Eté 2001

De plus en plus de récifs artificiels dans les Landes. 

La physionomie du littoral landais évolue depuis deux ans même si ce n’est pas visible à l’œil nu ! Par une quarantaine de mètres de fond, constitué de sable du pays basque aux côtes girondines, des récifs artificiels font leur apparition. C’est la volonté inébranlable de Gérard Fournau qui a permis cette transformation des fonds marins. Président de l’association ALR (Aquitaine Landes Récifs) créée en 1996, Gérard Fournau croit dur comme fer à l’effet bénéfique des récifs sur l’écosystème, croyance renforcée et confirmée par les observations in situ. Le premier largage de récifs, des buses en béton a été réalisé durant l’été 1999 au large de Capbreton. « Nous avons mouillé sur trois sites un peu plus de 820 tonnes mais la technique utilisée n’a pas été bonne. Les buses n’étaient pas suffisamment regroupées et se sont éparpillées perdant grande partie de leur efficacité » reconnaît Gérard Fournau. Du coup au lieu de mouiller ces récifs à l’aide de petits bateaux c’est le supply « Aquitaine Explorer » qui est engagé pour l’opération qui a cours en ce moment (fin aout début septembre). Prés de 1000 tonnes sur un site bien étudié, un tas au centre et 6 autres autour. « Aquitaine explorer » mouille des grappes de 6 tonnes liées par des câbles, « un posé précis grâce au positionnement dynamique sur des hauteurs de 4 à 5 mètres, des empilements qui seront plus stables et efficaces » espère Gérard Fournau. A chaque voyage « Aquitaine Explorer » transporte 100 tonnes de béton, du béton non armé afin d’éviter que la ferraille ne rouille et fasse éclater le béton. « Pour nous c’est un travail comme un autre, en ce moment nous sommes en attente que les essais reprennent au centre d’Essais des landes, Aquitaine Explorer est à même de réaliser ce genre de missions » explique Eric Pialés le Cdt. Des plongeurs vérifient le travail, et déjà le résultat semble prometteur.  Au bout de deux ans sur le premier site de nombreuses espèces ont colonisé le secteur occupé par le récif qui vit bel et bien. Les tacots qui sont arrivés les premiers ont laissé la place aux ombrines, mais aussi aux Sars qui se nourrissent de moules et aux poulpes qui ont squatté les récifs.

La commission des cultures marines a accordé la concession le 12 mai 1999 pour trois sites malgré le manque de soutien du Comité Local des Pêches de Bayonne qui ne semble pas intéressé par le projet bien que certains de ses membres fassent partie du comité de pilotage de l’association (…). Le budget global s'élève a 3,5 MF, les 2 MF de subventions ont permis de réaliser les deux premiers sites. L’Europe (IFOP) subventionne à hauteur de 40%, 20% pour la région Aquitaine, autant pour le département des Landes et 20 autres % pour le SIVU Port d’Albré, Soustons et Vieux Boucau. La troisième et dernière tranche est prévue pour l’été 2002, une belle réalisation pour cette association de bénévoles qui se réjouit simplement du retour du poissons sur le littoral. Un autre projet concernant des huîtres est à l’étude et un brevet pourrait être déposé. Seul petit « hic », même s'il est interdit de pêcher sur les récifs, des avis au navigateurs l’indiquent, les abords sont fréquentés par quelques marins professionnels peu scrupuleux ce qui exaspère les autres pêcheurs, ceux qui respectent la réglementation. Des trémails ont été retrouvés accrochés sur le récif, l’abondance de poisson dans ce périmètre attire les convoitises !

José Arocena.

 


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