Le germon ça paie au pays basque.
Alors que la campagne de germon bat son plein en Atlantique, force est de constater que les résultats financiers pour les armements ne dépendent pas uniquement des captures. Les VHF crépitent beaucoup dans les passerelles ces dernières semaines et les chiffres courent d'un port à l'autre. Alors que le germon commercialisé en Bretagne et Vendée est destiné aux usines et à la conserve pour des prix de campagne basés sur 14,50 francs, à Ciboure au Pays basque il en va tout autrement. Les mareyeurs ont trouvé de nouveaux marchés en dehors des classiques conserveurs pour valoriser au mieux cette campagne. "Cette année nous avons vendu notre production à des prix nettement plus intéressants que par le passé, les lots sont destinés au marché espagnol en frais, ce qui explique les cours obtenus" rappelle Joël Fournerat le directeur de Capsud OP à Ciboure. Des prix qui font pâlir d'envie les armateurs qui passent à côté de ce filon. Le prix moyen obtenu pour le moment durant cette campagne tourne autour de 20F le kilo avec des pointes de 26 Francs, et toujours pour du germon de pélagique. "Nous ce que l'on veut c'est du poisson de qualité, qu'il soit pêché à la canne ou au chalut. C'est un marché de frais et notre clientèle sait reconnaître le beau germon" avoue un mareyeur espagnol qui se fournit à Ciboure. La qualité du poisson débarqué a suivi la tendance et des prix de ce niveau ne souffrent pas la médiocrité. "Je pense que le poisson est mieux traité que par le passé parce qu'il se vend mieux. Lorsque les patrons voient les prix, ils soignent, lorsque le germon est beau, il se vend bien" explique Joël Fournerat, assailli par les armateurs de chalutiers bretons qui voudraient venir vendre à Ciboure. Une chose pas forcément facile à mettre en place, "nous avons des accords avec nos OP, passés en début de campagne, pour fournir nos usines. Malgré tout il faudra bien trouver une solution pour rentabiliser nos armements qui souffrent notamment de l'augmentation du prix des carburants" avoue un patron de pêche Breton qui cherche une solution pour vendre au Pays basque les marées de fin de campagne. La mise en place de ce marché particulier a été possible par les captures de germons de forte taille. Les 2/3 des captures sont des pièces de 8 à 12 kilos et plus, le poisson le plus recherché par le marché espagnol. Les mareyeurs achètent des petits lots et sont très pointilleux sur la qualité et sur le tri. Pour le moment la campagne qui a démarré fin juillet à Ciboure arrive à 1300 tonnes, une campagne que tous espèrent voir se poursuivre encore longtemps avec notamment l'arrivée prochaine de navires venus d'autres quartiers maritimes de la côte Atlantique.
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