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Vers un plan de gestion de l'étang de Thau: un projet
pour renouveler la ressource
Présenté publiquement le 18 février à la Maison de la mer de
Mèze, le projet de la prud'homie de Mèze est ambitieux : il
s'agit simplement de ré-ensemencer l'étang de Thau.
« L'étang
a été surexploité, explique Alain Cabrera, Prud'homme de Mèze.
On a fait du remembrement. Du côté de Sète, on a autorisé de
constructions importantes, des digues, qui ont presque fermé
l'accès à la mer. Le renouvellement d'eau se fait moins. Et la
pression démographique sur la zone assèche les ruisseaux, les
arrivées d'eau douce.»
Appauvrissement du milieu et fraudes :
la pêche sur l'étang est en danger. « Il s'agit de lancer une
opération de reconquête de la production de l'étang pour
maintenir la pêche professionnelle, ajoute-t-il. Ce programme
s'inscrit dans le cadre de la communication du 19 septembre
dernier de la Commission européenne au conseil et au parlement
présentant une « stratégie de développement durable » avec des
dispositions pour favoriser « l'élevage extensif ».
On ré-implanterait ainsi deux espèces de coquillages qui co-existaient dans l'étang depuis longtemps : la palourde,
l'huître plate. S'y ajouterait les graines de moules. Pour des
raisons économiques, la palourde représentera la plus grosse
partie du programme, avec du naissain de palourde obtenu en
écloserie à partir de géniteurs locaux. Les graines de moules
seront prélevées en mer.
Quant à l'huître plate de
Méditerranée, dont le cheptel a été décimé, elle proviendrait
d'écloserie ou d'autres bassins de production. Mais
l'introduction de l'huître plate sera suivie de très près,
avec une traçabilité maximum. Le projet précise ainsi qu'il
est important que « tous les lots de plates en transit dans
l'étang soient scrupuleusement analysés et contrôlés par les
services vétérinaires ».
Pas question d'introduire des
naissains touchés par les parasites de la bonamia et du
martelia. La zone de reproduction, telle qu'elle a été définie
par le projet, passe entre les tables ostréicoles, et s'entend
sur toute la largeur du bassin, jusqu'au Lido.
Ce choix est
doublement stratégique : d'un point de vue hydrologique, le
frai de la zone de reproduction pourra se répartir sur les
autres plans coquillers, grâce aux courants le long de la côte
sud. Mais surtout, la zone couverte se trouve en face de la
capitainerie de Mèze.
« La surveillance doit être une
garantie » estime Alain Cabrera. Des discussions sont en cours
avec l'administration pour mettre en place davantage de moyens
pour dissuader les fraudeurs. Si les financements sont au
rendez-vous, deux gardes-pêche pourraient être recrutés pour
une surveillance annuelle (avec contrôles des licences et
verbalisations de la pêche en bouteille à la clé).
Ce projet,
qui fait la suite du programme « palourde » lancé en 1997 par
le comité régional des pêches, serait financé à 80% par des
financements IFOP.
Ceci dit, outre le temps nécessaire pour
faire ses preuves, le plan implique aussi une belle discipline
de la part des professionnels pour respecter le renouvellement
de la ressource.
Hélène Sheffer.
* La prud'homie de Mèze compte 110 licenciés sur les trois
cents pêcheurs répertoriés sur l'étang.
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