Date:27.03.2003.

Vers un plan de gestion de l'étang de Thau.


Vers un plan de gestion de l'étang de Thau: un projet pour renouveler la ressource

Présenté publiquement le 18 février à la Maison de la mer de Mèze, le projet de la prud'homie de Mèze est ambitieux : il s'agit simplement de ré-ensemencer l'étang de Thau.

« L'étang a été surexploité, explique Alain Cabrera, Prud'homme de Mèze. On a fait du remembrement. Du côté de Sète, on a autorisé de constructions importantes, des digues, qui ont presque fermé l'accès à la mer. Le renouvellement d'eau se fait moins. Et la pression démographique sur la zone assèche les ruisseaux, les arrivées d'eau douce

Appauvrissement du milieu et fraudes : la pêche sur l'étang est en danger. « Il s'agit de lancer une opération de reconquête de la production de l'étang pour maintenir la pêche professionnelle, ajoute-t-il. Ce programme s'inscrit dans le cadre de la communication du 19 septembre dernier de la Commission européenne au conseil et au parlement présentant une « stratégie de développement durable » avec des dispositions pour favoriser « l'élevage extensif ».

On ré-implanterait ainsi deux espèces de coquillages qui co-existaient dans l'étang depuis longtemps : la palourde, l'huître plate. S'y ajouterait les graines de moules. Pour des raisons économiques, la palourde représentera la plus grosse partie du programme, avec du naissain de palourde obtenu en écloserie à partir de géniteurs locaux. Les graines de moules seront prélevées en mer.

Quant à l'huître plate de Méditerranée, dont le cheptel a été décimé, elle proviendrait d'écloserie ou d'autres bassins de production. Mais l'introduction de l'huître plate sera suivie de très près, avec une traçabilité maximum.
Le projet précise ainsi qu'il est important que « tous les lots de plates en transit dans l'étang soient scrupuleusement analysés et contrôlés par les services vétérinaires ».

Pas question d'introduire des naissains touchés par les parasites de la bonamia et du martelia. La zone de reproduction, telle qu'elle a été définie par le projet, passe entre les tables ostréicoles, et s'entend sur toute la largeur du bassin, jusqu'au Lido.
Ce choix est doublement stratégique : d'un point de vue hydrologique, le frai de la zone de reproduction pourra se répartir sur les autres plans coquillers, grâce aux courants le long de la côte sud. Mais surtout, la zone couverte se trouve en face de la capitainerie de Mèze.

« La surveillance doit être une garantie » estime Alain Cabrera. Des discussions sont en cours avec l'administration pour mettre en place davantage de moyens pour dissuader les fraudeurs. Si les financements sont au rendez-vous, deux gardes-pêche pourraient être recrutés pour une surveillance annuelle (avec contrôles des licences et verbalisations de la pêche en bouteille à la clé).

Ce projet, qui fait la suite du programme « palourde » lancé en 1997 par le comité régional des pêches, serait financé à 80% par des financements IFOP.
Ceci dit, outre le temps nécessaire pour faire ses preuves, le plan implique aussi une belle discipline de la part des professionnels pour respecter le renouvellement de la ressource.

Hélène Sheffer.

* La prud'homie de Mèze compte 110 licenciés sur les trois cents pêcheurs répertoriés sur l'étang.

 


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