
23.10.2001.
Guerre de l'anchois, 7 ans après la justice tente de faire le point.
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Cela faisait presque 7 ans. 7ans que les événements de la "guerre de l'anchois" se sont déroulés devant les côtes du Pays basque et du sud des landes. Une bonne partie des chalutiers pélagiques concernés ne sont plus là, plans de casse, vendus, disparus. Même le port d'Hendaye n'est plus que l'ombre de lui même, les quais bondés de l'époque de la guerre de l'anchois sont bien tristes et vides aujourd'hui. De l'autre côté de la Bidassoa les bolincheurs n'ont pas disparu. Plus encore ils ont progressé, de nouveaux navires sont venus remplacer les anciens, encore plus imposants, toujours aussi déterminés à défendre leur activité basée sur la pêche traditionnelle. Le 18 avril 1994 alors que la pêcherie d'anchois avait été fermée le 21 mars suite à épuisement du quota français, une quinzaine de pélagiques décidaient de poursuivre leur travail. Pour les espagnols s'en était trop. Quota épuisé et période de fermeture de printemps n'étaient plus respectés, les marins espagnols décidaient de réagir. Une bataille en règle s'en suivait, de nombreux chalutiers étaient endommagés, le Gaelle Julianne et surtout le Laetitia étaient durement touchés. Les frais occasionnés par les réparations ont dépassé les 3,5 MF sans compter le manque à gagner. Le tribunal correctionnel de Bayonne a tenté de dénouer l'écheveau compliqué de cette journée. Sur les 10 prévenus espagnols, seuls 6 étaient présents, accompagnés par un bus entier d'autres pêcheurs venus les soutenir. Côté français Julien Lequellec et Jacques Vacher se sentaient biens seuls. Les débats se sont déroulés avec l'aide de deux interprètes. La présidente Marie Hélene Ville a rapidement exposé les faits et énuméré la longue liste des navires français ayant subi des dégâts. Les prévenus, des patrons de pêche âgés de 32 à 59 ans ont nié être à l'origine des faits et ont indiqué qu'ils s'étaient portés au secours d'un des leurs «un bateau en bois agressé par les chalutiers pélagiques en acier ». C'est cet argument qui a été avancé tout le long de l'audience, les chalutiers sont en acier et les bolincheurs en bois, argument pour le moins douteux quand on connaît la réalité de la flottille espagnole, ce qui n'était pas le cas du tribunal. L'avocat de la partie civile Eric Decléty du barreau de Bayonne a fait remarquer que le fait d'avoir des cocktails Molotov à bord des bateaux constituait un acte prémédité. "La pêche était interdite, c'est un fait, mais seules les autorités maritimes étaient habilitées à intervenir et en aucun cas cela donnait le droit aux espagnols de faire leur propre justice". Même l'examen des scellés
comportant des grappins, boulons, cocktails Molotov et un harpon à baleines,
retrouvés sur les bateaux français agressés n'a pas ému les patrons
espagnols qui ne reconnaissaient pas ces objets. « Ils étaient plus de 100
bateaux sur la même zone, plus de 1000 marins, comment savoir qui à pu lancer
ces objets » a relevé maître Jacques Tournaire avocat de la défense. La présidente
s'est étonnée de la présence de certains objets, "un harpon est nécessaire
pour le pêche à l'anchois?". Pour sa part le président des cofradias de
la province de Gipuzkoa Esteban Olaizola qui intervenait en tant que témoin a
indiqué que "les français ont transgressé les lois, vu que les quotas
d'anchois étaient épuisés pour la France. Il est lamentable d'avoir du en
arriver là mais je constate que depuis les règlements communautaires sont
respectés." Le représentant des affaires maritimes qui avait assuré de
son mieux la sécurité des navires français agressés a témoigné des
violences vécues "nous avions eu l'autorisation d'armer notre mitrailleuse
lourde mais nous avons préféré ne pas le faire pour éviter d'envenimer la
situation". Pour sa part Jacques Vacher le patron du Laetitia le jour des
incidents a indiqué qu'il aurait pu y avoir des morts ce jour là. "Le
Laetitia a été investi par une dizaine d'hommes, le pont était en feu, j'ai
vu passer un croc en acier à moins de 10 cm de ma gorge, j'ai eu très
peur". José Arocena.
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