
Date:31.10.2002.
Muriel HirigoyenSud Ouest. La menace ne date pas d'hier. En 1998 déjà, le port avait échappé au pire. Confrontée au départ de nombreux armements pour Pasajes, la coopérative Bidassoa, gestionnaire de la criée et des installations portuaires, avait été mise en redressement puis en liquidation judiciaire. À l'époque, la crise s'était réglée par la cessation de toute activité de mise au marché. La criée avait donc fermé ses portes au profit de la criée unique de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure. Aujourd'hui, les quatre armateurs hendayais(¹) restants (sans compter les sociétés à capitaux mixtes ou « franco-espagnols ») redoutent de vivre l'épilogue de l'histoire. Et si Décathlon n'a pas encore donné sa réponse, pour les pêcheurs, cela ressemble à une condamnation. « Nous avons demandé ce qu'il nous resterait, explique Koxe Mari Irastorza, armateur à Hendaye. 50 mètres, la zone technique , des miettes pour le débarquement. Nous comprenons très bien la position du maire. Il y a de la surface ici, qui peut être vitalisée, et rapporter de l'argent au concessionnaire, c'est à dire la commune. Mais nous, nous pensons que nous devons garder ce port de pêche, et proposer un projet. » « On va petit à petit nous pousser à l'eau » Alors, armateurs luziens et hendayais ont enterré leurs différends et confié le projet au comité local. L'idée est simple : conserver Hendaye comme un lieu de débarquement et d'expédition. Mais l'activité aujourd'hui déployée suffira-t-elle ? « Aujourd'hui, le chiffre d'affaires de la criée de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure est d'environ 100 millions de francs, note le président Henri Pivert. L'organisation des producteurs, qui regroupe aussi bien les Luziens que les Hendayais, a un chiffre d'affaires de 200 millions de francs, sans compter les armements du quartier de Bayonne hors OP. Nous pourrions capter davantage de ces millions en faisant d'Hendaye une base avancée de débarquement et d'expédition. Tout poisson débarqué ferait l'objet d'une taxe compensatoire pour la concession. ». . L'année dernière, en conseil portuaire, M.Ecenarro disait qu'il fallait revitaliser le port de pêche d'Hendaye. Ce serait aberrant lorsqu'on songe qu'on parle d'une criée et d'un port neufs à Pasajes, qui tourne à 60 % avec les bateaux français. Sommes-nous capables de les inciter à venir ici ? C'est aussi à voir avec les mareyeurs. » Les prix du poissons étant plus intéressants en Espagne qu'en France. ![]() L'avenir du port Kotte Ecenarro Maire d'Hendaye 1 La commune et le département ont-ils décidé que la zone pêche serait réaffectée à une autre activité ? Nous avons convenu avec le conseil général que nous allions requalifier le port de pêche et réaffecter l'ancienne criée. Depuis trois ans, en solidarité avec le port, nous avions passé un accord afin que le poisson soit débarqué à Hendaye mais vendu à la criée de Ciboure. Aujourd'hui, les négociations avec Tribord ont bien avancé mais elles ne sont pas conclues. La deuxième phase consistera à réhabiliter la zone technique, qui dispose d'un chariot élévateur de 300 tonnes, le seul entre La Rochelle et Bilbao. La zone sera donc remise aux normes avec le concours du conseil général. En sachant que, quel que soit le projet qui arrivera sur le port, il est convenu que les bateaux d'Hendaye continueront à débarquer leur poisson. Il leur sera réservé un linéaire de quai (soit environ 250 m), la moitié de ce qu'ils ont aujourd'hui, beaucoup de quais n'étant pas utiisés. 2 comment avez-vous pris cette décision ? La décision n'a pas été facile à prendre car la profession nous tient à coeur. Mais nous avons compris, avec le conseil général et la chambre de commerce et d'industrie, que c'était la meilleure solution. À partir du moment où on ne vend plus de poisson à Hendaye, il n'y a plus d'activité. D'où l'intêret de regrouper les efforts. Nous avons joué cette carte, mais pendant trois ans, nous n'avons pas vraiment senti de poisson. 3 Ceci pose la question de la viabilité de l'activité pêche à Hendaye aujourd'hui. Nous savons que le marché du poisson est en espagne à Pasajes notamment. Et le plus grand marché du Pays Basque de France et d'Espagne, se trouve à l'aéroport de Vitoria-Gazteiz, où les avions cargos débarquent des poissons d'Amérique du Sud. Ce sont des réalités qu'on ne peut nier. De plus, en attendant de présenter un projet solide, le comité cherche à être sûr que la commune, concessionnaire du port, peut les « pousser à l'eau » au bénéfice d'une société comme Tribord. Mais là encore les espoirs sont faibles. Car la concession d'outillage public est dédiée au domaine maritime, mais pas exclusivement à la pêche, répondent les techniciens du Département. C'est le cas de la zone technique. Le sort de la pêche hendayaise semble d'ores et déjà scellé. L'avenir du port Kotte Ecenarro, Maire d'Hendaye 1 La commune et le département ont-ils décidé que la zone pêche serait réaffectée à une autre activité ? Nous avons convenu avec le conseil général que nous allions requalifier le port de pêche et réaffecter l'ancienne criée. Depuis trois ans, en solidarité avec le port, nous avions passé un accord afin que le poisson soit débarqué à Hendaye mais vendu à la criée de Ciboure. Aujourd'hui, les négociations avec Tribord ont bien avancé mais elles ne sont pas conclues. La deuxième phase consistera à réhabiliter la zone technique, qui dispose d'un chariot élévateur de 300 tonnes, le seul entre La Rochelle et Bilbao. La zone sera donc remise aux normes avec le concours du conseil général. En sachant que, quel que soit le projet qui arrivera sur le port, il est convenu que les bateaux d'Hendaye continueront à débarquer leur poisson. Il leur sera réservé un linéaire de quai (soit environ 250 m), la moitié de ce qu'ils ont aujourd'hui, beaucoup de quais n'étant pas utiisés. 2 comment avez-vous pris cette décision ? La décision n'a pas été facile à prendre car la profession nous tient à coeur. Mais nous avons compris, avec le conseil général et la chambre de commerce et d'industrie, que c'était la meilleure solution. À partir du moment où on ne vend plus de poisson à Hendaye, il n'y a plus d'activité. D'où l'intêret de regrouper les efforts. Nous avons joué cette carte, mais pendant trois ans, nous n'avons pas vraiment senti de poisson. 3 Ceci pose la question de la viabilité de l'activité pêche à Hendaye aujourd'hui. Nous savons que le marché du poisson est en espagne à Pasajes notamment. Et le plus grand marché du Pays Basque de France et d'Espagne, se trouve à l'aéroport de Vitoria-Gasteiz, où les avions cargos débarquent des poissons d'Amérique du Sud. Ce sont des réalités qu'on ne peut nier. (¹)_Il y a à Hendaye sept navires, cinq chalutiers et deux bolincheurs, et quatre armements : Garat, Dumora, Irastorza et Sallaverria. |
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