniers transports effectués, il ne serait pas bon de laisser s'effriter la confiance des transporteurs routiers.


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