Date:30.10.2002.

Hendaye: coopérative et OP devant la justice.

C'est une vieille affaire qui a été traitée par le tribunal correctionnel de Bayonne.
Une affaire qui remonte à 1990 et qui concerne le fonctionnement des divers organismes portuaires d'Hendaye.
La coopérative Bidassoa d'Hendaye n'ayant pas le statut permettant la commercialisation du poisson, une société de mareyage est créée avec l'EURL Boga portant le nom de "Boga Bidassoa".
La société de mareyage travaille normalement durant deux années, participant de manière efficace aux achats en criée, essentiellement sur le port d'Hendaye.

A l'époque, des voix se faisaient entendre dans les rangs des autres mareyeurs qui estimaient que Boga Bidassoa achetait à des cours trop élevés pour être rentable et que par la même elle agissait en dopant les cours artificiellement.
Toujours est il que quelques années plus tard, Boga Bidassoa doit faire face à des difficultés chroniques et admettre une liquidation à l'amiable.
Boga Bidassoa se retrouve avec un arriéré de trois millions de Francs du essentiellement à des impayés de sa branche espagnole Arapesca.
Preuve faite que Boga Bidassoa ne jouait pas franc jeu dans le milieu du mareyage local.
Les pertes lourdes de Arapesca, autant dire de Boga Bidassoa vu que le gérant n'est autre qu'un des gérants de Boga Bidassoa qui cumule les fonctions, les pertes en question restent en l'état.
Un trou de 3MF que les dirigeants du port d'Hendaye tenteront par tous les moyens de renflouer.

L'O.P d'Hendaye comble les dettes de Boga Bidassoa.

C'est là qu'intervient le corps du délit.
L'Organisation de Producteurs d'Hendaye présidé par Jean Baptiste Garat qui préside également la coopérative Bidassoa, efface la dette de la société de mareyage.
C'est maître Guerin le liquidateur de l'OP d'Hendaye qui avait soulevé le lièvre et s'était porté partie civile.

"Ce mode de financement est constitutif d'un abus de confiance car contraire à l'objet social de l'association".

Il faut reconnaître que dans le début des années 90, les comptes de l'OP, de la coopérative et des annexes comme le mareyage, étaient gérés dans l'esprit coopératif général, même si les règles comptables aujourd'hui de rigueur, n'étaient pas respectées.
"C'était l'argent du pêcheur qui était en jeu, cet argent est toujours resté dans ce même environnement" ont expliqué les acteurs économiques du port mis en cause.

Des largesses importantes de l'OP en faveur de Boga Bidassoa, toujours sur le même principe bien qu'illégal.
Toujours selon Maître Gérin de l'argent a circulé encore de l'OP vers Boga Bidassoa "1,2 MF pour payer les charges sociales et une subvention annuelle de 810.000 Francs".
Là encore c'est Jean Baptiste Garat qui est visé directement, vu que le conseil d'administration n'a jamais été consulté et que le Pdt Garat était le seul à disposer de la signature.

Dernier point reproché au créateur du port d'Hendaye, le versement de 1,6 MF par l'association d'entraide à la pêche, présidé encore par JBGarat.

Des prêts sans aucune trace comptable ni remboursements. Des "subventions à fond perdus" re-qualifiera la présidente du tribunal de Bayonne, quelque peu embrouillée par la complexité du dossier.

Parmi les bénéficiaires des largesses de l'association d'entraide à la pêche figure en bonne place JB Garat en tant qu'armateur, pour 630.000 Francs.

La réquisition du parquet a demandé un mois de prison avec sursis, "une peine de pur principe" et mille euros d'amende pour chacun des trois prévenus. Jean Baptiste Garat, le comptable de la coopérative Bidassoa et le gérant espagnol de Arapesca.
Le jugement sera rendu le 5 décembre.

José Arocena.


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