Date:20.06.2002.

Deux marins pêcheurs Péruviens en passe d'être expulsés du Pays basque.

Deux marins pêcheurs péruviens venus à Saint-Jean-de-Luz pour faire face au manque de main d'œuvre qualifiée sont en passe de se voir expulsés de France à cause d'une interprétation d'une note interne des affaires maritimes. Les deux marins ont été interpellés par la PAF mercredi alors qu'ils se trouvaient en compagnie du patron armateur qui les avait fait venir au pays basque. Une affaire qui dénote le flou des responsables de l'administration des affaires maritimes et pour le moins un cafouillage entre divers services de l'Etat.
Le manque cruel de marins a obligé Christian Papineau, le patron armateur du "Manouche" petit chalutier à faire appel à des marins étrangers. Ayant travaillé un an au Pérou, il en connaît les marins. Début mars 2002 Juan Oriol Salinas-Calle âgé de 36 ans et Cronwel Calle-Pena de 28 ans sont contactés, ils font l'affaire. Reste à suivre une procédure de migration qu'à Ciboure on ne connaît pas.Pour ce faire, le syndicat des marins CFDT se charge du dossier.

Superbe flou administratif.

Les Affaires maritimes de Ciboure contactées dans un premiers temps expliquent que c'est très simple et qu'une promesse d'embarquement suffit pour l'obtention d'un visa de travail à l'ambassade de France de Lima au Pérou. Peine perdue et refus à l'ambassade.
Malgré le fait que L'Office de Migration Internationales affirme que, "la pêche n'est pas régie par la loi commune sur l'immigration", la direction des Affaires maritimes de Bayonne et de Bordeaux fait état d'un document en date du 3 mai 2002 "note interne" de 13 pages que personne ne peut consulter, et que nous avons pu obtenir. La note fait le point sur les conditions d'accès à l'emploi sur le territoire français.
Entre temps les deux marins obtiennent un visa de 5 jours et arrivent à Ciboure le 30 mai croyant que tout était réglé. Toujours dans l'attente du contrat de travail que doit viser les affaires Maritimes, les péruviens logés chez l'armateur prenaient leurs marques impatients d'embarquer. Mercredi 19 mai une patrouille de la PAF les a interpellés, "sur dénonciation d'un agent des affaires maritimes…" Les deux marins risquent une expulsion, le sous préfet de Bayonne a été avisé. Il serait bon de lire la note du ministère jusqu'au bout, notamment le passage ou elle indique que "afin de tenir compte des situations particulières que vous rencontrerez et de la pénurie actuelle de main d'œuvre, je vous demande de faire preuve de souplesse jusqu'au premier juillet". Ne sommes nous pas le 20 juin?

José Arocena.


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