Date:12.08.2002.

La Galice tente de normaliser sa flottille

La comparaison entre la théorie et la réalité de la puissance de la flottille de pêche espagnole en général a du mal a coller.
L'administration espagnole ou pour le moins celle de la communauté autonome de Galice a décidé de tenter de remédier à cette dérive qui prenait des proportions sérieuses.
Pour ce faire, la "conseilleria de pesca" (ministère des pêches) de Galice a lancé à son secteur un ultimatum qui se termine le 16 aout prochain.
Les armateurs disposaient de quelques semaines pour régulariser leurs dossiers en déposant une "confession" volontaire et en indiquant en quoi, leurs navires étaient en discordance par rapport aux documents des navires en question.



Le bureau des pêches de Galice situé à saint Jacques de Compostelle a été submergé par les dossiers déposés volontairement. " Plus d'un millier de demandes de régularisation sont arrivés sur nos bureaux" ont indiqué les fonctionnaires chargés de l'opération qui s'avère pour le moins complexe. "Les pêcheurs ont déposé une demande de régularisation qui peut aller du tonnage trop élevé au moteur modifié en passant par des motifs plus légers comme le changement de matériaux d'une coque qui passe du bois au polyester".

Le ministère galicien des pêches se trouve en pleine opération de "vérification de la segmentation de la flottille professionnelle" tout en réalisant un audit sur l'état de santé et la viabilité de la flotte artisanale.

Le listing des navires de pêche de Galice est très précis, chaque navire y est décrit par le détail, ce sont ces détails qui ne correspondent pas toujours avec la réalité. Les armateurs n'étaient pas très enclins à s'auto dénoncer et la région de Galice a du apporter des garanties sérieuses.
"Nos autorités nous ont garanti qu'il n'y aurait pas de sanctions ni de pénalisations d'aucune sorte pour tous ceux qui en feraient la demande avant le 16 aout. Ensuite ce sera trop tard" reconnaissent les armateurs qui ont sauté sur l'occasion.
Après le 16 de ce mois, les contrevenants "s'exposent à des sanctions sérieuses", de quoi faire réfléchir.

Pour María José Cancelo sous directrice des ressources marines de Galice chargée du dossier "il faudra trouver des solutions qui passeront par l'achat de kw et de TRB mais aussi du cas par cas tant les irrégularités sont différentes".
Malgré tout c'est bien le problème de la taille des navires et des moteurs qui sera le gros du dossier à régler par la région de Galice qui prend sur elle de financer l'opération. "Nous allons étudier les formules qui nous permettraient d'acquérir des navires destinés à la casse pour compenser l'excès de kw et de TRB de notre flottille".
L'opération menée par la Galice qui semble toucher essentiellement des unités moyennes artisanales de la flotte de surface est observée de près par les autres communautés autonomes d'Espagne qui seront tôt ou tard confrontées au même problème.
Déjà en 1999 un texte de loi de la marine marchande espagnole avait "normalisé la situation des navires de moins de 7,50m qui dépassaient de 200% leur puissance et celle des bateaux jusqu'à 15 mètres qui étaient en infraction pour un dépassement global de 75%".

Cette "mise aux normes" n'est pas une opération gratuite.
Dans les couloirs du ministère des pêches de Galice on laisse entendre que Bruxelles allait devenir "tatillonne" sur le sujet et qu'il devenait urgent pour l'Espagne en général de se remettre sur les rails.
Un problème qui ne concerne pas que nos voisins ibériques et qui devrait interpeller à l'intérieur de l'hexagone.

José Arocena


Droits d'auteurs
Sommaire
Pêche  Marine marchande  Voile Produits de la Mer  Dossiers techniques Archives  Livres maritimes  Petites annonces    Histoires courtes  Recettes de cuisine  Artistes  Liens maritimes