Germon 2000, les cours flambent au pays basque.


02.12.2000.

Des circonstances particulières ont fait que la saison de germon 2000 au Pays basque ait été marquée par des cours particulièrement élevés qui ont permis de placer la criée de Ciboure en tête des criées de l'hexagone côté cours. La campagne qui vient de se terminer avec un total de 1900 tonnes est en retrait de 262 tonnes par rapport à 1999. Pour autant, les valeurs ont frisé les 31 MF soit une augmentation de 4,6 MF. Cette progression est d'autant plus spectaculaire que les cours pratiqués à la criée ont tourné autour des 20F le kilo. "Très rapidement nous avons eu de gros germons entre 15 et 35 kilos. Habituellement les grosses pièces viennent en fin de campagne et les marins s'inquiétaient de voir une saison écourtée" rappelle Joel Fournerat le directeur de Capsud O.P Fort heureusement rien de tel n'a été constaté, bien au contraire, la saison s'est poursuivie normalement avec des captures de gros poissons d'excellente qualité. D'une année à l'autre la situation de la demande en criée s'est modifiée radicalement. L'année 99 a vu des cours moyens de 12F le kilo, la demande était faible et des retraits avaient lieu régulièrement dans une campagne aux cours moroses. Cette année c'est radicalement l'inverse, tout s'est vendu, et cher! "Le prix usine a augmenté fortement, d'une part l'Afrique du sud n'a pas bien pêché et les stocks se sont retrouvés au plus bas. De l'autre le dollar a augmenté de 30% et comme les cours mondiaux se font en dollar, les prix ont flambé." La tendance du thon rouge a suivi la même voie avec 315 tonnes à 24,52F/kilo, 10 F de plus en un an. Cette bonne santé des cours a été d'autant plus tirée vers le haut par la consommation en frais du marché espagnol. "Le marché espagnol veut du gros germon de bonne qualité pour le frais, c'est exactement ce que proposaient les navires pélagiques cette année" avoue Joël Fournerat pleinement satisfait de la qualité de la pêche. "Nous ce que l'on veut c'est du poisson de qualité, qu'il soit pêché à la canne ou au chalut. C'est un marché de frais et notre clientèle sait reconnaître le beau germon" reconnaît un mareyeur espagnol qui se fournit à Ciboure. La qualité du poisson débarqué a suivi la tendance et des prix de ce niveau ne souffrent pas la médiocrité. "Je pense que le poisson est mieux traité que par le passé parce qu'il se vend mieux. Lorsque les patrons voient les prix, ils soignent, lorsque le germon est beau, il se vend bien" explique Joël Fournerat, assailli par les armateurs de chalutiers bretons qui voulaient venir vendre à Ciboure. Les chiffres sont là pour le confirmer, 21% des captures commercialisées à Ciboure sont à mettre sur le compte d'armements extérieurs. Une tendance qui devrait s'accentuer en 2001 si l'on se base sur les chalutiers qui ont déjà indiqué à Capsud O.P leur intention de vendre au pays basque. Reste que rien ne dit que les cours seront aussi élevés en 2001, les facteurs qui ont contribué à la réussite de cette année pourraient radicalement changer et remettre en cause l'équilibre des cours à venir.

José Arocena.


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