17.04.2001.

Les restes du chalutier La Révolution sur un quai de Bayonne.

Le chalutier La Révolution du port basque de Saint-Jean-de-Luz échoué le 18 janvier 2001 a terminé sa carrière lundi 15 avril en trois morceaux découpés au chalumeau et arrachés de la côte par les hommes de la barge belge Norma après trois semaines de dur labeur.
Dans un premier temps un sauvetage du chalutier avait été envisagé, les experts déplacés rapidement n'avaient pu que se rendre à l'évidence, La Révolution était perdue, sa récupération et réparations dépassant la valeur assurée. L'assureur a passé un contrat avec une société belge pour enlever l'épave de la côte. Les spécialistes ont dans un premier temps installé deux amarres de part et d'autre de la coque, bouché les trous et mis en place des réserves de flottabilité avant de raser au marteau piqueur les arêtes des rochers qui pourraient entraver le remorquage du navire sur la partie à sec. Le plan prévoyait de tirer la Révolution d'un seul tenant, à l'aide des puissantes grues de la plate-forme Norma. Malgré des essais répétés il n'a pas été possible de réussir ce pari qui était en grande partie indispensable à l'équilibre financier de l'opération. L'équipe belge a du se résoudre à découper surplace au pied de la falaise en trois morceaux, la coque du chalutier. Ce n'est qu'après ce découpage que les parties séparées ont pu être tirées avec difficultés puis hissées sur la Norma avant de rejoindre le port de Bayonne. La Révolution se trouve désormais en vrac, sur une zone portuaire emménagée par la CCI de Bayonne ou une nouvelle équipe de ferrailleurs doit découper les restes qui seront recyclés. Ce naufrage a été un coup du pour l'armateur Juan Darosa qui avait déjà été contraint de changer de bateau en 1994, le Laetitia ayant été détruit par les thoniers basques espagnols durant la célèbre "Guerre de l'anchois". Après une longue réflexion, le patron a décidé de faire construire un autre bateau. "J'avais envie de tout arrêter tellement je suis affecté par ce naufrage, finalement je vais voir si l'on peut construire une autre unité. Quoi qu'il en soit je vais être de ma poche, je venais de refaire le moteur cet été et d'y mettre une grue neuve…" Dernier problème en cours, il manque 10 tonneaux pour faire construire une unité un peu plus longue, pour des raisons d'autonomie en gasoil. Les kilowatts restent les mêmes mais il manque les quelques tonneaux qui pourraient faire capoter le projet, ce qui serait fortement dommageable pour le port luzien.
José Arocena. 


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