Date:02.04.2003.

60 salariés au chômage technique
dans la société Orma de St-Pée


Par Hur Gorostiaga
Le Journal du Pays basque.

La raréfaction momentanée de la matière première et grâce à un stock important, l'usine de calamar est en stand-by pour trois mois. Le directeur Emmanuel Lafont promet que tout le monde sera réembauché pour juin.

Depuis le 1er mars dernier, la société Orma (Ste Nouvelle) de St-Pée-sur-Nivelle, spécialisée dans la transformation et la mise sur le marché de calamars congelés, vit une suspension d'activité suite à un problème d'approvisionnement en matière première, apprend t-on auprès de la direction.

67 salariés se retrouvent en chômage technique et ne vont plus travailler, comme ils avaient l'habitude de le faire tous les matins, en se rendant à la zone artisanale de Lissardia.
Le directeur de la société, Emmanuel Lafont, argue d'un problème passager et a assuré qu'ils seront tous réembauchés au mois de juin et qu'aucun licenciement économique n'était prévu.

Entre-temps, la société continue de fournir ses clients grâce à un stock très important. Le directeur assure également qu'il vient d'avoir un nouveau marché dans la grande distribution, de loin le secteur le plus important pour l'entreprise labourdine.

Les trois mois d'arrêt de la production permettront un "réapprovisionnement en matière première de qualité".
Après avoir écoulé le stock, l'entreprise pourra recommencer à produire au mois de juin. La société Angellini, filiale d'Orma qui compte 25 salariés à Cannes, pourrait également permettre une diversification de la production, recherchée par l'entreprise.
Le nouveau marché et l'espoir de diversification permettent ainsi à la direction, d'être "confiante".

Pêche argentine.


Les calamars, la matière première, sont pêchés au large de l'Argentine. D'après Monsieur Lafont, la fin de l'année 2002 a été "très mauvaise" et la saison 2003 aurait pris du retard.

Conséquences : peu de matière première et celle disponible n'était pas d' "assez bonne qualité", selon Lafont. "Nous avons beaucoup d'entreprises concurrentes, mais nous nous distinguons par la qualité. Nous ne pouvions plus produire avec la matière première disponible, c'est pour cela que nous avons décidé d'écouler les stocks".

Le directeur affirme qu'ils ont "tout essayé" pour s'approvisionner en matière première de qualité, "nous avons même pris du travail en plus à notre charge pour dégager les tubes du calamar que nous utilisons, du reste, ce qui a fait augmenter les coûts de production" assure-t-il.
"Mais face à cela il était préférable pour la pérennité de l'entreprise et pour la qualité de nos produits de faire écouler les stocks qui étaient très importants par ailleurs" ajoute-t-il.

Inquiétude des salariés.

Si la direction est confiante, en revanche, chez les salariés, une certaine inquiétude s'est installée. Une bonne partie est issue des entreprises Saupiquet (Ciboure) et d'Yplon (St-Pée).
Deux entreprises bien installées au Pays Basque, comptant 140 et 50 salariés, qui faisaient des bénéfices mais qui sont parties du jour au lendemain sans rien laisser derrière, suite à des critères de recentrage et de productivité imposés par le groupe dont elles faisaient partie.

"L'expérience a du poids dans la vie de tous les jours" confie Anne Marie Jaunain, déléguée CFDT.
Néanmoins, les salariés gardent espoir et espèrent que cette fois-ci leur direction tiendra parole.

Droit d'alerte.

Pour Jean Baptiste Etcheto, secrétaire général de la CFDT, "c'est une bonne chose d'entendre que les bases de l'entreprises sont saines, et qu'il ne s'agit que d'un problème conjoncturel. En revanche, il se pose la question de savoir si l'entreprise ne pouvait pas faire autrement. "Il semblerait que pendant des mois ils ont produit abondamment, créant des stocks importants. Ils aurait pu, peut-être, agir autrement. Il est vrai que maintenant, c'est les salariés et les contribuables qui en font les frais, puisque les salariés ont des payes diminuées et ce sont les contribuables qui payent" remarque-t-il.

C'est pour cela que la CFDT propose qu'un droit d'alerte soit institué dans les entreprises, pour qu'un expert indépendant puisse étudier la situation de l'entreprise et pour faire une prospective de l'entreprise, afin de garantir les emplois et d'avoir une lisibilité sur l'avenir.


 


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