Date:14.02.2003.

Effet Prestige: vive inquiétude chez les mareyeurs basques.


Malgré des analyses favorables sur les poissons, les ventes diminuent en raison de la marée noire.

Que ce soit en Aquitaine ou bien dans le reste de la France, la tendance est très nette dans les grandes surfaces.
Depuis quelques semaines, les clients délaissent les rayons poissonnerie. Les ventes de poissons et de crustacés ont fortement chuté, conséquence directe de la marée noire.

" Une sorte de climat de psychose s’est peu à peu installé" explique le directeur commercial d’un hypermarché à Anglet (Pyrénées-Atlantiques).
"Dans la tête de nombreux clients tous les poissons pêchés dans le golfe de Gascogne sont potentiellement pollués.".
Même chose pour les crustacés qui , aujourd’hui, de plus en plus souvent, sont remplacés dans les chariots par de la viande.

Analyses totalement favorables

Une attitude qui pour l’instant est totalement injustifiée.
En effet, régulièrement des analyses sont pratiquées sur le poisson et elles n’ont jusqu’ici décelé aucune trace de pollution.
Sur la criée de Saint Jean de Luz par exemple les services vétérinaires effectuent de manière quotidienne des contrôles sur le poisson arrivé du golfe de Gascogne et même de Galice ; des prélèvements qui n’ont donné que des résultats favorables.

Parallèlement à ce travail, des analyses sont également conduites par l’IFREMER et les services de la répression des fraudes.
Là encore, les résultats sont les mêmes. " Pour l’instant, précise le directeur des affaires maritimes à Bayonne Thierry Dusart, aucun produit de la mer n’a du être retiré des rayons et une possible interdiction de la pêche dans le golfe de Gascogne n’est pas du tout à l’ordre du jour. "
Plutôt logique quand on sait que généralement les poissons ont tendance naturellement à fuir les zones où se trouvent des éléments polluants.

Situation catastrophique pour les mareyeurs basques

Malgré toutes ces analyses rassurantes, il n’en reste pas moins que l’effet psychose prend de l’ampleur chez le consommateur.
Tous les métiers de la filière poisson ont déjà commencé à en ressentir les effets. C’est le cas notamment des mareyeurs basques qui éprouvent de grosses difficultés à écouler leur marchandise.

Depuis le début du mois de janvier, leurs ventes ont chuté de 15 à 20 % et même 30 % pour certains.
" La situation est catastrophique explique Marc Badiola, dirigeant d’une entreprise de mareyage à Ciboure . Si la tendance se confirme, ajoute t il, certaines entreprises pourraient avoir recours au chômage technique. "

Les mareyeurs se sentent d’autant plus seuls que pour l’instant, aucune aide n’est prévue de la part de l’état.

" Les pêcheurs qui ramassent le pétrole sont indemnisés, les professionnels du tourisme devraient être aidés par l’état, mais nous, mareyeurs, on nous a oubliés" estime Marc Badiola.

Dans ce contexte, comment redresser la barre ?
Les mareyeurs basques seraient favorables à une campagne nationale de communication à la télévision pour rassurer les consommateurs et les inciter à acheter à nouveau du poisson.
La méthode a été testée en Espagne après la catastrophe du Prestige et elle a pour l’instant permis d’éviter un effondrement des ventes de poisson.

Sébastien Berriot.


La CCI de Bayonne Pays basque a tenu à porter des précisions:

Commercialisation du poisson sur le port de St Jean de Luz / Ciboure : les services vétérinaires ne signalent aucun problème.

La CCI réagit suite à l'article intitulé " le poisson ne sort pas indemne de la pollution " paru dans Sud-Ouest le 12 février qui reprend les propos de Guy Claireaux, chercheur au CNRS qui mène actuellement une étude au CREMA (Centre de recherche en écologie marine et aquaculture) de l'Houmeau, près de La Rochelle et au laboratoire d'écologie halieutique de l'IFREMER (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) de Nantes.

En effet, des mesures de sécurité sont actuellement en vigueur concernant la commercialisation des poissons :
· Les services vétérinaires assurent une présence permanente à la Criée (Arrêté de décembre 1992).
· Le fonctionnaire de l'Etat assure un contrôle organoleptique c'est-à-dire qu'il mesure l'état de fraîcheur des espèces commercialisées à la Criée.
· En cas de problèmes, comme dans le cas d'une pollution du type Prestige, des analyses sont effectuées de manière intensive à partir d'un point zéro afin d'établir l'état de pollution.
· Actuellement, des prélèvements sont organisés tous les dix jours environ et de manière aléatoire.
Notons que plusieurs types de poissons sont sélectionnés.
· Les prélèvements sont adressés à l'Institut européen de l'environnement de Bordeaux, laboratoire d'hygiène et de santé, qui rend ses conclusions.
A ce jour, aucun des rapports effectués par cet Institut ne laisse apparaître de problèmes particuliers.
Il faut préciser que des prélèvements ont aussi été réalisés sur des soles, l'espèce citée dans l'article de Sud-Ouest.


 


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