| Les marins péruviens de Ciboure en route
pour Lima.
Les deux marins pêcheurs péruviens
interpellés mercredi par la PAF à Socoa ont pris l'avion
vendredi 20 juin 2002 pour Lima au Pérou.
Nous avons rencontré les deux hommes
quelques heures avant qu'ils retournent chez eux.
Juan
et Cronwel ont tous deux débuté la pêche à l'âge de 17 ans à Paita
dans le nord du Pérou. Un port dynamique ou l'on pêche de tout, du
merlu jusqu'à la sardine en passant par les requins et autres
langoustines. "Nous avons 250 bateaux dont 50 chalutiers de 17
à 20 mètres et une douzaine de plus de 25 mètres" explique
Cronwel, le plus jeune des deux. "J'aime la mer c'est pour cela
que je fais la pêche. L'opportunité de venir ici au pays basque pêcher
avec Christian était une bonne opportunité qu'il fallait saisir".
Les deux péruviens ont déjà travaillé au Pérou avec le patron
armateur qui les a fait venir à Ciboure. "Nous connaissons bien
le métier du chalut on à pêché sur des unités de 38 mètres, ici il
suffisait de s'adapter aux petits bateaux". Quelques jours passés
en mer sur le Manouche pour tester les ont convaincu. "Ici ça
bouge beaucoup, chez nous c'est le Pacifique et c'est toujours calme
mais le bateau est très bon" raconte Juan. Les conditions de
travail au Pérou sont sans commune mesure avec les nôtres. "18
à 20h de travail par jour sans congés, pour environ 300 euros par
mois, c'est le tarif normal au Pérou". La perspective de pêcher
au Pays basque s'est quelque peu éloignée mais n'est pas abandonnée.
"Nous allons de nouveau refaire les démarches pour obtenir les
autorisations et surtout un visa de travail. Je compte faire revenir ces
deux marins des que possible" reconnaît Christian Papineau,
quelque peu dépité par l'attitude de l'administration. "Nous
voulions travailler un an et repartir chez nous, nous avons un contrat
de travail et on, comprend pas pourquoi il y tant de problèmes".
Le problème vient de l'attitude des autorités françaises en matière
d'immigration. L'ambassade de France à Lima a refusé de délivrer un
visa de travail malgré le contrat en bonne et due forme. Sur ce plan
les espagnols ont plus de souplesse vue qu'environ 200 péruviens pêchent
en Espagne. Le manque de personnel qualifié localement est dramatique
et l'arrivée des péruviens pourrait contribuer à l'améliorer en
complément avec les marins formés par l'école de pêche de Socoa. "Nous
sommes plusieurs armateurs intéressés par l'embauche de ces marins, on
espère que les affaires maritimes vont nous aider au lieu de nous
mettre des bâtons dans les roues" entend-on sur le quai ou les
Juan et Cronwel ont été vite adoptés par les autres pêcheurs. Les
deux péruviens prennent l'avion ce matin, ils évitent une expulsion
officielle en rentrant volontairement. L'armateur leur a payé le billet
d'avion en espérant les voir revenir vite, munis d'un visa de travail!
José Arocena.
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